
Après de très longs mois d'attente, l'évènement éditorial de cette fin d'année, et sûrement de l'année, s'apprête à débuter dans les publications DC Comics. Doomsday Clock #1 lance le point de départ d'une intrigue longue de douze numéros, chargée d'apporter la réponse à de nombreuses questions posées depuis le démarrage du relaunch Rebirth, avec aux commandes Geoff Johns, instigateur de cette nouvelle ère chez DC Comics.
Mais, et c'est peut-être le plus important, c'est dans son lien à Watchmen que Doomsday Clock a quelque chose de fascinant, voire dérangeant. Johns est en effet en train de tisser un lien entre les deux univers, dont la nature reste encore floue, bien que la figure de Dr. Manhattan comme une sorte d'entité "méchante" ultime soit largement appuyée depuis pas mal de temps.
C'est d'ailleurs sur le parcours effectué depuis DC Universe : Rebirth #1 que je vous propose de revenir, avec moult petits détails et mentions faites à l'univers, ou du moins aux personnages d'Alan Moore et Dave Gibbons, qui ont été disséminés dans plusieurs titres, au compte goutte, afin de faire patienter les lecteurs et aiguiser leur curiosité. Car il n'y a pas eu que The Button, bien qu'une partie de ce dossier lui soit consacré.
Suivez donc le guide qui fera office de rappel à ceux qui sont déjà prêts pour Doomsday Clock #1, et qui vous permettra de prendre le train en route si vous êtes passés à côté de DC ces derniers temps.
Geoff Johns l'a déclaré lui-même, avant d'entamer la lecture du Doomsday Clock, il n'y a rien d'autre à lire que Watchmen. Ce qu'on veut bien croire, mais afin de se rendre compte de la façon dont DC Comics a pu préparer le terrain pour le récit qui devrait se faire rencontrer l'univers DC avec celui d'Alan Moore et Dave Gibbons, il nous faut obligatoirement passer par le tout début.
Et le tout début, c'est DC Universe : Rebirth #1 de Geoff Johns, qui va introduire une idée capitale, qu'on vous demandera de garder en tête tout au long du dossier, puisqu'elle sera ensuite répétée de nombreuses fois. Souvenez-vous : lorsque les New 52 ont été lancés, une nouvelle continuité avait été établie, qui stipulait que la Justice League ne s'était formée qu'il y a cinq ans. Et cinq ans, c'était la durée sur laquelle les premiers super-héros DC avaient démarré leur activité (ce qui n'était pas sans poser d'énormes soucis de continuité, notamment Batman qui était censé avoir entraîné Dick Grayson et Damian Wayne en Robin pendant tout ce temps, et Tim Drake qui par retcon n'avait jamais porté le costume). De fait, c'est aussi par cet effet de rajeunissement qu'un grand nombre, si ce n'est toutes les relations entre les personnages (qu'elles soient amicales, amoureuses) avaient disparu.
Dans DC Universe : Rebirth #1, Geoff Johns présente une quasi lettre d'excuse aux lecteurs qui ont été déçus de cette perte d'héritage et de liant entre les personnages entraînées par les New 52. Et trouve une certaine parade en teasant un potentiel responsable. En effet, lorsque Wally West (à lui seul, l'un des symboles des pertes de l'ère New 52) arrive à s'extirper de la Speed Force, il explique qu'une force a agi sur l'univers DC lorsque Barry Allen est a voulu revenir dans le présent.

Dans Flashpoint, nous avions droit à une double-page qui présentait la fusion des univers DC, Wildstorm et Vertigo, présentée sous l'influence du personnage de Pandora. Johns stipule que c'est à ce moment que l'équivalent de dix années ont été volés à tous - et pas seulement en termes de temps, mais de tout ce que ça incluait : l'héritage, les forces des relations tissées entre les personnages, le liant de l'univers.
Johns nous explique dès lors que quelqu'un ou plutôt quelque chose a profité de ce moment de vulnérabilité de l'univers DC pour agir de la sorte. Et la main que vous voyez dans les cases ci-dessus pose une dimension divine à cette personne (ou cette entité), qui fait un rappel immédiat à la Main de la Création aperçue par le scientifique Krona lorsqu'il a souhaité observer l'origine de l'univers - et qui a causé la création du Multivers (mon cher Corentin vous en parle en détails dans ce dossier, si vous êtes perdus). Mais une gigantesque main bleue pourrait appartenir à un autre personnage bien connu des lecteurs de comics, n'est-ce pas ?
Et c'est clairement ce qui est sous-entendu (et sera ensuite confirmé par la bouche de Geoff Johns) : le Dr. Manhattan semble être responsable du vol de temps - et par conséquence des errances des New 52. Il y a d'ailleurs tout un propos idéologique à mettre Manhattan, figure surpuissante et déshumanisée, responsable d'une période éditoriale ou, entre autres, on reprochait à l'univers DC d'être sombre et désabusé, par opposition au Rebirth qui s'illustre notamment par la mort - et le retour d'un Superman qui lui, incarne l'espoir et le retour à un certain optimisme.
Dans les dernières cases de l'épilogue de DC Universe : Rebirth #1 on retrouve de nombreux rappels à Watchmen, par l'action qui se déroule sur Mars, la montre qui est désassemblée, et la citation "nothing ever ends, Adrian", littéralement reprise de l'oeuvre d'Alan Moore. Et ce n'est pas la seule référence directe car quelques pages plus tôt, Batman retrouve dans sa Batcave, suite à sa rencontre avec Wally West, un certain badge. Ensanglanté. Le badge du Comédien...
Et puisqu'on vous parlait de Pandora juste avant, on vous laisse admirer le sort qui lui est reservé, et qui est une illustration au premier degré de Rebirth qui marque la fin de la période New 52 dont elle avait été le symbole (bien qu'elle mette aussi la faute sur Manhattan).
Une fin qui n'est pas sans rappeler celle qu'a connu un certain Rorschach en son temps.
Autant dire que les idées soulevées par DCU : Rebirth #1 et son lien à Watchmen ont fait assez grand bruit, mais il faudra patienter près d'un an et demi pour en voir les ramifications directes. Cela dit, les indices plus ou moins évidents ont été disséminés à intervalles réguliers. On ne pourra évidement pas passer sous silence le court crossover The Button, première continuation véritable du premier numéro de Johns, mais vous allez voir que les références se sont parsemées ailleurs.





11 Janvier 2020
Alex HivenceUn dossier complet et méticuleux quant aux références sur un event palpitant plein de clins d'œil! J'attends la vf de Doomsday Clock avec impatience!
01 Decembre 2017
FlirielSalut ! Le dossier est génial et permet un bon rappel avant de se lancer dans Doomsday clock, Merci ! Dans les apparitions de M. Oz, il doit y avoir aussi celle dans l’Arc Multiplicity de Superman, il apparaît à la fin pour causer au Bad guy.
26 Novembre 2017
SantalPassionnant ce dossier ! Il m'a donné envie de m'intéresser à l'univers DC en dehors des titres Batman ... Vous touchez la DC money non ?
25 Novembre 2017
Arnaud LehueExcellent dossier, un plaisir à lire. Merci !
23 Novembre 2017
La_FourrureEncore un superbe dossier ! Keep going ! Je vais me repongler dans Watchmen pour la peine. ^^ En attendant la VF complète de Doomsday Clock.
22 Novembre 2017
joliauxBeau boulot !
22 Novembre 2017
LPUExcellent article comme toujours avec Arno Dr ès-DC. Et le numéro est excellent aussi j'ai adoré. Oui ça touche à Watchmen mais je n'ai jamais considéré que ce titre était intouchable en dépit de son statut de légende des comics (et n'en déplaise à son auteur tout aussi légendaire). Hâte de lire votre critique.
22 Novembre 2017
arkham38@Arno : Ha okayyyyyy ;-)
22 Novembre 2017
Guillaume_PrsMerci pour tous ces rappels, au moment où je m'apprête à lire Doomsday Clock le projet à l'air cool et donne envie, à voir une fois de l'autre côté.
22 Novembre 2017
Arno Kikoo@Arkham : je parle du Tim Drake du futur de Batman Beyond.
22 Novembre 2017
arkham38Super dossier ! merci beaucoup. Une précision cependant : Tim Drake est bien ré-apparu, en fanfare, dans les numéros 965 à 968 de Detective Comics ! Avec pas mal de scènes dans la prison d'Oz.