
Comme chaque année, le dimanche du 8 mars 2026 venait célébrer la Journée Internationale des Droits des Femmes, une date consacrée depuis plus d'un siècle aux luttes féministes, depuis les premiers mouvements de libération autour du droit de vote, du combat pour l'égalité des genres et des revendications ouvrières initiées par les idéaux socialistes apparus pendant cette période.
La journée en question se décline généralement sur plusieurs angles dans le présent : mobilisation, débats, spectacles, ateliers, expositions ou événements sportifs, dans l'idée de traiter les modalités modernes de ce combat pour l'égalité selon des points de vue plus variés. Or, pour certains experts plus spécialistes, dans des catégories moins représentées, cette date est aussi l'occasion de revenir sur le cas spécifique de certains microscosmes. Comme celui des comics, par exemple.
Paradoxalement méconnue du grand public, l'histoire des artistes professionnelles de l'industrie, ou le traitement réservé au corps féminin en général sur le secteur des super-héros, aura inspiré deux modules de réflexion populaires pour parler de culture pop' : d'un côté, le Test de Bechdel, une idée de l'autrice Alison Bechdel parue dans les pages du comic strip Dykes to Watch Out For, et de l'autre, les Women in Refrigerators, théorisées par la scénariste Gail Simone. Ces deux concepts se sont largement répandus dans le champ de la critique artistique standardisée pour évoquer, commenter ou critiquer la façon dont les personnages féminins, en fiction, sont utilisés comme des outils par les auteurs (souvent masculins) au détriment de leurs valeures intrinsèques.
Dans un cas, Bechdel a pu pointer du doigt la façon dont les personnages féminins sont parfois incapables de fonctionner individuellement sans se référer au protagoniste masculin comme matrice orbitale... et de l'autre, Simone nous expose comment les femmes qui entourent le super-héros sont utilisées comme de simples motifs pour faire avancer sa vie et son récit, généralement violemment. En dressant la liste des partenaires romantiques assassinées, traumatisées ou violées qui composent cette chronologie morbide, la scénariste avait été capable de provoquer une réflexion de fond au sein de cette industrie, comme une sorte d'équivalent d'avant-garde du mouvement #MeToo en fiction.
Or, ça tombe bien : le vidéaste Bolchegeek, chroniqueur et théoricien de la culture pop et des luttes sociales, s'est justement penché sur ce sujet dans le cadre des célébrations du 8 mars 2026. Le bonhomme livre une tribune documentée et conséquente qui revient précisément sur le cas des femmes de l'industrie de la bande-dessinée aux Etats-Unis, des deux côtés de la page, pour composer une vidéo documentaire intelligente et fournie, qui brasse large, entre passé et présent. Une bonne occasion de vulgariser l'une des problématiques ancestrales de notre petit secteur pour un public plus généraliste, avec des exemples modernes, et même quelques morceaux de Trina Robbins et de Garth Ennis pris dans la tambouille. C'est ici :
18 Mars 2026
L2-D2Un grand merci pour le partage de cette vidéo, qui me serait complètement passée à côté sinon. J'ai trouvé ça passionnant et très instructif !