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Disney devrait réduire la quantité d'exclusivités Disney+ d'ici les années à venir (y compris pour Marvel Studios)

Disney devrait réduire la quantité d'exclusivités Disney+ d'ici les années à venir (y compris pour Marvel Studios)

NewsCinéma

A-t-on sous-estimé le degré de gravité de la crise qui secoue le groupe Disney depuis peu ? En l'espace de quelques semaines, après un sommet actionnarial décevant, un président mis à la porte, un ancien meneur de jeu rappelé à prendre les commandes, l'annonce d'une période "difficile" à l'horizon - la première enseigne des industries culturelles modernes est visiblement en difficultés et en passe de se remettre lourdement en question. A se demander comment le groupe, qui semblait plutôt en bonne forme depuis l'an dernier, ou en tout cas tout à fait résiliant face aux énormes difficultés de la période des confinements, a réussi à maquiller les chiffres et l'inquiétude collective des actionnaires ou même des employés pendant aussi longtemps.

Une brève dans le coffre de l'Oncle Picsou ?

Résumé des épisodes précédents : peu de temps avant le début des énormes vagues de contaminations au COVID-19, Bob Iger, président de Disney depuis une longue période et responsable de l'expansion du groupe dans une logique d'acquisition en série, décide de prendre sa retraite. A sa place, on nomme Bob Chapek, ancien grand lieutenant de la division des parcs d'attraction. Au chapitre des chantiers prioritaires : solidifier l'acquisition et l'intégration de la 20th Century Fox, lancer Disney+ à l'international, rentabiliser la plateforme, rentabiliser les investissements, entretenir les marques importantes (Star Wars, Pixar), etc. Pandémie mise à part, Chapek se concentre surtout sur le deuxième objectif de cette liste, en axant sa méthode de survie face aux fermetures de salles sur une longue série de sorties exclusives à Disney+.
 
Résultat, deux ans après sa prise de fonction, le président du groupe Disney se retrouve bien embêté. La plateforme continue de gagner des abonnés, mais ses frais de fonctionnement et le financement des exclusivités coûtent cher. Si cher que lors du dernier trimestre fiscal, Bob Chapek présentait une perte sèche d'1,5 milliards de dollars sur le département Disney+, soit plus du double de ce que la plateforme avait coûté un an plus tôt sur la même période. Plus tard, on s'apercevra même que la facture était encore plus salée, et que Chapek trichait avec les chiffres pour minimiser le déficit du service de streaming en bougeant certaines exclusivités vers d'autres départements. 
 
En dehors de ça, Chapek s'est aussi fait connaître pour ses positions controversées sur le sujet de la représentation LGBT+, ou de l'homophobie en règle générale, quitte à se mettre à dos les artistes de Pixar sur des cas de films précis. L'obsession du président pour Disney+ lui aura également imposé de perdre la face sur la scène publique en acceptant de verser à Scarlett Johansson une indemnisation substantielle sur le cas du film Black Widow - après avoir menacé d'aller jusqu'au procès. Une vision de la relation aux artistes très différente de ce qu'avait imposé Bob Iger pendant ses années de règne : si lui-même avait l'habitude de laisser les capitaines gérer leurs maisons (Kathleen Kennedy, Kevin Feige, etc), l'ancien patron était connu pour être plus souple, ou de tenter a minima de s'éviter d'embarrassants scandales publics. En somme, il y avait quelque chose de pourri au pays merveilleux, et la mise à pied de Chapek fut si rapide qu'on en viendrait à se demander si d'autres éléments encore mystérieux ne seraient pas à prendre en considération. 
 
Le groupe Disney a publié son rapport annuel sur les sorties et l'exercice d'activités des différents départements à l'aune de la fin d'année 2022. Une occasion de faire le bilan, mais aussi de présenter les objectifs de l'an prochain. Première chose : l'enseigne compte décroître sa production à hauteur de 20%, à savoir, passer d'un objectif de 50 films et séries pour le cinéma et la plateforme Disney+ en 2022 à 40 films et séries pour le cinéma et la plateforme Disney+ en 2023. Cette réduction devrait en priorité concerner le service de vidéos-à-la-demande, dans l'idée de commencer à éponger les pertes en évitant autant que possible de monter les prix ou d'écoeurer les abonnés.
 
A l'inverse, les départements relatifs à la télévision devraient, de leur côté, voir leurs budgets augmenter en comparaison de l'année dernière : le rapport vante un objectif de 270 programmes prévus pour les antennes FX Productions, Disney Television Animation et ABC Signature, en comparaison de l'objectif de 145 programmes en 2022. Tout ceci semble effectivement assez logique. Plutôt que de produire pour Disney+, et spécifiquement pour Disney+, le groupe compte mieux répartir les budgets afin de rendre un peu d'autonomie à son pôle télévisuel. Ainsi, les chaînes seront alimentées, et pourront commencer à se rentabiliser auprès du public des télévores, avant de rejoindre Disney+ dans un second temps et de participer à nourrir le catalogue général. 
 
Mais, les experts semblent formels dans la plupart des cas : la décélération des exclusivités Disney+ aura un impact sur les principaux pourvoyeurs Marvel Studios et Star Wars. Les deux départements étant particulièrement gourmands en budget pour la moindre production, même de petite taille. D'autres pistes de réflexion laissent aussi à penser que Disney compte privilégier "la quantité à la qualité", de quoi donner un peu de grain à moudre aux scoopeurs qui pensent de leur côté que Bob Iger aurait aussi quelques comptes à régler avec Kevin Feige sur le sujet de la qualité des effets spéciaux récemment, de problématiques, voire même de problèmes avérés sur des cas de post-production lors de certaines sorties (comment ne pas penser à Thor : Love & Thunder) voire sur certains tournages (Black Panther : Wakanda Forever ?). Il ne s'agit bien sûr que de scoops hasardeux, mais cette fois, difficile de ne pas au moins se poser la question. 
 
De fait, la Phase 4 de Marvel Studios et cette séparation entre cinéma et séries télévisées n'aura pas nécessairement tenu toutes ses promesses. Le public reste largement divisé sur la plupart des produits mis en rayon sur ces quelques dernières années. S'il subsiste bien quelques franches réussites, la simple question de la durée ou du format réservé à certaines de ces adaptations (au hasard, la série Hawkeye, qui aurait pu tenir sur moitié moins d'épisodes ?) ou le rapport budget/qualité visuelle pose de sérieuses questions quant à l'avenir industriel de la méthode Kevin Feige si Disney a effectivement prévu de traverser une période difficile dans l'horizon immédiat. Les premières annonces de licenciements ne devraient de toutes façons pas tarder à tomber. Comme d'hab', les salariés seront les premiers à payer pour les décisions du grand patron, d'ici à ce que la logique "rationnaliser, dégorger" ne fasse son effet.
 
Corentin
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