
La petite entreprise Tiny Onion poursuit sa folle expansion. Depuis quelques années, James Tynion IV s'est paré d'une casquette de grand commandant chargé de former la nouvelle génération de talents dans le domaine de l'horreur en comics, sur plusieurs fronts. D'un côté, la compagnie du scénariste produit de nouvelles séries originales, ainsi que des anthologies... et de l'autre, pour certains segments parallèles, les concepts entamés par le passé accueillent de nouvelles équipes créatives. Ce qui sera bientôt le cas pour la curieuse série des "True Weird", une collection lancée par Tynion avec la série des Blue Book sur Substack. Concept simple : broder sur la base de théories du complot, de folklores du monde réel, de ces histoires surnaturelles que le public a été capable de prendre au sérieux. Comme les petits hommes verts, le Monstre du Loch Ness, ou la Terre Plate.
La collection en question a été confirmée chez Dark Horse, qui avait récupéré les droits des séries Blue Book dans la foulée de leur prépublication sur Substack, et enchaîné avec un comics sur le Jersey Devil l'an dernier. Or, l'optique a encore été placée sur cette même ligne directrice pour la création originale du jour : encore une fois, nous allons nous intéresser aux monstres du réel, aux célèbres "cryptides", les bestioles que le public a été capable de prendre au sérieux au point de reccueillir des témoignages, des articles de presse et autres théories du complot. Avec le projet Beast of Boriken, Julio Anta (This Land is our Land : A Blue Beetle Story) et Daniel Irizarri (Cemetery Kids Don’t Die) vont effectivement revenir sur le cas du Cupacabra.
Célèbre bestiole issue de l'imaginaire des pays de l'Amérique du Sud, le monstre en question est un peu l'équivalent local de la Bête du Gévaudan : un animal mythique et carnassier que l'on a souvent tenu pour responsable de certains massacres de bétails. Celui-ci a déjà été évoqué dans de très nombreuses oeuvres de fiction. En l'occurrence, Anta et Irizarri ont prévu de documenter l'origine géographique fondamentale du Chupacabra. Et effectivement, au départ, la créature aurait été évoquée pour la toute première fois depuis l'île de Porto Rico, ancienne colonie espagnole cédée aux Etats-Unis et considéré comme un territoire officiel de la fédération depuis plus d'un siècle, malgré de nombreux débats autour du statut réel des occupants de cet état.

Dans le présent, en particulier depuis l'an dernier sous la présidence moderne de Donald Trump, les discussions autour de Porto Rico ont repris de plus belle pour insister sur l'ouverture d'un processus d'autodétermination susceptible d'accorder au pays un statut indépendant. Or, c'est justement sous cet angle que la série Beast of Boriken compte traiter l'allégorie du Chupacabra. Plus qu'un simple comics d'horreur, on comprend que le projet devrait surtout évoquer l'identité portoricaine, l'histoire de l'île et la réalité politique de ce territoire.
A savoir :
"À Porto Rico, Loli Flores, militante engagée, lutte contre le développement excessif de l'île par les investisseurs étrangers. Lorsqu'une cérémonie amorce l'ouverture d'un nouveau chantier, les festivités sont interrompues par l'apparition d'une créature surnaturelle. Loli va alors découvrir que les légendes du Chupacabra ne sont pas de simples rumeurs folkloriques, mais les manifestations d'un monstre légendaire qui protège, parfois brutalement, les autochtones de l'île des rapaces venus de l'extérieur. Au moment où Loli s'engage dans cette découverte, le Chupacabra suit sa propre route, semant massacres et destruction sur son passage."
Beast of Boriken #1 est attendu pour le 1er janvier 2026 avec des couvertures de Naomi Franq et Max Fiumara et une mise en couleurs de Patricio Delpeche.

