
Tout ne sera pas encore réglé pour l'avenir du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d'Angoulême. Si les pouvoirs publics ont pris la main et donné gage aux auteurs et autrices en imposant la mise en place d'un nouvel appel à projets piloté par l'Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA), l'édition 2026 du Festival sera toujours régie par la société 9eArt+ - parce qu'à deux mois de la manifestation culturelle, il est virtuellement impossible de demander à une autre entité de reprendre et terminer le chantier en cours. Ce qui n'enlève en rien tout ce qui a pu être reproché à la société et à son dirigeant Frank Bondoux par les auteurs, autrices et maisons d'éditions depuis des années - et particulièrement depuis début 2025, avec "l'affaire Chloé" qui a constitué la goutte d'eau faisant déborder un vase déjà plein à ras bord.
Notez que si vous n'avez pas tous les tenants et aboutissants, l'ensemble des rétro-liens sont vos amis.
En conséquence, entre autres appels au maintien du boycott, les syndicats des éditeurs sont aussi appelés à se prononcer. Pour le Syndicat des Éditeurs Alternatifs (qui représente les maisons d'édition indépendante), si les avancées obtenues sont saluées, rien ne garanti leur retour au FIBD 2026.
Dans un communiqué de presse publié ce lundi 17 novembre 2025, le SEA "salue l’avancée majeure que constitue la réforme de gouvernance du festival d’Angoulême, actée par les pouvoirs publics dans leur communiqué de presse" tombé le même jour, relayé dans nos colonnes à ce lien. "Le S.E.A prendra toute sa part dans la nouvelle configuration de l’ADBDA qui pilotera le festival à l’avenir. Le S.E.A veillera à ce que la diversité de l’édition de bande dessinée soit bien représentée dans cette structure et soutiendra les demandes des artistes, qui devront jouer un rôle majeur dans cette réforme."
Reste toutefois un problème majeur : le fait que la présidente Delphine Groux de l'Assocation du FIBD, autrefois gestionnaire de l'organisation du festival, soit toujours présente à son poste, malgré son éviction du futur appel à projets. Après tout, c'est elle qui a tenté en début d'année de créer une SAS qui résulterait de la fusion de l'Association du FIBD et de 9eArt+, puis mis en place un appel à projets aux modalités et contours opaques, au cours duquel les demandes émises par les auteurs/autrices, maisons d'édition et pouvoirs publics n'ont finalement pas été respectés. Elle qui a également tenté le coup de force du 8 novembre en imposant à la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI) d'élaborer en douze jours un projet commun avec 9eArt+, et qui s'exprimait encore il y a quelques jours au Figaro pour dire que "les éditeurs sont dépassés par leurs propres auteurs". En d'autres termes, la principale responsable du désastre qu'encours aujourd'hui le FIBD sur son édition 2026. À cet égard, le SEA "réclame une nouvelle fois la démission de la présidente de l’association du F.I.B.D, Delphine Groux, dont la responsabilité dans la crise actuelle est extrêmement lourde".
Quant à l'édition 2026 du FIBD, le SEA estime que chacune des maisons d'édition membres devront prendre leur décision. Malgré le contexte particulièrement houleux et la présence de 9eArt+ (même avec un Frank Bondoux en retrait), certaines structures ne peuvent pas se passer de la manifestation - par rapport aux coûts des stands, au frais déjà avancés, ou au fait que le festival constitue de façon pragmatique un moment de ventes importants. "Les maisons d’édition membres du S.E.A décideront donc chacune de leur participation à l’édition 2026 du Festival.", conclut le communiqué. Reste à voir qui acceptera de venir, et pour faire quoi.