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Daredevil : Born Again saison 2 : Marvel Television condamné à rester dans l'ombre de son ère Netflix ?

Daredevil : Born Again saison 2 : Marvel Television condamné à rester dans l'ombre de son ère Netflix ?

ReviewSeries tv
On a aimé
• Un dialogue politique frontal et bien mené
• Charlie Cox, Vincent D'Onofrio
• Quelques instants destinés aux fans purs
• Au global, ça se suit...
On a moins aimé
• ... mais est-ce que ça se retient ?
• Une esthétique et des décors sans intérêt
• L'abandon total de la dimension civile pour le héros
• Un produit trop calibré qui ne surprend plus
• L'impossible retour aux fondamentaux de la série Netflix
Notre note

Au terme de longues années de déceptions graduelles, le cinéma des super-héros s'est forgé une sorte de cellule d'autodéfense pour se prémunir des attentes déraisonnables. Vous connaissez la formule de cette équation miraculeuse : pourquoi espérer de Marvel Studios autre chose que du Marvel Studios ? Compte tenu de ses résultats financiers d'autrefois, le département super-héros du groupe Disney s'était enfermé dans une sorte de routine, de cahier des charges, que l'ensemble des rédactions professionnelles et des fans de longue date ont largement eu le temps de décortiquer. Tant et si bien que l'on en a fini par ne plus attendre de réussites objectives de la part de Marvel Studios... mais plutôt, de simples exercices comparatifs d'un épisode sur l'autre. Est-ce que c'est un peu mieux que d'habitude cette fois ? Est-ce que le réalisateur a pu s'exprimer dans les interstices du moule ? Est-ce un effort, est-ce une déclinaison normale de la formule, est-ce le sursaut tant attendu ?

Nous avons déjà eu ce débat (dans ces colonnes ou ailleurs) et les fans ne sont pas tous d'accord pour trancher la question. Néanmoins, puisque l'empire est désormais divisé en sous-catégories autonomes (avec Marvel Television et la section Marvel Animation en cascade), de nouvelles possibilités de compréhensions s'ouvrent au regard du public. Notamment pour cette partie des feuilletons. Et dans cette optique, Daredevil : Born Again est un cas intéressant. Au moment du grand retour de la série, rapatriée depuis la bonne période des productions développées en partenariat avec Netflix, quelques pistes de réflexion étaient déjà apparues pour enrichir le spectre critique. Oui, Daredevil : Born Again était une meilleure série que HawkeyeMoon KnightSecret Invasion ou Echo. Oui, la compagnie avait consenti un réel effort en embauchant un scénariste (Dario Scardapane) pour reprendre le projet de fond en comble en se basant sur une armature plus traditionnelle de feuilleton télévisé. Et oui, la série était aussi plus politique, plus sérieuse, plus forte et plus tangible que la norme des oeuvres basées dans cet univers de fiction.

Mais il conviendrait aussi de prendre la mécanique en ses inverse. Une fois l'effet de neuf retombé, une fois que l'on a mis sous le tapis la poussière du chantier bicéphale qu'avait représenté la production de la première saison, une fois que l'on s'extrait du rapport comparatif intra-entreprise... est-ce que Daredevil : Born Again était seulement capable de tenir la comparaison avec les séries télévisées que l'on monte en dehors des grosses franchises ? Ces productions HBOFXNetflix ou Prime Video qui se passent de l'effet de licence ? Que l'on ne regarde pas parce que l'on est fan des personnages ou des sagas dont elles sont extraites, mais parce qu'elles sont simplement... bonnes. Bien écrites, fascinantes, drôles ou rythmées. Quelque part, la réponse se trouve dans la question. En particulier maintenant que la seconde saison est passée... et que d'autres comparaisons plus problématiques encore viennent s'additionner sur le résultat obtenu. Est-ce que cette récente fournée d'épisodes est seulement capable d'égaler ce qui a été proposé lors du grand retour ? Ou même encore... des saisons de la période Netflix ?

Eternelle Résurrection

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Pour prendre les choses dans l'ordre. Dardevil : Born Again est revenue pour animer ce printemps avec une panoplie d'éléments sensiblement comparables aux premiers épisodes de la session originelle. Grosso modo, la série abandonne l'angle du quartier de Hell's Kitchen pour prendre l'ensemble de la ville de New York comme terrain de jeu. Wilson Fisk est toujours le maire, avec sa propre milice armée pour assurer l'ordre et le contrôle au sein de la cité. Matt Murdock et Karen Page sont désormais des hors-la-loi en cavale, qui doivent oeuvrer dans la clandestiné aux commandes d'une sorte de mouvement de résistance, tandis que les justiciers (et leurs alliés) se font rafler dans les prisons clandestines de l'AVTF (Anti Vigilante Task Force). Quelques caméos constellent cette petite tapisserie, qui alterne entre le camp des héros et celui des vilains, avec l'envie d'animer chacun des deux pôles de réflexions plus humaines, plus entières, sur l'application du bien et du mal.

La grande force de cette seconde saison passe (forcément) par son aspect de métaphore consentie de la politique moderne des Etats-Unis. Ce n'est pas un secret (ni même un point de vue orienté) : en reprenant les idées de Charles Soule, qui avait installé l'idée de l'élection de Wilson Fisk comme un renvoi conscient vers l'ascension politique de Donald Trump vers la Maison Blanche, la série assume de taper sur une zone de référence extrêmement claire. Les actes de la milice AVTF reprennent l'iconographie de la ICE, police de l'immigration connue pour ses actes violents et son rôle en tant que bras armé de la politique présidentielle, avec une population tenue sous le contrôle strict de la force publique.

De nombreuses scènes d'émeutes viennent consteller cette topographie ouvertement fléchée vers le pouvoir en place aux Etats-Unis, de la même façon que les rafles, les bavures et la démonstration d'un pouvoir qui se resserre autour de cet exercice autocratique et violent. De cette façon, Dario Scardapane va chercher certaines des idées de Frank Miller : le scénariste avait déjà (dans son propre Born Again) voulu tisser un parallèle entre Wilson Fisk et Ronald Raegan dans cette envie de représenter la manipulation des discours patriotes et sécuritaires au service de ses propres intérêts avec le personnage de Nuke, ici remplacé au pied levé par l'officier en charge de l'AVTF, qui servira de visage principal pour cette armée de fantassins sans visages.

Dans le même ordre d'idées, la presse, les réseaux sociaux, la conception d'un pouvoir qui se légitime par la virilité (le Kingpin va organiser un combat de boxe poids lourds pour le spectacle, avec ses propres goodies susceptibles d'évoquer le merchandising autour de Donald Trump) passent pour des renvois évidents au monde actuel de la politique américaine. Cette iconographie reste l'élément le plus intéressant de la série, pour rentabiliser les idées de la période "Mayor Fisk" en comics et pour asseoir Born Again dans une perspective moderne, engagée, consciente des sujets que l'environnement des super-héros est capable de toucher si on le laisse opérer sans entraves. Or, de ce point de vue, et pour proposer une première comparaison : au sortir de la pathétique parabole politique offerte dans Captain America : Brave New World, cette forme d'audace reste salutaire de la part d'une grande enseigne comme Marvel Studios. En particulier dans le présent, compte tenu de la façon dont certains idéologues d'extrême-droite ont pris l'habitude d'appeler au boycott des produits culturels qui pourraient envisager de proposer ce genre de discours. 

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Pour le reste, une fois la métaphore embrassée, la série reste basée sur une architecture extrêmement prévisible. Comme d'habitude, l'objectif est de proposer la chute qui suit l'ascension, et l'ascension qui suit la chute, pour Wilson Fisk d'un côté et pour Matt Murdock de l'autre. Malgré cette situation de chaos passablement désespérée, le personnage de Daredevil ne va jamais renoncer aux idéaux (et aux actes de foi chrétienne) qui caractérisent sa croisade contre l'injustice. De son côté, Fisk, en voulant se faire plus gros que le boeuf, va simplement devoir endosser les conséquences de son ambition sans bornes. Sans surprise, Charlie Cox et Vincent D'Onofrio restent (encore et toujours) sur un même diapason d'intensité : l'un comme l'autre habitent durablement leurs personnages, dans les moments de doute, de fragilité, et dans la colère. Les quelques scènes (trop rares) qui les opposent sont autant de formidables vibrations pour les fans de longue date des comics Daredevil. Même lorsque la série s'enrhume, ces deux comédiens sont encore capables de porter la légendaire animosité des deux enfants maudits de Hell's Kitchen avec la même force, la même puissance, la même haine des deux opposés parfaits. Mais si le fan est satisfait, le spectateur, lui, aurait de quoi se montrer plus critique.

En effet, la série laisse davantage de place aux personnages de la Mairie de New York pour cette seconde saison. Ce n'est pas un hasard : en arrachant au scénario quasiment toute la partie judiciaire, tout l'appareillage du petit cabinet d'avocats sympathiques, héros du peuple dans un quartier défavorisé, Daredevil : Born Again a sacrifié une bonne partie ce qui avait fait l'âme de la série lors de sa première saison... et surtout, pendant la série Netflix. Sans son quotidien de juriste, sans ses amis, sans les débats autour de l'application de la loi ou de ces endroits des grandes villes ravagés par la pauvreté, Matt Murdock n'existe presque plus que par le prisme du masque et de la baston dans cette nouvelle aventure. L'aspect quotidien, humain, les personnages dans lesquels le public peut encore s'identifier vont donc se retrouver... dans le mauvais camp.

Et si le personnage de Michael Gandolfini (Daniel Blake) passe pour le candidat naturel de cette humanité, bousculée entre les forces presque surnaturelles qui s'arrachent le pouvoir, la caméra passe peut-être trop de temps sur lui... faute d'avoir de meilleurs protagonistes capables d'habiller le sentiment de fluidité naturelle, de temps qui passe, de problématiques purement "normales" qui devrait occuper une série télévisée de cette catégorie. L'acteur livre une belle prestation, de la même façon que son camarade Arty Froushan, mais on a tout de même l'impression de revivre le même genre de scènes en boucle, dans cet emballage qui préfère généralement l'action et le fanservice au détriment de l'humanité civile. De la même façon, le personnage de Margarita Levieva (Heather Glenn) se retrouve propulsé au second plan. Or, il n'aurait pas été idiot de poursuivre le principe d'un Wilson Fisk en thérapie (sinon pour assumer l'hommage aux Soprano) ou d'instiller ce point de vue plus proche du peuple. Au hasard, celle-ci aurait pu traiter des patients victimes des actes des super-héros ou de l'AVTF pour alimenter les débats autour du bien et du mal... mais en définitive, le Docteur Glenn devient simplement une simple faire-valoir, dont la trajectoire (extrêmement prévisible) met énormément de temps avant de se réaliser, sans surprise, en fin de saison.

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Que nous reste-t-il alors pour remplacer ce qui a été arraché ? Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'efficacité. Un enchaînement constant de scènes qui mise d'abord et avant tout sur la cadence et la frénésie. Tout va vite, tout s'enchaîne rapidement, tout ou presque est "utile" dans le sens scénaristique du terme, et on prend bien moins le temps de s'apesantir sur le rien, sur le banal ou sur l'ordinaire. Même les retrouvailles entre d'anciens personnages (en provenance directe de la période Netflix) ne sont pas traités sous l'angle de la nostalgie ou du dialogue méta'.

L'objectif est surtout d'aller vite. Vers le dénouement suivant, vers la bataille suivante, vers la rencontre ou la fusillage qui amorcera la prochaine virgule dans cette grande panoplie musclée. Certains personnages profitent de cette réparation des prioriétés, qui favorise plus naturellement l'effet de choc, le cliffhanger et la bagarre, avec un Wilson Bethel (Bullseye) de retour en grande forme avec le masque et toute la panoplie. Encore une fois, le fan appréciera d'avoir enfin entre les mains une incarnation complète du tireur, dans sa précision, sa folie et son apparence traditionnelle, mais le fanservice ne suffira pas pour tout le monde.

En définitive, cet empressement semble presque dissimuler une envie palpable de paumer le spectateur. Comme s'il fallait réveiller, secouer le public, au lieu de parier sur les forces d'un personnage proche du bitume comme Matt Murdock. Et de la même façon, on comprend aussi que les équipes de Dario Scardapane, peut-être implicitement, ont reçu une sorte de consigne. Cette fois, justement, il faut parier sur le fanservice. Sur les renvois au passé. Sur l'application d'une mécanique qui pousse davantage vers le super-héros et moins vers le civil. Et ainsi, le public doit se retaper la toile blanche du Kingpin et de Vanessa, un flashback qui rapatrie Wesley dans l'équation, et des personnages dont on sait qu'ils deviendront des super-vilains, sans autres formes de procès. Ce qui n'est sans doute pas un hasard : on sait que le chantier de la première saison avait été revu et corrigé pour cette exacte même raison. Parce que le résultat était trop proche d'une série d'enquêtes judiciaires... et trop éloigné de la formule des séries Netflix. Sauf que, l'un dans l'autre, cette saison deux échoue sur tous les tableaux.

Le Diable dans le Bloc D

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Il ne s'agit pas de nostalgie déplacée. Pour les fans de Daredevil, la première saison assemblée par Drew Goddard au moment de l'accord avec Netflix avait tout d'un petit miracle au moment où Marvel Studios semblait alors incapable de traiter un personnage du calibre de Matt Murdock. L'ambiance urbaine était au rendez-vous, de même les éclairages, la rythmique et l'alternance de points de vue, pour une enquête qui s'intéressait surtout aux rachats de bâtiments pauvres dans le quartier de Hell's Kitchen, semblaient avoir été décalqués depuis la filmographie de David Simon (The Wire, The Night Of, etc).

Certains épisodes assumaient l'idée d'une unité de lieu (dans un hôpital, un bâtiment abandonné) ou de temps (sur un toit avec la Night Nurse) comme autant de petits concepts ludiques, presque fauchés, susceptibles de fouiller tout l'intérêt d'un héros urbain. Dans son rapport avec la police, les quartiers cosmopolites, le rôle de la petite presse locale... ou même les toutes petites frappes des quartiers, avec le Turk de Frank Miller, une fois encore. Un alliage réussi entre les comics et les grandes arcanes des séries policières du petit écran, qui n'était pas dénué de fausses notes, mais qui semblait presque unique dans sa formule. C'est encore le cas aujourd'hui. Et nous pourrions même pousser vers la seconde saison avec toute la place réservée au Punisher et un formidable épisode de débat sur un toit abandonné.

Autant le dire tout net : Daredevil : Born Again n'a pas encore été capable de reproduire cette équation. Ce qui serait presque paradoxal, lorsque l'on sait que certains des plus mauvais épisodes de la première saison (celui dans la banque, notamment) auront tenté de se rapprocher des exercices de style de cette bonne période. Et d'autres bonnes idées ont été abandonnées en cours de route, comme les micro-trottoirs de BB Urich. Dans le présent, la série ne semble plus avoir réellement envie de reproduire ce qu'était Daredevil. Avec ses éclairages naturels, son travail sur la rythmique et son application d'une mise-en-scène beaucoup plus réaliste, ancrée les deux pieds dans le sol. Le noir est devenu blockbuster, le polar est devenu tapageur, plus agressif dans ses éclairages et son utilisation des effets autour des pouvoirs de Matt Murdock, et même les légendaires plans séquence d'autrefois ont désormais valeur de passage obligatoire, presque pour la pose, pour le cahier des charges. 

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Si l'on regarde bien, le premier de ces exercices visuels, issu de la série originale, était au contraire plutôt économe. Une caméra en plan fixe avançait dans le champ, tandis que le héros tabassait ses adversaires, en entrant et en sortant du plan au fil de ses mouvements. Aujourd'hui, le regard doit accompagner le moindre mouvement de bâton, les explosions fusent, les adversaires sont de plus en plus nombreux, de plus en plus armés. Bien sûr, l'action fonctionne toujours, et l'on apprécie de voir la série entre les mains de chorégraphes inspirés qui ont encore toute licence pour exercer leur discipline... mais tout ceci paraît peut-être moins réel, moins impactant au fil des répétitions, et la forme ne semble simplement plus en accord avec le fond du programme. Comme si Daredevil avait fini par muter au fil des reprises en conservant seulement quelques uns de ses fondamentaux, au point de n'être plus qu'un produit parmi les autres, avec sa gamme de clichés et de variations personnelles.

Sur la ligne d'arrivée, l'effort global reste finalement plus automatique que prévu. Peut-être parce que les personnages accrochent moins, parce que les décors choisis ne transportent plus cette même impression de réalité, parce que les rebondissements deviennent prévisibles ou que l'esthétique globale reste faiblarde dans ses tons criards ou son manque de variété (avec un terrain de jeu comme New York, nous aurions pu espérer plus de rapport au sol, de bâtiments, de métros, de chantiers...). C'est même tout le paradoxe de cette parabole politique : dans le présent, si la série avait choisi d'angler sur un Daredevil avocat qui aurait tenté de combattre Fisk sur le domaine du légal, l'allégorie n'en serait sortie que plus forte. Tandis que, depuis sa planque aux fenêtres artificielles, le justicier paraît loin, bien loin des problématiques embarquées dans son propre discours social.

En définitive, Marvel Television se retrouve donc encore une fois coincée entre deux comparaisons, pas vraiment flatteuses, pas vraiment accablantes non plus. Si l'ont peut apprécier la façon dont Scardapane et ses troupes ont décidé de prendre au sérieux ce renvoi vers la situation politique moderne des Etats-Unis, surtout dans la production d'un groupe qui s'est généralement montré plutôt timide par rapport aux enjeux du réel, on constate tout de même la longue liste de choix discutables appliquée au moment de concevoir cette nouvelle aventure. Sans la dimension purement humaine qui caractérise le héros, au détour d'intrigues de second plan prévisibles et répétitives, dans une New York que l'on ne vît jamais qu'en surface ou depuis des environnements capitonnés, Daredevil : Born Again tente de distraire avec le fanservice et l'action en perdant un peu de son âme en cours de route. Traumatisée par ce qui aurait pu arriver lors de la première saison, le studio a manifestement décidé d'aller en sens inverse, en s'accordant moins de liberté, moins d'expressivité, moins de folie, pour accoucher d'un résultat finalement très automatique et sans beaucoup de relief. Une série que l'on suit mais dont on ne se souviendra pas forcément, qui ne tente plus vraiment d'être le The Wire des super-héros, pour mieux se boursoufler dans les attentes projetées d'un public qui aimerait sûrement, au contraire, se laisser surprendre. Peut-être faudra-t-il mourir encore une fois pour renaître de ces cendres, en acceptant enfin de revenir aux racines.

Illustration de l'auteur
Corentin
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