L'appétit préoccupant de Disney se manifeste une fois dans l'actualité des rachats massifs de la bulle hollywoodienne, alors que le groupe chercherait à sécuriser sa mainmise sur la plateforme Hulu. Le concurrent historique de Netflix aux Etats-Unis sera passé sous le contrôle majoritaire de la société aux grandes oreilles après le rachat de la Fox, acté tout récemment.
Lancée en 2007, la plateforme Hulu s'était présentée au public comme une sorte de territoire neutre pour quatre des grandes majors du cinéma et du divertissement, pour accompagner le mouvement croissant du streaming vers les consommateurs. Disney, Comcast (Universal) et la Fox se partageaient équitablement 90% des parts de la compagnie, à 30% chacun, et 10% de capital supplémentaires acquis par le conglomérat Time Warner.
Les choses ont depuis bien changé : après avoir acquis la
Fox,
Disney aura obtenu le contrôle majoritaire de l'entreprise à 60%, et
AT&T,
qui se sera payée le groupe Warner dans son ensemble contre l'avis des politiques, s'est séparée de ses parts pour les vendre à l'entité
Hulu, soit aux actionnaires restants. La présidence de
Disney chercherait aujourd'hui à acheter à
Comcast les dernières pièces manquant à l'acquisition totale de
Hulu, qui viendrait épauler
Disney+ dans les velléités de
streaming récemment déployées par le groupe.
De son côté, Bob Iger promet que la plateforme ne sera pas sacrifiée et que le fonctionnement en interne resterait relativement inchangé en cas de rachat total, Disney+ se concentrant sur un contenu familial et tous publics, loin des propositions plus adultes développées en exclusivité sur Hulu. Cela étant, à l'instar de Netflix, le succès de cette plateforme reposait en grande partie sur les contenus de chaînes des groupes Comcast et Fox proposés en replay, et on imagine mal NBC et Universal garder leurs séries, films ou émissions sur une plateforme concurrente - attendu que Comcast prépare, comme les autres, son propre service de streaming.
Du côté des comics,
Hulu diffuse toujours
l'adaptation de Runaways en série télévisée, en attendant
les cartoons Offenders annoncés récemment, ainsi que
l'adaptation de Sweet Tooth ou Motor Girl. Une fois de plus, la disparition de cette entité individuelle au profit du groupe
Disney ne serait pas nécessairement la meilleure des nouvelles, ajoutant une strate de contrôle créatif supplémentaire à un fournisseur régulier de contenu innovant ou original - on a pu voir récemment
avec Mouse Guard que derrière les propos rassurants des nouvelles maisons d'accueil,
Disney est aussi connu pour trancher dans le gras.
On attendra de voir combien de milliards seront dépensés cette fois ci, dans un vaste processus de centralisation pas si différent de aventure fictive de Picsou, sans la morale sympatoche et bon enfant où le canard réalise à la fin que la famille et le partage valent plus que le pognon ou le contrôle global de la concurrence. A voir s'il y a ou non de quoi se faire du mouron.
28 Avril 2019
Ian0delondFaut vraiment que leur prochain Président soit porté dans les lois anti trusts. Mais faudrait encore que les campagnes présidentielles soient pas dépendantes d'un clientélisme avec les milliardaires.
26 Avril 2019
Sindri@War : Les lois anti-trust sont normalement très développées aux Etats-Unis mais en fait leur application se fait un peu selon ce que souhaite le Président si la cour suprême est de son côté. Et en ce moment, même si des oppositions avaient été formés par rapport au rachat de la Warner, la tendance est pas trop à l'anti-trust.
26 Avril 2019
Corentin@War : Si, il y a bien une loi sur la libre concurrence et contre les monopoles aux Etats-Unis, c'est justement cette loi qu'a invoqué Donald Trump pour essayer d'empêcher AT&T de racheter Warner.
Mais, la justice américaine a décidé qu'une boîte de 531 milliards qui se paye une boîte de 55 milliards, c'était pas suffisamment gros pour rentrer dans le cadre de cette loi.
Donc pour te répondre, non, y a pas de limites, en vrai.
26 Avril 2019
Draxx le geekMickey voudra racheter DCcomics un jour ou l'autre,non ce n'est pas idiot ce que je dit...
26 Avril 2019
War MonarchY'a pas une loi concernant le nombre de rachat? Parce que Disney commence à être un "peu" gourmand, s'il n'y en a pas, je les vois bien acheté Sony et Universal dans les années à venir, pire, ils pourraient continuer à racheter des franchises cultes (comme ils l'ont fait pour Star Wars).
Quelle belle décennie pour les fans et la créativité cinématographique