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Les créateurs de Predator attaquent Disney en justice pour récupérer les droits du personnage

Les créateurs de Predator attaquent Disney en justice pour récupérer les droits du personnage

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Le sujet de la propriété intellectuelle s'invite une fois de plus dans l'actualité. Récemment, Ed Brubaker évoquait le cas particulier des auteurs de BDs : après avoir inventé le personnage du Soldat de l'Hiver pour Marvel Comics, l'auteur ne recevra aucune compensation financière pour les différentes apparitions du personnage dans les films et séries de Marvel Studios. Un cas d'école de David contre Goliath, dans lequel l'entreprise garde l'ensemble des droits d'exploitation à demeure. D'autres industries opèrent sous d'autres régimes, avec des clauses d'exception plus permissives.

Aux Etats-Unis, à la fin des années 1970, le Congrès avait amendé la loi sur le droit d'auteur pour permettre aux auteurs de réclamer une part de la propriété de leur travail après quelques décennies. Précisément, au bout de trente-cinq ans, un scénariste ou un musicien serait en mesure de faire valoir son droit à la propriété sur une création gérée par un studio ou un label musical. Depuis quelques années, les cas de ce genre se multiplient, jusqu'à poser un sérieux problème à la mainmise des groupes totalitaires dans le genre de Disney.

Bosser dans la paperasserie

Au milieu des années 1980, les frères Jim et John Thomas écrivent le script du film Hunter. Une aventure centrée sur un groupe de commandos chassés par un alien mystérieux en Amérique Centrale, sur laquelle acceptera de parier la 20th Century Fox. Joel Silver et John McTiernan se chargeront de développer et de mettre en scène le premier long-métrage de ce qui deviendra plus tard la saga Predator, franchise culte du cinéma de série B et d'épouvante déclinée en bande-dessinée et en jeu vidéo. Daté du 17 avril 1986, le scénario de Predator est aujourd'hui en passe de changer de pognes : après avoir déposé une demande de retrait il y a cinq ans, les frères Thomas s'apprêtent à entrer dans une bataille juridique avec Disney au terme de ces trente-cinq ans d'exploitation.

L'empire culturel sera devenu le détenteur officiel de la propriété intellectuelle de Predator en rachetant les studios 20th Century Fox il y a deux ans, et comptait jusqu'à récemment proposer une nouvelle version du monstre dans un nouveau film piloté par le réalisateur Dan Trachtenberg (10 Cloverfield Lane). Des comics avaient aussi été commandés, et il paraît aujourd'hui très probable que le retard constaté sur la première série Predator de Marvel s'explique par cet obstacle juridique à l'horizon des prochains jours. A date, les frères Thomas estiment de leur côté que Disney devra renoncer à l'exploitation du personnage dès ce samedi 17 avril 2021 - il est en revanche plus probable que la justice mette quelques années avant de se prononcer pour de bon.

Les scénaristes expliquent avoir déposé leur recours il y a cinq ans, et n'avoir jamais eu de retour ou d'opposition ferme de la part de la 20th Century Fox. Depuis le rachat, les frères Thomas auraient proposé d'autres échéances pour laisser à Disney le temps de s'organiser, mais l'entreprise n'aurait simplement pas envie de se passer des droits du Predator dans un avenir immédiat. Deux procès sont prévus à l'ordre du jour, de la part des deux parties : les auteurs du film de 1987 seront représentés par l'avocat Marc Toberoff, un spécialiste de la question du droit d'auteur qui avait déjà obtenu les droits de la franchise Vendredi 13 pour le scénariste Victor Miller

De son côté, Disney considère que la demande des Thomas serait invalide, et empêcherait la division 20th Century Studios d'avancer sur les différents projets d'exploitation de la saga Predator prévus à l'ordre du jour. En résumé, l'entreprise va tenter d'aller contre la loi pour garder la main sur son produit, en avançant l'argument monétaire. Compréhensible : si ce genre d'actions en justice sont encore relativement inédites dans le paysage du cinéma de franchises contemporain, la possibilité pour d'autres créateurs de venir réclamer les droits de leurs scénarios pourrait faire tâche d'huile à Hollywood et gêner les entreprises de la taille de Disney, dont le succès repose majoritairement sur l'exploitation de licences précises, sans créations de nouvelles propriétés intellectuelles. 

Reste maintenant à voir de quel côté la justice américaine tranchera.

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Corentin
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