HomeBrèvesNewsAgendaReviewsPreviewsDossiersPodcastsInterviewsWebTVchroniques
ConnexionInscription
Marvel en retard sur les paies des freelances (dont Jonathan Glapion) depuis les licenciements internes du printemps 2026

Marvel en retard sur les paies des freelances (dont Jonathan Glapion) depuis les licenciements internes du printemps 2026

BrèveMarvel

Greg Capullo n'est pas content. Redevenu l'un des prestataires du groupe Marvel depuis peu, au sortir d'une longue période de travail chez DC Comics (et sur le marché indépendant, bien évidemment), l'artiste vedette a pris la parole sur les réseaux sociaux pour faire part d'une situation préoccupante. Aux dernières nouvelles, son camarade, son ami et son encreur de longue date, Jonathan Glapion, n'aurait toujours pas été rémunéré par la maison d'édition pour une commande de cinq couvertures variantes. Compte tenu du coût de la vie aux Etats-Unis, et du quotidien souvent précaire des artistes freelances de cette catégorie (qui dépendent toujours du prochain chèque pour exister), ces retards pourraient devenir problématiques. Puisque, selon BleedingCool, il ne s'agirait pas d'un cas isolé.

Un manque de personnel ?

De la même façon que Greg CapulloJonathan Glapion est un enfant de la grande famille Image Comics, dans le recoin Todd McFarlane Productions de l'arbre généalogique. Débarqué sur les comics de l'univers Spawn depuis la fin des années quatre-vingt dix, celui-ci fait partie du clan étendu des proches de l'oncle Todd. Ce qui est encore le cas aujourd'hui : plus qu'un simple encreur, Glapion est aussi un dessinateur compétent, et celui continue d'accompagner le grand patron dans le présent sur les aventures d'Al Simmons, avec plusieurs couvertures récentes au compteur, et aussi quelques créations originales en indépendant. Pour le grand public, en revanche, le bonhomme reste surtout connu pour avoir accompagné Capullo sur une bonne partie de sa carrière.

Naturellement, le dessinateur exprime donc une certaine frustration autour de la situation du moment. Sur les réseaux sociaux, il s'explique :

"Mon ami de longue date, l'encreur Jonathan Glapion, malgré ma tentative d'intercéder en sa faveur, n'a toujours pas été payé pour une commande exécutée depuis plusieurs mois par l'un des Big Two. Indice : ce n'est pas DC Comics ! Honteux. Juste écoeurant. Totalement inacceptable."

Glapion poursuit de son côté :

"Et tout ça alors que nous avions rendu les couvertures en questions plusieurs semaines avant la date limite. Cinq couvertures encrées, alors que j'étais en plein travail au dessin de mes propres BDs. Surréaliste. Et même aujourd'hui, je n'ai aucune réponse lorsque j'envoie un mail."

Du côté de BleedingCool, les sources pointent toutes dans la même direction : depuis les réductions de personnel commandées récemment par le groupe Disney, dans l'idée de réaliser des économies sur l'ensemble des branches du groupe Marvel, la compagnie serait simplement en mal de personnel. Jusque dans les équipes de la section comptable. Rich Johnston cite plusieurs artistes concernés par ces vagues de retard, et précise que les méthodes de comptabilité de la Maison des Idées passaient déjà pour anachroniques avant même que ces licenciements ne soient validés en interne. Or, depuis, la situation se serait donc agravée. Le rédacteur propose une formule susceptible de bien résumer l'humeur du moment : c'est tout bête, mais Marvel n'a simplement plus assez de salariés... pour payer les salaires. Un peu lunaire ? Un peu lunaire.

De fait, la compagnie soutient une production importante chaque semaine, avec beaucoup de comics, beaucoup de scénaristes, beaucoup d'encreurs, de coloristes, de lettreurs, et de couvertures variantes (en multipliant du même coup le nombre de personnes qui attendent de recevoir un chèque pour le moindre numéro concerné). En décidant de trancher dans cette masse salariale purement concernée par les opérations quotidiennes, un besoin essentiel que l'on ne peut pas compenser par la bonne volonté individuelle, Disney aurait donc tiré une balle dans le pied de sa propre compagnie. C'est tout le principe : manoeuvrer un navire important impose la présence d'un équipage important. Difficile de naviguer sans personne pour hisser les voiles. On ne braque pas une banque avec une voiture qui a un pneu crevé. Et tout ça et tout ça. Vous en avez d'autres dans le même style ? Non ? Bon.

Sans avoir besoin de monter un scandale sur ce sujet précis, le fait est que Marvel pourrait se passer d'une nouvelle humiliation publique, susceptible de provoquer le départ d'un autre géant de l'industrie (ça ferait beaucoup, mine de rien). Est-ce que Greg Capullo aura encore envie de travailler pour la Maison des Idées si la situation n'est pas résolue rapidement ? Au fond, notre tout petit secteur applique certains principes : même sans syndicats, les créateurs du secteur sont solidaires les uns des autres. Il serait donc urgent de changer la roue, de hisser les voiles, de recruter des matelots. Pour une compagnie qui reste le leader historique du marché des comics aux Etats-Unis, (et ce depuis plus de soixante ans), manquer de salariés pour payer les dessinateurs ne peut pas se justifier sur un plan rationnel. Nous ne parlons pas ici d'une petite enseigne montée par des copains depuis un garage pour l'amour du papier, mais du groupe Marvel. Il serait peut-être temps que Disney comprenne que certains postes sont simplement irremplaçables, et que le conglomérat revienne sur son obsession des réductions budgétaires, en passe de devenir un véritable problème.

Source

Illustration de l'auteur
Corentin
est sur twitter
Commentaires (0)
Vous devez être connecté pour participer