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Uri Tupka et les Dieux : le roman graphique de Mike Mignola prévu chez Delcourt en septembre 2026

Uri Tupka et les Dieux : le roman graphique de Mike Mignola prévu chez Delcourt en septembre 2026

NewsDark Horse

Pour faire suite au premier volume de la saga des Contrées Inconnues (Le Carnaval des Cadavres), les éditions Delcourt publieront cette année une autre des nouvelles rêveries de Mike Mignola. L'enseigne a confirmé la sortie du roman graphique Uri Tupka et les Dieux, une oeuvre prévue en deux tomes, pour la rentrée scolaire. Ce projet, qui abandonne pour un moment l'angle purement anthologique du premier volume, introduit dans les grandes largeurs une bonne part de la topographie et des différentes mythologies de ce nouveau monde de fiction développé par Mignola et l'auteur Ben Stenbeck, comme une immense cour de récréation pensée pour prendre la suite des comics Hellboy. D'un point de vue philosophique plus que canonique, en l'occurrence.

Après le sacrifice du dragon rouge...

Encore tout neuf, le monde des Contrées Inconnues se base effectivement sur l'idée d'une seconde ascension, d'un univers repensé de fond en comble pour prendre la place du précédent. Le texte est explicite de ce point de vue. Mignola et Stenbeck ont effectivement gravé dans le marbre de leur généalogie l'idée d'une sorte de grand renouveau : auparavant, il existait un autre univers... dans lequel les hommes adoraient les monstres et les démons. Des créatures tentaculaires, en l'occurrence, même si les détails sont encore relativement avares sur la représentation du mal dans cette mythologie. Or, pour vaincre les bestioles en question, un grand dragon s'était alors éveillé. Celui-ci avait vaincu les puissances du mal, avant de se sacrifier en détruisant son propre corps. Et alos que son sang irrigua le monde tout entier... la nature put alors refleurir sous un jour nouveau. Avec de nouvelles races, de nouvelles plantes, de nouveaux humains... et de nouveaux dieux.

Pour cette raison, de nombreux fans envisagent l'idée que les Contrées Inconnues aurait été pensées (du moins sur le plan allégorique) comme une suite presque canonique de la saga Hellboy. Et ce n'est pas idiot sur le papier : au fond, le personnage s'était lui-aussi sacrifié pour répandre son sang sur la Terre afin d'enfanter de nouvelles formes de vie. Sauf que, techniquement, cette version des faits existe au sein de son propre canon (entretenu par les comics Frankenstein) et que Mignola assure qu'il ne s'agit que d'une simple parabole thématique. Sur le papier, les Contrées Inconnues représentent une toute nouvelle continuité, sans Hellboy, sans Ragna Rok, sans Edward Grey, etc. Et on comprend aussi que l'auteur a bien envie de distinguer les deux oeuvres, puisque cette nouvelle saga opte une tonalité et un style bien différent de sa bibliographie d'autrefois.

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Or, justement, Uri Tupka et les Dieux offre quelques éléments de compréhension supplémentaires autour de cette nouvelle cartographie des imaginaires. Encore une fois, les Contrées Inconnues restent le produit d'une pure exploration de l'inconscient, comme si Mike Mignola nous proposait de plonger dans son cerveau, plus que comme un récit proportionnel aux autres grandes BDs du dessinateur. Si le coup de crayon reste impeccable, la forme, la structure et l'ambiance du récit donnent plus l'impression d'une sorte de rêve éveillé (et cartographié, documenté, organisé) dans lequel le créateur aurait plutôt l'impression de "découvrir" ce monde et ses personnages plutôt que de les inventer réellement. Un peu comme la série des Den de Richard Corben, le titre s'apprécie d'autant plus si l'on accepte de se faire prendre par la main, en comprenant que nous sommes en train de visiter l'imaginaire artistique de son auteur. 

Dans le cas présent, Mignola va donc aller chercher les dieux de cet univers. Avec un professeur de théologie accusé d'hérésie par le pouvoir impérial, et qui doit prendre la fuite. Tupka, un clone de Mike Mignola qui lui ressemble beaucoup (avec la même barbe et la même absence de cheveux), s'embarque pour un long voyage qui brasse dans toute une variété de mythologies : médiévale, antique, orientale, indienne, avec une large quantité d'épisodes qui replacent l'image du pélerin au carrefour des civilisations, des croyances et des nombreux dangers de la route.

On peut même deviner une sorte de parabole sur la propre vie du créateur : lorsque les démons tentent de capturer l'âme de Tupka en lui proposant de vendre son âme (en signant un livre, littéralement) en échange d'une promesse de fortune, qui pourrait presque évoquer le choix de Mignola de quitter les comics mainstreams au profit de la création originale après la fin des années quatre-vingt. D'autres paraboles se retrouvent par endroits, avec ce théologue acharné de savoir et en perpétuelle quête de réponse, qui explore (comme son auteur) les contrées fantasmées de ce monde qu'il ne connaît pas.

En bref, un sympathique morceau de BD, et qui sera bientôt complété par un second volume actuellement en gestation aux Etats-Unis. Pour ce qui concerne la France, Uri Tupka et les Dieux est attendu pour le 3 septembre 2026 au prix de 17,50€ dans la collection Contrebande du catalogue Delcourt.

Illustration de l'auteur
Corentin
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Commentaires (1)
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Avatar de olibrius

19 Mai 2026

olibrius

J'ai hâte.
Voilà :)