
Une mauvaise nouvelle de plus : notre rubrique nécrologie a le droit à une entrée supplémentaire dans une année 2026 déjà bien lugubre, après les décès de Sal , et de Jacopo Camagni. L'artiste et auteur de comics Sam Kieth a en effet quitté ce monde à l'âge de 63 ans, des conséquences d'une longue maladie.
C'est par la voix de l'informateur Rich Johnston de Bleeding Cool, dont on comprend qu'il avait quelques liens privilégiés avec l'artiste et sa famille, que la terrible nouvelle est parvenue. Sam Kieth souffrait de la maladie à corps de Lewy, une affliction neurodégénérative présentée généralement comme une combinaison de Alzheimer et Parkinson. Keith était touché par cette maladie et est décédé le 15 mars dernier, la nouvelle de sa mort ayant été communiquée à Johnston par la veuve de l'artiste, Katy Kieth, avec qui il était marié depuis 43 ans.
Sam Kieth démarre sa carrière en 1983 dans l'anthologie Comico Primer avec une histoire de tueur à tête de lapin nommé Max, puis collabore avec Matt Wagner sur sa série Mage, en tant qu'encreur. Il arrive ensuite chez DC Comics où il poursuit comme encreur sur le Manhunter de John Ostrander, puis sur Millenium. Puis, en 1989, il s'occupera d'inventer un certain Morpheus aux côtés de Neil Gaiman et Mike Dringenberg, pour le lancement d'une petite série de rien du tout appelée The Sandman. Bien que, ne se sentant pas forcément à l'aise sur la série, il la quittera après seulement cinq numéros, laissant à Dringenberg la tâche du dessin.
On retrouvera ensuite Sam Keith sur divers projets en dehors des grandes maisons d'édition, à l'époque de l'explosion et du développement des éditeurs indépendants. Il collabore avec William Messner-Loebs sur Epicurus the Sage pour Piranha Press, dessine du Aliens chez Dark Horse avant d'embarquer chez Marvel où il marquera les esprits par le dessin qu'il apporte (et le design) à Wolverine. Puis, à l'ère du départ des artistes de Marvel pour fonder Image Comics, il rejoint cette nouvelle écurie pour imaginer une histoire de super-héros atypique, The Maxx (avec l'assistance de Messner-Loebs sur l'écriture au départ), qui reste sûrement son oeuvre la plus reconnue - même si elle reste un secret aujourd'hui bien gardé du lectorat de comics en général. Pour rappel, vous pouvez découvrir cette série en VF aux éditions Réflexions. Nous en avions parlé dans notre format Back Issues via First Print, et l'ami ComiXrayS consacrait une chronique vidéo sur le personnage il n'y a pas longtemps.
Après quelques nouvelles mini-séries chez les Big Two (Wolverine/Hulk en Marvel Knights et Batman : Secrets chez DC Comics), il fera plusieurs créations chez Oni Press (Ojo, My Inner Bimbo), avant de s'en retourner au Maxx avec le crossover Batman vs The Maxx : Arkham Dreams en 2018). Ces dernières années, la maladie l'avaient obligé à se mettre en retrait de ses activités artistiques. Reconnaissable avec son trait sans pareil, Keith a laissé une marque indélébile dans les comics des années '80 et '90. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille, ses proches, ainsi qu'à tous les lecteurs et lectrices endeuillés.
22 Mars 2026
olibriusTristesse...
Ado, l'adaptation animée de The Maxx sur MTV m'avait amené à acheter mes premiers comics en VO, tellement son univers semblait barré.
Kieth était un grand.