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Guardians of the Galaxy : Joyeuses Fêtes - Le merveilleux Noël du petit Peter Quill (et du grand Kevin Bacon)

Guardians of the Galaxy : Joyeuses Fêtes - Le merveilleux Noël du petit Peter Quill (et du grand Kevin Bacon)

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On a aimé• A l'aise dans son format
• Bonne ambiance
• Un produit qui fait son boulot, pour changer
• Sans prétention
On a moins aimé• Bande-son finalement peu mémorable
• Chris Pratt est très loin de nos réalités
• Une tonalité qui va (forcément) déplaire à plein de gens
Notre note

A l'instar des BDs - ou des sitcoms annuelles qui appliquent la logique d'un passage du temps réaliste - Marvel Studios se doit désormais de cadrer avec les grandes réjouissances commerciales de chaque saison. Pour la société de Kevin Feige, éparpillée depuis quelques années entre le cinéma et la grille de Disney+, cela signifie : un contenu pour Halloween, un contenu pour les fêtes de Noël, et pourquoi pas à terme un contenu pour Thanksgiving à base de dinde rôtie, dans lequel Namor et Sam Wilson se féliciteront de l'arrivée des pèlerins colonisateurs aux Etats-Unis. En attendant de voir si Feige aura l'envie de s'aventurer sur ce genre de fêtes interstitielles (qui n'intéressent personne en dehors des Etats-Unis et des fans de la NFL), Marvel Studios attaque avec un second moyen-métrage issu du format "Special Presentation", une nouveauté récente.

Le programme Guardians of the Galaxy : Holiday Special (ou Joyeuses Fêtes pour la VF) marque effectivement la seconde exploitation de cet ajout hybride aux productions originales de la marque, après le Werewolf by Night de Michael Giacchino. Lequel venait d'ailleurs combler un besoin identique : proposer un produit à base "d'épouvante" pour les fêtes d'Halloween, expérience pas forcément désagréable et qui avait l'intérêt de varier un peu du style habituel. Dans le cas de ce petit bonus réservé aux Gardiens de James Gunn, il s'agit même de la seconde "christmasploitation" de Marvel après la série Hawkeye de l'an dernier

Comparatif dérisoire, mais puisque vous avez pris le temps de passer nous voir, et que cette série n'a pas la moindre utilité si on lui ôte son cachet de référentiel en plus de tout le reste : cette fois, c'est mieux, plus court, et surtout assez dispensable et inconséquent pour ne choquer ou insulter personne. Pas plus les fans que les auteurs et autrices de comics. Dans la mesure où Marvel Studios a fait un sport national de ces deux petites disciplines (au point de postuler pour de sérieuses médailles une fois que la fédération aura décidé d'homologuer le concept), mettons que l'objet est toujours bon à prendre. 

All I Want for Christmas is Yo(nd)u


 
Le Guardians of the Galaxy : Holiday Special se cale à la croisée de deux caprices. D'un côté, un Kevin Feige qui se cramponne à son rôle d'amuseur des foules, et qui, en bon employé du mois, livre l'indispensable contenu de Noël représentatif de la logique Disney vis-à-vis de la magie et de la joie des fêtes de la fin de l'année - et de l'autre, un James Gunn qui profite de l'occase pour passer quelques dernières semaines de tournage en compagnie de sa famille recomposée, ses Gardiens, avant de plier bagage pour la maison d'en face. Il s'en est passé des choses cette année. Le moyen-métrage n'est pas exceptionnel, mais il fait son boulot, et cadre assez bien avec l'évolution du style Gunn depuis sa prise de fonction chez Marvel Studios. Comme d'hab', l'objectif est donc de parler de cette famille - d'imbéciles, de maladroits, de coléreux, mais une famille qui s'aime néanmoins et manque souvent d'occasions de se le répéter - avec tous les codes des productions M6, Un Jour Une Histoire, un Kevin Bacon et une bande-son qui sent bon la bûche.
 
Côté scénario, un simple prétexte : depuis son plus jeune âge, Peter Quill tente de placer l'idée de la fête de Noël auprès de ses potes les Ravagers. Kraglin, qui sent que son vieux pote est un poil morose depuis que Gamora ne fait plus partie de l'équipe, estime que retrouver un peu de la magie de cette période de liesse lui ferait le plus grand bien. Mantis et Drax vont avoir une idée : se rendre sur Terre chercher le héros personnel de Star-Lord, son inspiration, son mentor indirect, le grand et célèbre Kevin Bacon, protagoniste de toutes les histoires que Quill a pris pour habitude de conter à ses compagnons de voyage. Quelques musiques, quelques petits éléments de lore et une poignée de gags feront le reste pour cette production qui assume totalement son statut de bonus de DVD dans les futurs coffrets de la trilogie des Gardiens.
 

 
Pour les éléments de lore, on apprendra par exemple que les héros ont racheté la base spatiale de Knowhere au Collectionneur (qui est donc toujours en vie, et attend seulement un chèque au nom de Benicio Del Toro pour revenir faire mumuse dans l'univers Marvel), que Star-Lord et Mantis seraient liés par quelque chose de plus fort qu'une simple amitié de camarades de bord, on entend pour la première fois le personnage Cosmo, interprété par l'actrice bulgare Maria Bakalova, et on assiste comme d'habitude à la mutation de Groot vers une nouvelle structure corporelle un poil plus carrée. Paradoxalement, la révélation qui tombe à propos de Peter et Mantis a tout d'une sorte d'anomalie, dans la mesure où cet élément n'avait pas été évoqué dans Guardians of the Galaxy vol. 2 et sera probablement à considérer comme établi et canonique pour le troisième film de la série. Un placement étrange, pour un moyen-métrage qui aurait tout l'air d'être placé en dehors du canon à première vue. Rien de grave, mais le sourcil de l'étonnement pourra éventuellement se dresser chez les spectateurs et spectatrices qui trouveront dommage d'avoir mis cet élément à un endroit aussi inattendu, là où l'idée aurait pu servir d'enjeu dans un film aux objectifs plus ambitieux. 

C'est NoNoël, et ce soir dans le ciel


 
Dans une mise en scène forcément plus étriquée, forcément plus courte en budget et en décors (l'ensemble de la base de Knowhere se résume à une ruelle, pour aboutir à un minimalisme entre le fauché et le charmant, à la hauteur de cette perspective de bonus sans lendemain) permet à Gunn de s'amuser du comique de situation, de dialogues foutraques et souvent assez neuneus ramenés à l'essentiel. Paradoxalement, le moyen-métrage semble bien plus modeste sur le plan artistique que Werewolf by Night et sa tentative de restituer l'atmosphère des films de monstres d'Universal. Tout à fait conscient de sa capacité à aller vers l'économie de moyens - en témoigne la série des PG Porn - James Gunn va plutôt chercher à concentrer les maladresses et l'aspect ouvertement pauvre des téléfilms de Noël. Un genre qui brille par sa naïveté et son incapacité à casser le moule d'usage, mais qui fait pourtant partie des institutions du divertissement annuel aux Etats-Unis. Pour cause, on a sorti les grands moyens sur le plan des décors exagérément chargés en boules et en guirlandes. Les elfes décoratifs sont là, les peluches, les joujoux et les paquets cadeaux aussi, on n'a pas vu film de Noël faire plus film de Noël que la fête de Michael Shannon dans The Night Before.
 
En résulte un produit qui ne cherche pas le tape-à-l'oeil ou la démonstration technique, va à l'essentiel, et nous permet de retrouver un Marvel Studios un peu plus brinquebalant, seulement porté par le rythme, les dialogues et les personnages. Guardians of the Galaxy : Holiday Special paraît finalement plus honnête que beaucoup de projets issus de l'usine Feige  - en appuyant sur des cordes simples, en tablant sur un humour qui ne cherche pas seulement à désamorcer une situation, et en profitant de la sympathie de son duo d'interprètes. L'ensemble joue sur le mignon, dans les accessoires ou l'utilité même des cadeaux, une dose de sucre qui ne plaira pas à tout le monde mais a au moins l'avantage de ne pas chercher à incendier l'esprit bon enfant au profit d'un ton faussement cool de gamin rebelle.
 

 
La bonne ambiance des productions James Gunn (qui ramène au passage ses potes du groupe 97's pour matérialiser son obsession de la musique autrement que par le walkman habituel) se ressent sur le plateau, comme d'habitude, avec des comédiennes et comédiens heureux d'être là et de filmer dans la bonne humeur la dernière plaisanterie en date. Dave Bautista est toujours à l'aise dans son rôle de brute en décalage total avec le sérieux des situations, Pom Klementieff livre une prestation toute en fraîcheur et en sincérité, Kevin Bacon semble s'amuser dans ce rôle de papa bienveillant heureux de servir d'image paternelle à une bande d'aliens frapadingues aux confins de l'espace. Tout n'est pas réussi, pas mal de vannes tombent à plat (à commencer par le numéro de chant d'entrée), mais on sourit suffisamment pour rentabiliser le temps d'écran.
 
Seule ombre au tableau :  Chris Pratt n'a toujours pas retrouvé son mojo, généralement hors temps ou en panne d'inspiration sur la plupart des gags, comme si l'acteur avait déjà tourné la page Peter Quill (et enterré pour de bon la possibilité de retrouver le génie comique d'Andy Dwyer un jour, où que ce soit). On regrettera aussi de ne pas avoir eu droit à un Rocket Raccoon en petite tenue de Papa Noël trop mignonne - une faute de goût impardonnable qui fait que le film paume déjà une étoile sur le constat critique définitif. C'est comme ça, c'est pas nous qu'on fait les règles.
 

 
On regrettera également que le scénario saute trop vite vers sa conclusion, en offrant une sorte de grande scène de chant bazardée comme la clôture obligatoire d'un dessin animé du samedi - mais là-encore, c'est la règle, et Gunn n'avait visiblement aucune intention de casser ce format. Et pour tout dire, on peut même se demander si le réalisateur n'est pas plus à sa place dans ce genre de configurations. Sans l'obligation de cracher un vilain automatique, de prendre au sérieux la tapisserie cosmique de l'univers Marvel Studios, de suivre les routines des grosses productions gourmandes en fonds verts au détriment de l'humain, etc. Tout ce qui venait parasiter le montage et le rythme de Guardians of the Galaxy vol. 2 au point de s'aliéner une partie du public. Ou alors, on est peut-être moins regardants dès lors que la possibilité de tenir un produit à enjeux disparaît, mais force est d'admettre que la simplicité et l'apparente naïveté du produit passe bien mieux qu'une série de 2h45 sur un Jeremy Renner en cosplay qui balance par la fenêtre les BDs de David Aja et Matt Fraction en s'esclaffant d'un air maléfique entre l'une ou l'autre incantation sataniste. 
 
Au demeurant, l'existence de ce format "Special Presentation" a donc l'avantage d'amener une nouvelle façon de faire sur la table : ne pas obliger le public habituel à s'enfermer chaque semaine dans un programme étiré au longueur et sans réel intérêt. A voir si l'enseigne décide d'utiliser ce standard pour des adaptations plus utiles aux grands plans de Marvel Studios, au lieu de s'entêter à faire des séries en six épisodes minimum qui n'ont parfois pas tant de choses à dire que ça.
 

 
Hohoho (ou "I am Groot I am Groot I am Groot" en langue locale), Guardians of the Galaxy : Holiday Special est donc bel et bien le petit produit de fin d'année que Marvel Studios avait promis. Peut-être par habitude, peut-être pas usure, le fait est qu'on apprécie de plus en plus ces quelques moments où la compagnie n'essaye pas de nous convaincre qu'elle envisage encore sérieusement de faire dans l'ambitieux. Dès lors, une fois que les choses sont claires, et annoncées telles quelles, ce petit programme s'apprécie pour ce qu'il tente de faire : un objet de Noël dans la grande tradition de ces formats de télévision prévus pour la période des fêtes, ou bien un petit complément sympatoche d'un metteur en scène toujours doué pour trouver la moindre occasion de s'amuser avec ses équipes. Le cinéaste ne sacrifie d'ailleurs rien de ses thématiques habituelles : la famille recomposée, la paternité (avec de petits moments en animation assez touchants), les loosers magnifiques, et la musique, encore et toujours adaptée au format ou au récit, en intra' ou en extradiégétique. Un Special Presentation qui cadre bien avec la filmographie du bonhomme, fait sonner les bonnes cordes, et s'apprécie finalement mieux dans son genre que beaucoup d'autres tentatives récentes de la compagnie. Parfois, le fauché sincère et sans lendemain l'emporte sur le colosse boursouflé et fastidieux. Souvent, même. Toujours en fait. Joyeux Noël à James Gunn, en attendant maintenant un Peacemaker de Noël pour fêter le déménagement.
Corentin
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