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Aux États-Unis, Humanoids se déclare en faillite trois mois après la liquidation judiciaire des Humanoïdes Associés

Aux États-Unis, Humanoids se déclare en faillite trois mois après la liquidation judiciaire des Humanoïdes Associés

NewsIndé

Sale temps pour les humanos. Quelques mois après la liquidation judiciaire des Humanoïdes Associés, c'est par l'organe de presse spécialisée The Street que l'on apprend que la branche américaine de la maison d'édition, Humanoids, vient de se déclarer en faillite selon le chapitre 7 de ces procédures. Il s'agit en tout et pour tout d'une liquidation judiciaire, à l'inverse du chapitre 11 (la procédure dans laquelle s'est placé Diamond Comics en début d'année) qui protège l'entreprise en vue d'une réorganisation ou de pouvoir trouver les fonds afin de rembourser ses dettes. Là, Humanoids va donc liquider l'ensemble de ses actifs afin de rembourser ses créanciers. De quoi grandement s'inquiéter pour l'ensemble du groupe après la procédure révélée cet été du côté de la France.

No more Humanoids ?

En l'état, Humanoids avait déjà sollicité de se placer en faillite selon le chapitre 11 de cette loi, au début de l'année, procédure qui lui a visiblement été refusée. Selon le rapport de procédure relayé par divers médias (comme The Street mais ausi The Beat ou Bleeding Cool), l'entreprise ne posséderait que l'équivalent de 50 000$ en actifs, ce qui ne serait absolument pas suffisant pour rembourser les dettes, estimées entre 10 et 50... millions de dollars. La liste complète des créanciers devrait être publiée d'ici quelques semaines afin de savoir précisément à qui Humanoids doit de l'argent. 

Les Humanoïdes Associés ont été fondés en 1974 par Mœbius, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Bernard Farkas. Maison d'édition illustre dans la science-fiction de cette décennie, elle est notamment à l'origine de la revue Métal Hurlant - qui a été relancée il y a quelques années sous forme de mookEn 1988, l'entreprise était rachetée par Fabrice Giger, qui avait fini par ouvrir un siège aux États-Unis, dans l'espoir notamment de consolider des liens avec les autres industries du divertissement, tout en conservant les antennes opérationnelles que nous connaisons en France. En 2018, la société Primer Entertainment était entrée au capital (à hauteur de 20 et quelques pourcents), et une adaptation de L'Incal par Taika Waititi avait suivi en 2021... sans plus donner de nouvelles depuis.

De ce que les médias anglophones expliquent, c'est la crise de Diamond Comics qui a accentué des difficultés déjà présentes chez Humanoids, qui n'a pas connu d'immenses succès sur le territoire américain. On se rappelle notamment de la tentative de lancer un univers partagé engagé, H1, sous la houlette de Mark Waid, qui s'est très rapidement éteinte. Dans un marché très concurrentiel et saturé, l'éditeur avait mené un Kickstarter pour publier une nouvelle version anglaise de Métal Hurlant, engrangeant quelques 759 111$, mais après deux numéros, il y a de fortes chance que le troisième ne voit pas le jour. 

Si Humanoids doit cesser ses activités aux États-Unis et que l'ensemble des évènements a de quoi faire s'inquiéter pour l'ensemble du groupe, la branche française devrait "survivre", selon les mots de The Street - à l'heure de publication de cet article, quatre nouveautés sont sorties en ce mois d'octobre, un livre pop-up L'Incal a été annoncé pour décembre, et l'éditeur sera présent au festival Quai des Bulles. La situation n'en reste pas moins préoccupante et l'ensemble de la rédaction adresse son soutien à l'ensemble des employés concernés. 

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Illustration de l'auteur
Arno Kikoo
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