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Dark Horse : malgré la reconnaissance du syndicat DHWU, de premiers licenciements annoncés

Dark Horse : malgré la reconnaissance du syndicat DHWU, de premiers licenciements annoncés

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Le temps se brouille chez Dark Horse. Malgré un premier signal d'apaisement, les têtes pensantes du groupe Fellowship Entertainment (Embracer) n'ont pas prévu d'amender leur politique de réduction des coûts. Récemment, la présidence de la compagnie, propriétaire officielle des éditions Dark Horse, avait accepté de reconnaître volontairement l'existence d'une organisation syndicale formée spontanément par les salariés de la maison d'édition (Dark Horse Workers United). Ce signal pouvait alors passer alors pour une bonne nouvelle, dans la mesure où les grandes entreprises du divertissement et des loisirs numériques n'ont généralement pas pour habitude de soutenir l'existence des collectifs de ce registre. Surtout aux Etats-Unis.

Retour au Réel

Malheureusement, une fois les communiqués de presse raisonnables et enthousiastes formulés, la réalité s'est poursuivie sans obstacle immédiat. Tout récemment, neuf salariés des éditions Dark Horse ont été licenciés, parmi les départements informatiques et dans les entrepôts chargés de la gestion et du stock des produits (comics, goodies, prints, etc). Dans la foulée, le syndicat s'est fendu d'un communiqué de presse pour dénoncer les méthodes de Fellowship Entertainment, en affirmant ne pas avoir été consulté en amont de cette décision, malgré la promesse de vouloir avec collaborer avec les représentants de DHWU. De fait, la présidence du groupe avait effectivement assuré aux employés que ceux-ci auraient bien leur place autour de la table des négociations. Ce qui n'a manifestement pas été le cas.

Le site The Comics Journal a repris l'information en ces termes :

"Une semaine après avoir volontairement reconnu l'existence du syndicat Dark Horse Workers United, désigné comme le représentant officiel des salariés de Dark Horse, rattaché aux forces de la branche Communication Workers of America (ndlr : un super-syndicat national qui concerne plusieurs branches professionnelles, et qui aura accueilli la création de DHWU), ont adressé une mise en demeure auprès de la direction de Dark Horse le 11 juin 2026. Pour dénoncer 'une décision qui n'avait pas été communiquée et qui frappe une partie du personnel, au mépris du statu quo opératoire promis par la présidence de la maison d'édition'. Cette mise en demeure fait suite à la décision de la direction, représentée par le PDG Jay Komas, de licencier neuf employés dans les services informatiques et la gestion des entrepôts."

De son côté, Dark Horse, ou Fellowship Entertainment, assure comme d'habitude que tout ceci participe d'une transition nécessaire, avec le traditionnel communiqué de presse ronflant. Selon les portes-paroles de l'enseigne, il s'agirait "d'ajustements nécessaires", pour "continuer d'assurer le rôle de Dark Horse auprès des créateurs et des fans pour les quarante prochaines années." Les salariés licenciés apprécieront certainement ce sacrifice au service d'un avenir glorieux. Il n'est pas forcément utile de traduire le reste de cette prise de parole officielle, puisque le signal est clair : du côté de Jay Komas, on continue de plaider pour le dialogue, en assurant que la porte de la présidence est toujours ouverte, mais le fait de savoir que cette décision a été prise sans consulter ou informer le syndicat passe déjà pour un brusque sursaut de lucidité autour des intentions réelles du groupe. 

De leur côté, les représentants de DHWU estiment que la reconnaissance de leur organisation servait un but purement symbolique, pour faire montrer d'une écoute et d'une ouverture d'esprit factice, dans l'idée de se racheter une bonne image publique. C'est en tout cas comme ceci que la situation a été interprétée par le porte-parole du collectif, Riley VanDyke.

"La direction a pu profiter de sa bonne publicité, mais depuis les coulisses, chaque étape du processus a véritablement été (et continue d'être) un véritable calvaire. Ils ont signé l’accord de reconnaissance mutuelle, nous sommes officiellement un vrai syndicat, mais leurs actes montrent bien qu'ils n'ont aucune intention de travailler avec nous. Ni de négocier de bonne foi."

Pour rappel, la situation qui motive actuellement cette politique de réduction des coûts ne semble pas s'expliquer directement par les performances de Dark Horse en tant qu'entité individuelle. Nous avions déjà, sur le site, proposé un résumé partiel (et extrêmement rapide) des problématiques qui auront traversé le groupe Embracer entre le moment du rachat de cette maison d'édition et l'état des lieux actuel. La mécanique de crise ne s'étant toujours pas résolue, malgré une dizaine de milliers de postes supprimés en quatre ans au sein des différents départements de cet ancien géant du secteur vidéoludique, la présidence impose encore la même politique d'austérité aux satellites qui composent sa base de propriétés actives (Fellowship Entertainment).

Même sans avoir pu accéder aux chiffres officiels, la situation de Dark Horse ne semblait pas alarmante au point de motiver cette énorme chantier de restructuration relativement récemment. Au contraire, la compagnie avait été capable d'aligner quelques signatures plutôt intéressantes, de relancer un nouvel univers en compagnie de Mike Mignola et Ben Stenbeck, et de cultiver une politique de labels autour d'une poignée de grands créateurs (James Tynion IVEric PowellStan SakaiJonathan Hickman, etc). Encore une fois : difficile de réaliser un bilan comptable sans pouvoir accéder aux chiffres officiels, mais les annonces tombées depuis deux ans ne semblaient pas pointer dans la direction d'une entreprise en train de prendre l'eau.

L'humeur du moment semble surtout s'expliquer par une politique plus générale de la part de Fellowship Entertainment, actuellement engagée pour tirer les dépenses vers le bas, et remettre la moindre case du tableur excel dans le vert. Même sur une industrie aussi microscopique que celle des comics, qui n'est pas connue pour générer ou dépenser les mêmes sommes d'argent que le secteur vidéoludique. Les décisions se multiplient depuis quelques mois, avec le départ de Mike Richardson, président fondateur des éditions Dark Horse, la femerture des trois librairies historiques de la compagnie, et désormais, un premier wagon de licenciements. 

Dans la foulée, les salariés devraient aussi être relocalisés avec la fermerture programmée des bureaux de l'enseigne. En l'occurrence, les informations sont un peu moins claires de ce point de vue, mais cette nouvelle actualité ne se compare pas aux trois précédentes - Dark Horse va simplement déménager... parce que le bâtiment qui accueillait les troupes appartient aux propriétés immobilières de Mike Richardson, tout simplement. Maintenant que celui-ci n'est plus là, la maison d'édition risquait de devoir payer un loyer pour occuper les lieux. Il va donc falloir que les salariés fassent leurs valises... et dans ce genre de cas d'exils forcés, d'autres licenciements risquent aussi de se manifester pour celles et ceux qui ne seront pas en capacité de se relocaliser. A voir pour la suite.

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Corentin
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