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FIBD : 9eArt+ garde l'organisation du festival... à condition de monter un projet commun avec la Cité Internationale de la Bande Dessinée

FIBD : 9eArt+ garde l'organisation du festival... à condition de monter un projet commun avec la Cité Internationale de la Bande Dessinée

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MàJ (3) : réactions des auteurs Lewis TrondheimAude Picault, et Florence Dupré Latour.




MàJ (2) : dans un communiqué envoyé à la suite de l'annonce de l'Association du FIBD, le STAA CNT-SO et MeToo BD ont acté définitivement l'appel au boycott avec le ralliement sous le hashtag #nofibd2026 ; nous reproduisons ci-dessous une partie de leur communiqué :

"Nous n'avions pas beaucoup d'espoir, mais nous sommes quand même déçu·es.  

Dans un ultime rebondissement, 9eArt+ reste pour l'instant conforté comme gestionnaire du festival, avec l'obligation de travailler avec les équipes de la Cité de la BD, l'autre demi-finaliste, à partir de l'édition 2028. Exigeant un projet commun aux deux entités à présenter au plus tard le 20 novembre 2025. Promis, si nous sommes patient·es, cette fois-ci, ce sera la bonne ! Delphine Groux ne fait que gagner du temps grâce à cette manœuvre qui ne trompe personne.  

C'est toujours l'opacité et le mépris qui guident l'équipe de l'association, qui continue de s'enfermer dans sa tour d'ivoire, en dépit des alertes répétées. Il est ahurissant de constater le niveau d’incurie de l’association du FIBD face aux enjeux de ce festival au retentissement international.  

Le mépris pour les auteur·ices et tous·tes les acteur·ices du milieu qui les ont interpellé·es est patent. Le mépris pour les financeurs publics l'est tout autant. L'inter-orga BD prendra l'initiative d'écrire en parallèle de cette newsletter une lettre ouverte aux financeurs publics pour les mettre face à leurs responsabilités.  

La mobilisation doit être à la hauteur du moment : plusieurs initiatives sont en chantier. Dans un premier temps, nous vous demandons d’être mobilisé·es sur vos réseaux pour diffuser les logos du boycott. Plus nous serons visibles et unitaires, plus nous serons fort·es ! Vous pouvez utiliser le hashtag #nofibd2026 sur vos réseaux sociaux."

En parallèle, une réaction de Frank Bondoux a été obtenu pour Livres Hebdo par Jérôme Lachasse, à retrouver ci-dessous. Celui-ci assure qu'il compte bien se retirer de 9eArt+, sans confier la direction par la suite à sa fille, Johanna Bondoux. Sur le projet commun entre sa société et la Cité de la BD, il déclare : "l'union fait la force".

Joint au téléphone, Franck Bondoux déclare : "Je ne serai pas délégué général en 2028. Je ne me succéderai pas à moi-même. Pas même ma fille, qui n'a jamais eu vocation à ça. Elle n'est pas Pénélope Fillon."

— Jérôme Lachasse (@jeromelachasse.bsky.social) 8 novembre 2025 à 15:22

Màj (1) ajout du communiqué du groupement BD du SNAC, reproduit ci-dessous : 

"Communiqué de presse Groupement BD du SNAC

Paris, le 08/11/2025

FIBD : Fin de série ?

Malgré de très nombreuses réserves venues de l'ensemble des acteurs et des actrices de la bande dessinée, l'association FIBD a fait le choix de reconduire la société 9e art + pour organiser le festival international de BD après 2027..

Le groupement BD du Snac prend acte de cette décision. Elle contrevient à la tentative d'apaisement, objectif des négociations mises en place depuis de longs mois et souhaitée par l'interprofession. Nous ne pouvons que déplorer le peu d'attention porté aux auteurices et à leur mobilisation massive, en actant une décision préjudiciable au secteur. Comme nous l’avions souligné dès le début des échanges, « les mêmes causes auront les mêmes conséquences » .

Au-delà de la bande dessinée, c'est un signal inquiétant de validation des pratiques managériales problématiques et toxiques dans le monde de la culture et de l’événementiel. Nous n'en voulons plus. Puisque l'Association refuse de tourner cette page, nous n'avons d'autre choix que de refermer le livre !

En conséquence, le Snac ne participera pas au FIBD 2026. Le Snac boycotte et soutient les différents appels qui se prononcent en ce sens. Nous appelons les auteurices souhaitant faire entendre et porter leurs voix pour une évolution nécessaire vers un environnement professionnel plus serein à une journée de mobilisation dans cet objectif fin janvier !

Le Groupement BD du SNAC - Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs"

Article originel ci-dessous

Les résultats viennent de tomber concernant la décision finale de l'Association du FIBD pour le choix du prestataire qui aura à charge d'organiser les futures éditions du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême passé 2027. Et comme il l'était déjà rapporté et critiqué depuis de nombreuses semaines, c'est en dépit de toutes ces critiques et malgré les revendications de nombreux auteurs, autrices et leurs représentants, que la SARL 9eArt+, en charge du festival depuis 2008, a été renouvelée. Avec toutefois une nuance dans l'énoncé, déjà largement commentée par les professionnels du milieu.

Manoeuvre d'esbrouffe et explosion de la crise à venir ?

C'est par un communiqué de presse, relayé par La Charente Libre, que l'Association du FIBD a fait savoir sa décision concernant l'organistion du festival à compter de l'édition 2028. L'appel à projets qui avait été initié au cours de l'été dernier avait mené à la sélection (critiquée, elle aussi) de deux finalistes : d'une part 9eArt+, et de l'autre la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI), dont il est notoire qu'elle a été en conflit ouvert avec l'organisation de Frank Bondoux depuis des années. Autrement dit, deux entités qui a priori ne peuvent définitivement pas travailler ensemble. C'est pourtant ce que l'Association a retenu comme projet.

C'est ainsi qu'est prononcé le verdict : 9eArt+ gardera le contrôle de l'organisation du FIBD dans le futur, mais pour ce faire, elle doit présenter un projet commun avec la CIBDI. "Un projet commun devra être soumis à l’Association pour accord de principe au plus tard le 20 novembre 2025", détaille le communiqué de presse de l'association, qui semble voir dans ce projet commun une sorte de geste envoyé à l'encontre des critiques du milieu. En parallèle, Frank Bondoux "a confirmé de nouveau son départ et son désir de transmission de son entreprise" - puisque c'est autour de sa personne et de sa façon de gérer l'organisation du festival que le milieu des auteurs, autrices, mais aussi des maisons d'édition, se sont élevés. L'association est lucide de sa tentative de séduction, en expliquant espérer "que les auteurs et leurs éditeurs considéreront que leur voix a été entendue dans une telle réorganisation". En somme, un non-choix qui ne satisfera pas grand monde. Rappelons aussi que même si Bondoux démissionne, il restera l'actionnaire principal de 9eArt+.

Les premiers commentaires sont déjà virulents. Gilles Ciment, ancien directeur de la CIBDI, dénonce un "accès de tartuferie" et d'aucun peut comprendre que monter un projet commun entre deux structures en conflit, en un temps extrêmement limité - une dizaine de jours - peut difficilement mener à quelque chose de constructif et suffisamment solide, à la hauteur de ce qu'exige une manifestation comme le FIBD. Et surtout : si le projet commun ne parvient pas à être monté au 20 novembre, que décidera alors l'Association du FIBD ?


D'autres commentaires de la part des professionnels et du milieu des artistes ne tarderont pas à tomber, et nous les compilerons dans cet article qui se transformera certainement en revue de presse dans les prochaines heures. Pour le moment, le FIBD est toujours prévu du 29 janvier au 1er février 2026.

Source

Illustration de l'auteur
Arno Kikoo
est sur twitter
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