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FIBD : l'édition 2026 du Festival de la BD d'Angoulême n'aurait pas lieu ? [MàJ]

FIBD : l'édition 2026 du Festival de la BD d'Angoulême n'aurait pas lieu ? [MàJ]

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MàJ 13h : dans un autre communiqué, le SNE s'est également exprimé, sans pour autant laisser apparaître une décision nette sur chacun de ses membres. Il estime néanmoins que "l'édition 2026 ne pourra plus se tenir". Dans un article publié au Monde, le co-directeur artistique Fausto Fasulo estime que "les différentes parties doivent arrêter de se parler par communiqués interposés, comme c’est le cas depuis le début de la crise, mais par le biais de vraies discussions, frontalement. Nous sommes disposés à le faire, notamment avec les représentants des auteurs dont les revendications sont tout à fait entendables." Le communiqué complet du SNE suit ci-dessous : 

"Les éditeurs de Bande Dessinée du Syndicat national de l’édition saluent les avancées majeures proposées par les pouvoirs publics pour une réforme historique de la gouvernance du festival international de la Bande dessinée d’Angoulême.

Ils accueillent positivement le fait que toutes les parties prenantes (autrices et auteurs, maisons d’édition et pouvoirs publics) puissent se retrouver au sein de l’ADBDA (Association pour le Développement de la BD à Angoulême) afin de piloter la prochaine mise en concurrence qui désignera le nouvel organisateur du festival. Ils prennent acte du retrait immédiat de Franck Bondoux et du fait que le siège réservé au FIBD au sein de cette nouvelle gouvernance ne sera pas occupé par Delphine Groux. Parmi les attentes et revendications, les éditeurs du groupe BD seront particulièrement vigilants quant à la mise en place de mesures fortes pour lutter contre les VHSS. Ils seront également attentifs à la méthode de mise en oeuvre du prochain appel à concurrence ainsi qu’à la réforme des statuts de l’ADBDA. Ils entendent la position des syndicats d’autrices et d’auteurs, le manifeste des 285 autrices, l’appel des grands prix, à ne pas se rendre à l’édition 2026.

Compte tenu de ce mouvement de grande ampleur qu’ils comprennent, les éditeurs estiment que l’édition 2026 ne pourra plus se tenir. Ils appellent à un apaisement attendu par tous et participeront au renouveau engagé par les pouvoirs publics pour construire le festival de demain dès 2027, et contribuer à faire rayonner la bande dessinée en France et à l’étranger."

MàJ 10h15 : dans un communiqué publié sur les coups de 10h, 9eArt+ affirme que "le dialogue se poursuit" pour l'édition 2026, et "dément les informations erronées données par Libération". Le texte suit ci-dessous :

"L’organisation du Festival est à l’écoute des parties prenantes de l’événement et des communications que celles-ci produisent depuis plusieurs jours.

Elle sait par ailleurs que les financeurs publics de la manifestation, sont en permanence dans le dialogue avec les représentants de différentes instances représentatives de ces mêmes acteurs, les syndicats d’autrices et d’auteurs et d’éditeurs et que des réunions sont fixées avec eux dans la semaine.
 
Pour l’heure, s’étant exprimée et ayant agi pour faciliter la mise en place de solutions afin de préserver l’intégrité et la pérennité de l’événement, l’organisation du Festival est en attente des évolutions qui peuvent intervenir et reste elle-même ouverte à toute forme d’échanges. 
 
Elle formule l’espérance que les discussions en cours pourront permettre de trouver une solution afin que se tienne l’édition 2026, dans l’intérêt même de l’écosystème de la bande dessinée et par respect pour un public de passionné•e•s de cette forme unique de lecture, public qu’elle a toujours su intéresser au cours de son demi-siècle d’existence."

Article originel 

C'est la fin d'un feuilleton dramatique qui se sera joué tout au long de l'année, à commencer par l'appel de centaines d'autrices et d'auteurs de ne pas aller à l'édition 2026 du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d'Angoulême, en conséquence d'une longue enquête de L'Humanité qui révélait un grand nombre de dysfonctionnement lié à la gestion de la société 9eArt+ du festival. Tout s'est accéléré depuis le 8 novembre quand, malgré les appels de l'inter-profession, la présidente de l'Association du FIBD, Delphine Groux, se jouait de tout en reconduisant 9eArt+ à l'organisation du Festival passé 2027, et en demandant à sa rivale historique, la Cité International de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI), d'échaffauder en commun un projet en seulement douze jours. Depuis, les appels au boycott se sont étalés à l'ensemble des autrices et auteurs, ainsi qu'aux maisons d'éditions, qui n'ont pas vraiment eu d'autre choix que de s'aligner, avec la perspective de voir leurs stands désertés. 

Même si les pouvoirs publics, face à la crise, ont tenté de reprendre les choses en main pour que 9eArt+ et Delphine Groux soient écartés du FIBD dès 2027, l'édition 2026 du festival restait sous la coupe de la première - ce qui ne restait pas acceptable pour la profession. Selon un long récapitulatif de Libération, qui précède un communiqué de presse à venir du SNE (syndicat national de l'édition), le verdict est désormais rendu : il n'y aura pas de FIBD en janvier 2026.

Une pause, pour tout reconstruire

En parallèle du communiqué du SEA (syndicat des éditeurs alternatifs) que nous relayions hier, deux communiqués de presse de la part du groupe SNAC BD et de l'inter-orga de la bande dessinée (STAA CNT-SO) actait d'une même décision pour les autrices et auteurs : celle de ne pas aller au FIBD 2026, attendu que 9eArt+ en restait l'organisatrice, et ce même avec la "mise en retrait" de Frank Bondoux

"La refonte de l’ADBDA nous semble être une bonne piste pour la suite, et sommes satisfait-es de la mise en retrait de l’association du festival au profit de cette dernière. Nous prenons acte de la volonté historique de changer la gouvernance de ce festival central pour la bande dessinée. Nous attendons désormais la démission de Delphine Groux de son poste de présidente de l’association du FIBD. II nous paraît important de souligner qu’une telle refonte du festival, aussi nécessaire et souhaitable soit-elle, ne pourra se faire sans nous, travailleur-euses de la bande dessinée, comme nous vous l’avons rappelé à de nombreuses reprises. Néanmoins, celle-ci ne peut se faire dans la précipitation.

Les financeurs publics doivent prendre acte que le paysage politique des auteurices a changé, nous ne sommes plus en 2016. Les coupes massives dans les budgets de la Culture et la précarisation toujours plus grande de nos professions n’ont fait qu’accélérer notre organisation collective et comme vous avez pu le constater, nous sommes désormais capables de nous rassembler massivement pour défendre nos conditions de travail. Nous insistons sur le fait que le boycott/giricott est maintenu : il est impossible de faire redescendre la mobilisation tant que la société 9e Art+ pilotera la manifestation, même avec la promesse de retrait de Franck Bondoux."

Une réunion du SNE s'est également tenue ce mardi 18 novembre, à la suite de laquelle les grandes maisons d'édition se sont entendues pour suivre le mouvement, et ne pas se rendre au FIBD. En conséquence, l'édition 2026 est de facto annulée, puisqu'il n'y aura ni auteurs et autrices, ni maisons d'édition (ou du moins, en si petit nombre qu'il serait suicidaire de maintenir quoi que ce soit). L'un des deux directeurs artistiques, Fausto Fasulo, a acté de la nouvelle auprès de Libération : "L’horizon n’a jamais semblé aussi apocalyptique. Le festival a beau avoir le cuir dur, cette annulation de l’édition 2026 pourrait bien signifier sa disparition définitive".

Une conséquence somme toute logique qui montre en premier lieu le poids que la parole des autrices et auteurs, qui sont celles et ceux qui créeent les bandes dessinées en premier lieu, a pu avoir dans un festival censé célébrer leur travail. Il est assez clair que la tentative de passage en force de Delphine Groux et 9eArt+ était celle de trop, et du côté des observateurs interrogés par Libération, si l'annulation du FIBD 2026 n'est pas vraiment une surprise, c'est l'espoir qui subiste pour le futur du festival. Frédéric Lafavabre, fondateur des éditions Sarbacane, exrplique : "Il faut que cette annulation nous permette de recréer quelque chose de nouveau. Est-ce que ce festival organisé autour de gigantesque barnum est vraiment ce que nous souhaitons ? Est-ce vraiment ce que les auteurs et autrices espèrent ? Et les éditeurs ? Est-ce que c’est vraiment la meilleure façon de mettre en avant la bande dessinée ? Je n’en suis pas certain. On est à un moment où tout peut être rediscuté, remis sur la table. Il faut redéfinir le festival d’Angoulême."

Notons avec une certaine ironique la façon exemplaire dont Rachida Dati a illustré de façon on ne peut plus limpide son mépris pour le sujet FIBD, en ne réagissant que tardivement ce 18 novembre à l'Assemblée nationale. Promettant de réduire de "60% la subvention accordée à l'association du FIBD" (alors que c'est 9eArt+ qui la touchait), se trompant de genre pour Delphine Groux, elle appelait auteurs et éditeurs à "répondre présents" alors que le sort du FIBD était déjà plié.

Source

Illustration de l'auteur
Arno Kikoo
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