
Quel sera donc l'avenir de la franchise Indiana Jones ? Pour l'heure, la réponse ne paraît pas évidente. Pour ce qui concerne le cinéma, la saga du pilleur de tombes semble au point mort dans l'immédiat, en bonne partie fragilisée par l'échec du film de James Mangold (Indiana Jones & le Cadran de la Destinée, 2023). Dans l'intervalle, une production plus rentable s'est toutefois présentée au public, dans les paysages exotiques de cet univers créé par George Lucas et Steven Spielberg, avec le titre Indiana Jones & The Great Circle de MachineGames, édité chez Bethesda. Une réflexion éventuelle sur les potentialités de développement de cette marque, encore coincée dans la même problématique (humaine, tout bêtement) du temps qui passe.
De fait, dans l'immédiat, la saga des films Indiana Jones reste associée au nom et au visage de l'acteur Harrison Ford, véritable muse de George Lucas et vedette éternelle du cinéma et de la télévision anglophone. Or, chez Lucasfilm, la perspective de relancer cet univers sur de nouvelles bases, avec un remplaçant pour camper l'archéologue, de la même façon que la franchise James Bond, passe encore pour une profanation inenvisageable. Ford est simplement trop précieux, trop ancré dans l'esprit du grand public, ou simplement trop inimitable en tant qu'icône de cinéma. L'expérience rencontrée sur la série télévisée des aventures du jeune Indiana Jones, ou la tentative de remplacer le comédien pour le film Solo dans la chronologie des productions Star Wars, auront permis de vérifier cette théorie. Vous pardonnerez le nihilisme de cette mécanique industrielle, mais certaines réalités sont ainsi formulées depuis Hollywood : Lucasfilm devra certainement attendre la mort de l'acteur (ou celle de George Lucas...) pour oser franchir cet ultime interdit.
Dans l'intervalle, donc - et c'est curieux ! - le groupe Marvel n'a jamais exprimé de réel intérêt pour les comics Indiana Jones depuis l'intégration des propriétés Lucasfilm au sein des actifs de chez Disney. Si l'enseigne publie fréquemment de nouvelles BDs autour de l'univers Star Wars, les séances de spéléologie dans les tombeaux sacrés de l'archéologue n'ont pas mobilisé le moindre engouement parmi les équipes de la Maison des Idées. Probablement orientées par les directives venues d'en haut.
Ce qui reste tout de même étonnant, et ce pour deux raisons : les comics Indiana Jones existent depuis toujours (ou au moins depuis les années quatre-vingt chez Marvel, et ensuite chez Dark Horse, qui aura publié une petite dizaine de titres autour du personnage dans les années quatre-vingt dix) et George Lucas lui-même ne s'était jamais caché de son amour pour les expansions de franchise de cette catégorie. Au pic de sa popularité, le professeur Henry Jones Jr. était déjà un héros de BD, de jeu vidéo, de série télévisée, etc. Dans le même temps, le département éditorial du groupe Disney, représenté par Marvel, a largement exploité les marques Aliens, Predator, La Planète des Singes, etc.
Or, la compagnie a peut-être finalement décidé de changer de braquet. En effet, pour le mois de septembre, le premier volume d'une intégrale prévue en deux tomes sera publié aux Etats-Unis pour rééditer les vieux comics Indiana Jones de la période Marvel. En l'occurrence, avec des BDs réalisées par certaines des grandes pointures de l'industrie, parmi lesquelles Walt Simonson, John Byrne, John Buscema, Butch Guice, Howard Chaykin, Archie Goodwin, Dennis O'Neil, Ron Frenz, David Mazzucchelli, Herb Triumpe, Christopher Priest et Larry Lieber. Ce projet de réimpression a été présenté sous le titre Indiana Jones : The Further Adventures, et concerne les comics Marvel Super Specials #18 et #30, les adaptations en BD des films Les Aventuriers de l'Arche Perdue, Le Temple Maudit et La Dernière Croisade, et l'ensemble de la série The Further Adventures avec ses trente-quatre numéros. Celle-ci se compose exclusivement d'histoires originales basées sur la vie du professeur Jones.
Les deux albums sont attendu pour le 30 septembre 2026.

Or, par le passé, les sorties de ces collections en intégrales (qui ne reprennent pas les volumes publiés chez Dark Horse, pour une fois) servaient généralement de premier effet d'annonce en attendant une exploitation plus moderne des franchises placées sous le contrôle du groupe Disney. Marvel avait procédé de la même façon avec Aliens et Predator, en amont de la relance de ces deux univers pour de nouvelles aventures inédites. Notons toutefois que ceci n'est pas garanti (peut-être que la compagnie avait simplement envie de célébrer les quarante-cinq ans du premier volet de la saga ?). Même si, encore une fois, il ne serait saugrenu de se demander... pourquoi la Maison des Idées n'a jamais été chargée d'exploiter cette marque précise, pourtant largement alimentée par de nombreux projets périphériques (et même en franco-belge, rendez-vous compte !).
Accessoirement, si le Predator a pu croiser la route des héros de l'univers Marvel Marvel, peut-être qu'Indiana Jones pourrait lui-aussi en faire autant. Visiter le tombeau d'Apocalypse, se bagarrer avec le Red Skull en amont de la Seconde Guerre Mondiale, explorer le Savage Land avec Ka-Zar, accompagner le Wolverine d'autrefois pour une mission commando... Non ? Vous n'avez pas envie ? D'accord. On se contente de suggérer, vous savez.
Attendons de voir si de nouvelles annonces sont prévues pour cette année.