Le procédé n'a plus de secret pour les fans ou les observateurs les plus avisés : après une tournage, voire pendant les prises de vues, sont organisées plusieurs sessions de projections tests opérées autour d'un premier montage témoin. Une occasion pour le studio et le distributeur de prendre la température d'un film auprès d'un public cible, de mesurer l'efficacité de certains effets, la compréhension ou l'incompréhension éventuelle de l'intrigue générale, et si le montage de la version cinéma devrait insister davantage sur un angle plutôt qu'un autre. Rien d'outrageant sur le papier.
Cela étant, il est de plus en plus fréquent chez les producteurs mal intentionnés que ces projections, plus ou moins bien orientées, servent d'argument pour faire pression sur un cinéaste et imposer une ou plusieurs ingérences créatives. En vendant l'idée aux équipes artistiques que le film n'aurait pas plu dans sa forme actuelle, ou, dans le cas du Annihilation d'Alex Garland ou du Lucy in the Sky de Noah Hawley, que le scénario serait tantôt trop sombre, tantôt trop complexe à aborder pour un spectateur lambda. Si Garland aura par exemple eu gain de cause contre Paramount, grâce au soutien de certaines grosses têtes d'Hollywood, Hawley, créateur de Legion, aura à l'inverse été forcé par Fox Searchlight (ou Disney) de retourner une partie du film pour le rendre "plus simple" suite aux projections tests.
Dans le cas de
Warner Bros., on se souviendra
du cas très similaire de David Ayer, parti au départ vers un angle de polar pessimiste et rattrapé par le studio suite à des projections tests, qui orientaient le montage de
Suicide Squad sous un angle de comédie. La direction que prendra le projet suite à ces nouvelles directives entrera dans la légende des cas de mauvaise gestion à Hollywood dans cette catégorie d'adaptations à licences.
Avec
Birds of Prey, le studio semblait décidé à expérimenter,
avec un film moins cher et vraisemblablement plus esthétique ou moins semblable à l'offre concurrente. Reste à espérer que
Warner Bros. ne compte pas répéter les fameuses ingérences de production qui auront formé la malencontreuse saga
Justice League, rattrapée par l'appât du gain et l'envie de faire du
Marvel contre l'avis des créatifs. A voir selon comment s'orchestreront les phases de tournage additionnel, si celles-ci ont bien lieu.
15 Juillet 2019
War MonarchBah depuis plusieurs années on voit tous ce que devient le cinéma, auparavant les réals pouvaient tout tester et le ciné était pour tout le monde avec plusieurs genres et pas seulement pour les familles, c'était plutôt les séries tv qui cherchaient à attirer cette catégorie. Aujourd'hui c'est l'inverse, beaucoup pensent que le ciné doit absolument être familiale et lisse pour se faire du pognon (malheureusement ils sont entrain de diriger les spectateurs vers cette idée) tandis que la créativité et la liberté devient plus forte dans les séries tv qui ne se cantonnent plus du tout à plaire à la ménagère, au père de famille et aux enfants
15 Juillet 2019
KidBoyaOui je sais et à après chaque podcast je connais ton avis sur le haut de la pyramide du cinéma, mais j'ai quand même du mal à croire cela.
Peut être qu'ils sont devenus boiteux à force de se tirer des balles dans les pieds.
14 Juillet 2019
Corentin@KidBoya : c'est quoi l'intérêt de prendre le showrunner de Fargo et Legion, connu pour ses intrigues abstraites ou volontairement perchées, pour lui demander de retourner une partie du film après avoir commencé la campagne de promo' ?
La réponse est toujours la même: les gens qui vendent les films se disent que l'idée de vendre un truc différent est cool sur le papier, puis quand ils ont le truc en face des yeux, justement, ils se disent que c'est trop différent et que donc ça risque de ne pas leur ramener autant de blé qu'en allégeant par endroits. Pourquoi tous les grands metteurs en scène quittent le système de distribution traditionnelle pour aller vers le streaming, à votre avis ?
14 Juillet 2019
KidBoyaC'est quoi l’intérêt de faire un petit budget, prendre une direction et realisation plus artistique pour tout reshooter dans une nouvelle comédie lambda de super héros.
A voir s'ils ont appris de leurs erreurs.
14 Juillet 2019
RamlusSi c'est vraiment le cas, je ne pense pas que Walter Hamada restera longtemps à la tête de DC Film si les grandes têtes de la Warner veuillent gâcher les idées créatives de la réalisatrice. Sachant qu'il avait clairement dit qu'il laisserai chaque film prendre le temps qu'il faut pour se développer.
L'avenir nous le dira, mais si c'est vraiment le cas, Emmerich recommence les erreurs de son ancien chef !