
Dans les limbes depuis quelques années, après l'échec du projet Snake Eyes de Robert Schwentke, la franchise G.I. Joe se prépare pour une nouvelle relance. Les responsables du studio Paramount Skydance ont validé la mise en développement d'une nouvelle production basée sur la marque de jouets Hasbro, selon le Hollywood Reporter. Pour le moment, deux scénaristes ont été recrutés pour proposer leurs idées, avec des traitements actuellement en cours de gestation. Les informations autour de cette nouvelle version de la saga consacrée aux commandos d'élite n'ont pas été précisées.
Nous ne connaissons que les noms des scribes embauchés. D'un côté, l'acteur Danny McBride, scénariste occasionnel connu pour son travail sur la récente trilogie Halloween. Et de l'autre, un Max Landis de retour.
Un temps en vogue dans les locaux des franchises populaires d'Hollywood, Landis, fils du réalisateur John Landis, s'était fait connaître pour son travail sur les films Chronicle (Josh Trank), Bright (David Ayer) et Victor Frankenstein (Paul McGuigan). Cette popularité, doublée d'une réputation de geek amateur de comics, lui avait même ouvert les portes de la maison DC Comics pour une mini-série publiée sous le titre Superman : American Alien. En revanche, au pic de son succès, une série de témoignages était apparue en place publique, de la part d'anciennes collaboratrices et d'anciennes compagnes du scénariste.
Présenté dans la presse comme un agresseur sexuel au moment du mouvement #MeToo, celui-ci sera identifié par huit femmes différentes, parmi lesquelles l'actrice Anna Akana et la développeuse Zoë Quinn, pour des comportements toxiques, violents, prédateurs.
En l'occurrence, les comportement privé de Landis avait alors été décrit comme "de notoriété publique" parmi les professionnels du métier. De son côté, le réalisateur Josh Trank avait alors expliqué qu'il interdisait au scénariste de se présenter sur le tournage de Chronicle pour éviter les incidents. Le scénariste admettra d'ailleurs une partie des faits qui lui auront été reprochés, en expliquant que "certaines des choses" étaient "vraies", et en se décrivant volontairement comme "un partenaire toxique" envers ses anciennes petites-amies. Depuis ces révélations, Max Landis n'avait pas été réembauché sur de nouveaux projets depuis Hollywood, se contentant d'opérer en solitaire depuis sa chaîne YouTube pour différentes "adaptations" de comics de son propre chef.
Comme l'observe la rédaction du Hollywood Reporter, cette embauche ne semble pas tomber dans le cadre d'un accident malencontreux... mais participe plus généralement d'une politique d'entreprise au sein des studios Paramount Skydance. D'autres figures publiques accusées d'agressions sexuelles, comme John Lasseter (Pixar) ou Brett Ratner (X-Men : The Last Stand) ont retrouvé du travail récemment sous la protection de la famille Ellison. L'enseigne s'est manifestement donnée pour mission de restaurer la carrière des grands hommes du secteur accusés de prédation, d'exhibitionnisme ou de harcèlement sur leurs collaboratrices au sein de l'industrie, en appliquant ce dogme comme une véritable philosophie directionnelle. En l'occurrence, ce choix pourra peut-être poser un problème aux équipes du géant Hasbro, dans la mesure où la marque des figurines G.I. Joe reste tout de même considérée comme un produit tout public, sinon familial.
Le Hollywood Reporter précise qu'aucune décision n'a actuellement été prise sur le choix du scénariste définitif, et la réponse devra certainement du résultat des deux traitements qui seront proposés au final. Mais sur le papier, de la part des futurs propriétaires du groupe Warner Bros., cette décision passe pour un signal clair pour les prochaines années. Qui sait si Max Landis ne sera pas réintroduit par la grande porte des productions costumées sur la demande des Ellison. En attendant, la marque G.I. Joe devrait donc faire son retour avec un nouveau long-métrage, une fois que l'enseigne aura choisi le prochain cap pour l'escouade de paramilitaires.