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Marvel compile l'histoire mutante dans le fantastique X-Men : Grand Design #1

Marvel compile l'histoire mutante dans le fantastique X-Men : Grand Design #1

chronique

On retrouve au détour de numéros conventionnels un projet éditorial d'ampleur chez Marvel cette semaine. Entre deux kiosques au déroulé normal, X-Men : Grand Design #1 est une des meilleures lectures de l'éditeur depuis de nombreux mois - pas parce que ce qu'on y raconte est un sommet d'inédit, ou que les dessins ont matière à enterrer le reste. 

C'est la rareté du projet et la réussite de son exécution qui en font un indispensable, voire même un cadeau bienvenu à faire à un proche un peu profane en période de fêtes. Aussi, on espère que vous courrez vite, et que votre comic shop est encore ouvert (revenez lire la chronique ensuite, vous embêtez pas).
 

 
Grand Design est un boulot d'Ed Piskor, un artiste émérite qui aura appris à la Kubert School, illustré les derniers travaux de la légende underground Harvey Pekar, et consacré une partie de sa carrière à rendre hommage à l'histoire du hip hop avec la série des Familly Tree, éditée en VF depuis l'an dernier.
 
Piskor applique une même méthode de travail à ce premier numéro. L'idée ? Remonter aux origines des mutants et de Marvel, revenir aux sources et dérouler la chronologie factuelle des enfants de l’atome. L'auteur retranscrit plus qu'il ne réinterprète, en effectuant un boulot de chercheur digne d'un Grant Morrison - tous les faits sont datés et référencés au numéro près dans la bibliographie qui boucle le numéro. Ce qui fait déjà la qualité du titre : il est accessible, complet, utile aussi bien pour les nouveaux que les anciens qui chercheraient une bible en canon.
 
Puisque, étant donné la complexité et la densité de l'histoire Mutante, Piskor fait quelques choix, y compris vis a vis de l'histoire de Marvel. Namor prend une place fondamentale (l'atlante est traité comme une sorte de Ben-Laden, responsable d'un traumatisme qui ouvre la "nouvelle ère" du paranormal), on bazarde le Red Skull, et quelques autres origines se choisissent sur le tri, mais l'ensemble est brillant dans son aspect historique. Faire tenir ensemble des décennies d'histoires en une quarantaine de pages, toutes formidables, le contrat est bien rempli de ce côté.
 

 
En terme graphique, Piskor est doublement pertinent. L'artiste applique une patte très Golden Age à ses planches, peuplées de formes simples et d'une ligne claire magistrale - où se surimpressionne en permanence une dose conséquence de kirby dots pour l'effet vieillot. Tout est réussi : les couleurs sont superbes, les expressions et les visages cherchent autant dans les comics de Fawcett (le regard en amande du Captain Marvel appliqué à Charles Xavier) qu'à l'école du comics underground, de Robert Crumb et d'Harvey Kurtzman, en particulier sur les gros plans fous d'expressivités.
 
Le comics trahit cet aspect simpliste du dessin par une dose considérable de violence. Psychologique, graphique, le numéro ne triche pas en cherchant son origine passée. Il épouse les codes de narration et de dessins des âges d'or et d'argent, pas leur censure ou leur retenue. Piskor se montre parfois déchirant, souvent épique, quelque fois psychédélique avec brio dans les trois cas. 
 

 
Généreux serait le terme qui définirait le mieux ce X-Men : Grand Design #1, puisque rien n'est oublié. Une satire de l'Amérique moderne, traumatisée contre toute une race parce qu'une minorité (ou un seul individu) a commis un acte de terreur meurtier, le rôle social des mutants en métaphores de la minorité pourchassée, la partie cosmique de Marvel, la part sombre de Xavier, tous les seconds personnages, un travail exigeant sur le graphisme qui rappelle le comic strip ou le dessin de presse, et malgré cette qualité iconoclaste de numéro qu'on ne saurait pas où ranger, Piskor ne triche pas avec les règles et pose son propre cliffhanger de fin obligatoire, comme tout bon premier numéro.
 
On aurait envie de conseiller à tout le monde ce numéro, ne serait-ce que pour approuver Marvel dans la pertinence de ce choix. La revue a un air de Doggy Bags, de projet en hommage à une époque, une façon de penser la BD, trop rare voire complètement absente des super-héros en général. Pourtant, la qualité est là, et ce type de projets en collecté pourrait avoir la qualité d'une véritable bible pour l'éditeur. J'oubliais de le préciser, mais si ce numéro intervient peu de temps après le rachat de la Fox, il apparaît aussi pour Marvel comme l'évidence de son amour pour les X-Men. Un temps rangés au placard, les personnages reviennent en force avec ce type d'initiative, et renouer ainsi les liens dans un Grand Design qui porte bien son nom est la bonne nouvelle que de nombreux fans attendaient.
 
On valide l'initiative, la réalisation, la conception et l'édition de cette entrée en matière, en espérant plus que le TPB, un immanquable dès sa sortie des usines d'impressions. 
Corentin
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