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Rogue & Gambit #1, la rom-com à la Marvel qui nous manquait (?)

Rogue & Gambit #1, la rom-com à la Marvel qui nous manquait (?)

chronique

Vous avez déjà vu La Proposition ? L'Arnacoeur ? Forgetting Sarah Marshall ou Thérapie de Couples ? Vous vous demandez où je veux en venir ? Dans les X-Men, on retrouve généralement une composante romantique, mais dans Rogue & Gambit, on tombe nez à nez avec un des stéréotypes du cinéma de romance neuneu - le fameux couple dysfonctionnel qui part en vacances faire une thérapie pour mieux se retrouver. Ou mieux, une paire de personnages qui doit se faire passer pour un couple, et va évidemment tomber dans le piège des cupidonneries d'usage au fil de passionnantes péripéties.


 
Des mutants disparaissent les uns après les autres. Avec la sagesse des meneuses vraies, Kitty Pride mène l'enquête et découvre que certains de ses congénères sont tombés dans le piège d'une annonce publicitaire (plus ou moins). Celle-ci propose aux mutants avec quelques difficultés matrimoniales de venir faire un séjour sur une île paradisiaque, s'exercer à une thérapie de couple des plus efficaces. Une fois arrivés, ils semblerait qu'on perde toute trace d'eux sans plus de façons.
 
Or, pas question pour la chef des X-Men de profiter de l'occasion pour prendre de saines vacances au soleil avec sa tendre mais métallique moitié. Elle assigne donc le job à Rogue, et puisqu'il s'agit de se faire passer pour un couple, à Remy LeBeau alias Gambit, le seul cajun des X-Men - il est important de vous rappeler qu'il parle français, puisque Kelly Thompson aura trouvé follement pertinent de glisser une locution dans la langue de Molière toutes les deux cases, histoire de densifier son héros (?).
 

 
L'arc démarre comme une romcom assumée avec tous les clichés d'usage. Une héroïne qui ne sait pas où elle en est vis à vis de son ex, le paysage paradisiaque, des dialogues rythmés qui tablent sur l'humour, et un Gambit forceur comme jamais, qui troque son franc parler de séducteur des campings et des soirées pétanque contre un peu d'authenticité quand l'histoire l'exige.
 
Difficile de dire si l'écriture des héros est réussie ou ratée tant elle épouse à plein un point de vue extrêmement, vraiment, complètement neuneu. L'arc est un prétexte assumé à une petite série avec des blagues et des bisous, on est totalement sur une proposition de genre (si on admet la romcom comme un genre, et on n'a pas forcément envie), avec d'énormes disparités dans l'efficacité générale. Certains dialogues marchent, d'autres sont ahurissants de bêtise, les interactions les moins réussies étant évidemment - ce serait trop bête - celles entre les deux héros.
 

 
Gambit opère comme la parodie de bad boy que vos potes du lycée trouvaient déjà lourdingue à l'époque de Newport Beach, Rogue est un stéréotype de "j'aime mon ex mais en fait oui mais en fait non", et pour l'occasion je vous évite un namedroping de références télévisuelles évidentes, on a tous regardés M6 le dimanche après-midi. L'ensemble ne fonctionne pas réellement, peut-être parce que Kelly Thompson est plus à l'aise avec une simple histoire d'aventure et moins avec ce trop codifié qui impose aux caractérisations et situations des référents déglingués - en même temps, les bonnes romcom, c'est rare, sauf celles avec Anne Hathaway.
 
Côté dessins, rien de spécial à remarquer. Pere Pérez paresse (hey), allant sur un joli gaufrier d'introduction et une double page avec les Sentinelles de la salle des dangers vers de jolies compositions, mais dans l'ensemble, le dessin est mauvais ou sans envie. Les couleurs sont aussi assez criardes et ne font pas beaucoup d'efforts pour soutenir une différenciation avec la série de base. Bref, en un mot comme en cent : c'est nimporte quoi. Et oui.
 

 
Gambit parle Français, Rogue est indécise, Kitty est un despote castrateur (un peu), et Marvel ne sait plus quoi faire de toutes ces séries mutantes. Si quelqu'un arrive d'ailleurs à situer la temporalité de cette parution, qui devrait en toute logique se passer pendant le retour du Phoenix, j'ai du mal à m'expliquer qu'on prenne le temps d'envoyer deux personnages utiles et puissants renouer les liens de leur amour décousu. Remarquez, y a-t-il un bon moment pour prendre des vacances ? Prenez l'éditeur de Venom, six mois qu'il a foutu le camp au Laos pour trouver son animal totem, et, hey, tout roule bien sans lui !
Corentin
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