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Valiant Comics, Urgence Niveau 3 et TKO Studios : une longue entrevue avec Joshua Dysart

Valiant Comics, Urgence Niveau 3 et TKO Studios : une longue entrevue avec Joshua Dysart

DossierIndé

Au début de l'année, profitant du passage de Joshua Dysart au FIBD 2019 avec Bliss Comics, nous nous permettions l'enregistrement d'un très long podcast SuperFriends en anglais afin de profiter d'un format et vous livrer une expérience audio' de qualité - sans aucune fausse modestie.

Nous pensons bien entendu à notre lectorat qui ne maîtrise pas forcément l'anglais, en vous proposant aujourd'hui de retrouver une version retranscrite intégrale de ce podcast d'une heure quarante - qui prend la forme d'une discussion plus que d'une interview dans le sens formel du terme.

Ce travail de longue haleine a été réalisé par Salim El Bachir (Jo Ker sur le site) qui a donné son temps pour faire la retranscription, et que nous remercions infiniment pour ce travail accompli. N'hésitez pas à lui faire un coucou sur Twitter pour le remercier également, et bonne lecture !

Chapitre 1

Valiant Comics, et The Life and Death of Toyo Harada

Bienvenue, nous sommes très heureux aujourd'hui d'avoir Joshua Dysart avec nous. Bonjour Joshua.

Hey, merci de m'avoir invité.

Nous allons parler de toi, de tes travaux et de tes réflexions sur ce qui se fait dans le monde du comicbook, ainsi que tes derniers travaux comme « Urgence Niveau 3 » et « Goodnight Paradise » qui vient sortir chez TKO Studios.

Avant tout, tu es très connu pour le travail que tu as effectué chez Valiant Comics pendant les années passées. Il y a aussi un gros titre qui sort dans un ou deux mois [la semaine dernière, nda] : « The Life and Death of Toyo Harada ». Tu as déjà mentionné ce projet il y a environ un an et demi lors de notre rencontre à la Comic Con Paris en Octobre 2017, et tu ne pouvais pas en dire beaucoup. Que peux-tu nous en dire aujourd'hui ?

Je ne peux toujours pas en dire beaucoup car je veux que ça soit une surprise, et je veux que les gens soient pris dedans lorsque ça sortira. C'est le tour d'horizon définitif de tous mes travaux sur le côté Psiotique de l'univers Valiant. C'est un peu le summum de mon travail avec Toyo Harada. Donc, si vous êtes un fan de Harbinger ou un fan de Imperium, beaucoup de personnages d'Imperium seront de retour. Et si vous êtes un nouveau lecteur, ça sera très bien aussi car ça sera une histoire de science-fiction dingue, avec un peu de politique. Je pense que ça sera vraiment incroyable.

Ça a pris beaucoup de temps du lancement à la publication. Que s'est-il passé ? Est-ce que c'était à cause de l'écriture ? Ou bien les artistes prenaient beaucoup de temps ?

Pendant que j'écrivais Imperium, j'ai pitché cette idée pour une dernière histoire, ç'aurait été ma manière de terminer mon run, et c'était une version beaucoup plus succincte par rapport à ce qui sort maintenant. Ensuite, « Imperium » a été annulé et je n'allais plus faire cette histoire.

Nous avions commencé à travailler dessus, avec Warren Simons (l'éditeur à l'époque). Dinesh Shamdasani était encore le PDG de Valiant. Je ne sais pas à quel point vos auditeurs connaissent l'histoire de Valiant, mais à l'époque, le propriétaire était différent et la ligne éditoriale était complètement différente.


Nous avions commencé à réfléchir à sortir cette histoire en standalone, comme un projet épique, et nous sommes arrivés à ce format : Toyo Harada échoue à sa troisième tentative de conquérir la planète, il fait une rétrospective de sa vie, avec des flashbacks que nous utiliserions pour ramener pleins de super artistes. Cela nous permettait enfin de raconter cette histoire épique avec une narration profonde à plusieurs niveaux.

J'ai découvert qu'on peut faire un comicbook plus littéraire et plus dense en jouant avec une narration non linéaire dans le temps. Cela permet au lecteur d'expérimenter une histoire avec un large canevas.

Nous avons commencé à travailler de cette manière, maisDinesh est parti et l'éditorial a changé. Je ne savais plus ce que j'allais faire et ce qui se passait. J'étais en train d'écrire cette histoire et une nouvelle équipe éditoriale est arrivée, il y avait beaucoup de bouleversements.

Pour être honnête, je suis un auteur plutôt lent par rapport à d'autres, et il y avait du changement de management chez Valiant. Finalement, ce titre est passé par six éditeurs différents pendant son écriture. Chose intéressante avec tous ces changements (allers retour d'éditeurs, changement de propriétaire), il fallait constamment se battre pour garder le comics en vie.

On pourrait penser que l'histoire a changé avec tout ça, mais je suis persuadé que nous avons fait la meilleure série possible.

Depuis le premier éditeur jusqu'au dernier, l'histoire n'a pas du tout changé ?

Elle a changé, mais pour devenir meilleure. On a eu tout ce temps, pour repenser de meilleures idées. Je pense qu'en général, un travail qui prend une année (du moment qu'on ne le repense pas plus que nécessaire) sera de meilleure facture qu'un travail qui prend trois ou quatre mois. Aussi parce que parmi tous ses éditeurs qui sont passés, certains avaient de très bonnes idées. 

Une des meilleures séquences de flashback du livre, est le résultat d'un changement, car mon éditeur à ce moment (Kyle avec qui j'avais très peu travaillé) n'aimait pas la séquence que j'avais écrite initialement. J'ai donc dû la réécrire, ce qui m'avait énervé à l'époque, mais je la considère aujourd'hui comme la meilleure séquence car nous avons beaucoup travaillé dessus.

C'est un des rares cas où un comicbook s'améliore grâce aux bouleversements tumultueux que subit le management et l’éditorial d’une maison d’édition. Et le dernier avec qui je vais franchir la ligne d'arrivée s'appelle Karl Bollers, il est fantastique, c'est lui qui apporte tout l'art autour du projet. Ça va être génial.


Penses-tu que le rôle d'un éditeur soit d'apporter des changements à l'histoire ? Car je comprends que chez Valiant, tu dois apporter des ajustements pour être en ligne avec la continuité de l'univers. Est-ce le cas pour Life and Death ? Car ça semble être une histoire prestigieuse sortie en one-shot sans considération pour le reste.

A cause de son temps de production, il est impossible de synchroniser cette histoire avec le reste de l'univers. Il y a un personnage important dans notre histoire qui est mort entre temps dans l'univers Valiant, on va juste laisser ça tel quel.

On espère que le lecteur pourra comprendre, ou on mettra peut-être une sorte de note dans la version finale, que l'histoire se situe à un certain point de la chronologie de l'univers Valiant.

Je pense que le rôle d'un éditeur en général, et spécialement lorsqu'il s'agit d'un univers partagé comme Valiant, devrait aider à découper une histoire. Je pense que d'autres auteurs ne seront pas d'accord avec moi, mais moi j'aime quand un éditeur challenge mon histoire, j'aime avoir des remarques. Je pense que même une mauvaise remarque cache une bonne raison, qui a amené sa formulation.

Les éditeurs peuvent donner la pire version de leurs remarques, ce qui est souvent le cas, qui semblent complètement stupides. Mais si tu t'assois, et que tu réfléchis bien au contenu de ces remarques, tu vas voir les problèmes. Il n'y aucun souci à revoir ton script dans tous les sens pour le rendre meilleur. Je pense qu'un bon éditeur est un bon casseur d'histoire. « Editeur de comics », avec le nombre de casquettes à porter, est un travail fou.

Ensuite, il y a l’univers partagé chez Valiant, DC ouMarvel, où tu dois savoir ce qu'il se passe avec tous les autres comics, et tu dois t'assurer que ton auteur le sache et ne le contredise pas. Je n'ai jamais été très bon pour opérer à l'intérieur d'un univers partagé, comme Valiant. Je suis fils unique, je n'ai pas l'habitude de jouer avec les autres. ChezValiant, nous faisions un sommet quelques fois par an, où tous les auteurs se réunissaient. Ça nous aidait énormément à garder un tout cohérent, en partageant nos idées. Parfois, tu ne savais plus où se termine l'idée de l'un et où commence celle de l'autre car nous passions 2 ou 3 jours dans une pièce à en parler.

Je crois qu'ils ne font plus ça et je trouve que c'est une honte, car c'était une des forces de l'univers partagé.

Finalement, oui, un éditeur fait beaucoup de choses pour un comicbook, c'est un travail de dingue.


As-tu remarqué des changements notables dans le fonctionnement de Valiant depuis l’acquisition par DMG ? Et les départs de Warren Simons et Dinesh ?

Je ne suis pas assez impliqué pour voir ça, je sais qu’il y a eu du mouvement du côté des éditeurs, certains sont partis et d’autres sont arrivés. Ils essayaient de trouver la bonne équipe, et c’est normal. Ils ont dû embaucher des éditeurs rapidement après leur arrivée, et maintenant que l’équipe est en place depuis un moment et qu’ils ont vu son travail, ils peuvent faire quelques ajustements. Les gens qui sont là maintenant sont vraiment géniaux, je pense que Karl et Robert sont vraiment géniaux.

Robert Meier ?

Oui Robert Meier et Karl Bollers, ils sont vraiment géniaux.

S’ils n’étaient pas géniaux, tu ne le dirais pas.

Je ne dirais pas qu’ils sont géniaux, mais je ne dirais pas qu’ils ne sont pas géniaux, exactement.

Il y a de gros investisseurs chez les éditeurs comics aujourd’hui. DMG, une entreprise Chinoise pour l’univers Valiant, Disney pour Marvel et Warner Bros pour DC Comics. Ne penses-tu pas qu’il y a une sorte de danger pour la production des comics ? Qu’ils ne soient plus dédiés pour raconter des histoires mais plus pour vendre des films ou des adaptations ?

Si, je le pense absolument. Premièrement, je pense que c’est un danger plus global, le corporatisme de tous les domaines. C’est fou comment les corporations sont capables de consolider leurs ressources, de consolider leur pouvoir globalement, c’est problématique pour plein de domaines, et ça l’est pour l’art en particulier. Il reste très peu d’endroits dans le marché Nord-Américain où tu fais du comicbook uniquement, où lorsque tu pitche un nouveau comicbook, la personne en face ne va pas se demander si ça fera un bon film ou une bonne série TV. C’est actuellement un positionnement très difficile pour le médium.

C’est une mauvaise période pour être écrivain, il y très peu d’endroits où tu peux écrire pour être payé, et non pour l’intérêt d’une entreprise importante. C’est dur pour le type d’histoires que j’aime raconter.

Parfois, je suis antagoniste au corporatisme, à un système global et homogène de valeurs. Particulièrement lorsqu’on essaie de faire du méga divertissement pour le marché Chinois, Nord-Américain ou Européen. Il s’agit de marchés très différents avec des valeurs très différentes et, franchement, des modèles gouvernementaux très différents qui permettent des formes d’expression différentes.

Donc oui, c’est très problématique et j’essaie juste de naviguer dedans du mieux que je peux. Je ne sais pas si ça sera mon dernier travail chez Valiant.

C’est la question que j’allais poser.

Je ne sais pas actuellement, je ne saurai pas le dire. J’aime beaucoup les gens présents chez Valiant actuellement, les gens qui produisent les comics dans les bureaux. Mais, je ne me suis toujours pas réconcilié avec ce qui est arrivé chez Valiant.

Il y a ce truc américain, et je ne parle pas de DMG et tout, cette tradition américaine où une jeune personne avec une vision part de rien pour construire quelque chose, et un gangster vient ensuite la lui prendre. C’est comme ça que l’Amérique s’est construite. Mais je ne dis pas du tout que ça ait un lien avec Valiant.

Non c’est n’est pas ce que tu es en train de dire [ironique]

Non, c’est ce n’est pas ce que je suis en train de dire.

Mais tu as un grand sourire qui le dit.

Oui, (Rires)


Qu’est ce qui t’as le plus attiré chez Valiant ? Qu’est ce qui t’a fait aimer cet univers quand tu as commencé à travailler dessus ? Tu as travaillé pour DC et Vertigo avant, mais qu’est qu’est-ce qui t’as emmené vers Valiant à ce moment ?

Je ne l’ai pas fait, je n’aimais pas l’universValiant, j’avais juste besoin d’un boulot, c’est tout.

Warren Simons m’avait appelé, je ne le connaissais pas encore. C’était peut-être la première fois que j’établissais une relation avec un éditeur avant d’avoir un travail. On venait de terminer Unknown Soldier chez Vertigo, et pour être honnête, j’avais beaucoup de mal à trouver du travail après, et c’était frustrant. Unknown Soldier avait été nommé pour 3 Eisner Awards, nous avions gagné plusieurs prix par ailleurs, nous étions constamment mentionnés au NY Times, à la BBC. J’avais aussi eu des discussions avec CNBC Africa au sujet des enfants soldats. Je pensais que nous avions quelque chose de très intéressant, mais en réalité, le marketing intermédia pour susciter de l’intérêt n’a pas attiré de nouveaux lecteurs en dehors du monde des comics, et les lecteurs réguliers l’ont trouvé trop déprimant ou quelque chose comme ça.

Est-ce que ça s’est bien vendu ? Car il y a toujours ce décalage entre les nominations pour des prix et les chiffres de ventes.

Je pense que nous sommes restés une année de plus que ce que nous aurions dû. Karen Berger qui était chez Vertigo à l’époque croyait dans ce comicbook, s’est battue pour, et nous a permis de rester pendant une année supplémentaire.

Une fois terminé, je ne sais pas, les gens me voyaient peut-être comme trop sérieux. Ou peut-être le fait d’être allé en Ouganda avec les enfants soldats m’a mis des gens à dos. En définitive, je n’arrivais pas à trouver du travail.

Quand Warren m’a appelé pour me proposer de travailler sur comicbook de super héros pour adolescents, je croyais que c’était un pari fou pour un éditeur. Je ne savais pas si je pouvais le faire, mais j’avais vraiment besoin du boulot.

Dans l’univers original Valiant, j’avais beaucoup aimé le travail de Barry Windsor Smith. J’avais lu ça dans les années 1990 et c’est tout ce que j’en connaissais. Je suis un grand fan de David Lapham, mais je n’avais jamais lu ce qu’il avait fait sur Harbinger. Je ne le connaissais pas jusqu’à ce qu’il fasse Stray Bullet.

Pour être honnête, j’aurais probablement refusé la proposition si j’avais d’autres opportunités, et je suis content de ne pas en avoir eues. C’était une aventure fantastique, j’aime beaucoup les personnages et ce que nous avons construit. Je crois que nous avons construit quelque chose d’unique.

Lorsque Warren m’a appelé, je pensais que le monde n’avait pas besoin d’un nouvel univers partagé super-héroïque. Nous fait quelque chose de différent et nous avons justifié notre position sur le marché, c’était une expérience fantastique.

En tant qu’auteur, comment écris-tu tes scripts ? Et comment travailles-tu avec tes artistes ? Est-ce que le fais à la manière Marvel, en laissant l’artiste faire les scènes, ou est-ce que tu écris des scripts très détaillés où tout doit être comme tu le décris ?

C’est un peu entre les deux. Mes descriptions de cases sont un peu plus détaillées qu’un simple résumé. Un de mes meilleurs amis dans l’industrie, Jeff Lemire, a des scripts très peu détaillés. Moi, je préfère donner une image, pas de la scène et l’environnement car je pense que c’est le travail de l’artiste, mais je veux communiquer une idée émotionnelle à l’artiste.

Lorsque j’ai commencé, on m’a dit que je ne devais surtout pas écrire quelque chose qui ne puisse être dessiné. Je déteste ce conseil, c’est un conseil horrible. J’aime expliquer à l’artiste ce que je veux, je peux donner des tonnes de descriptions qui n’ont rien à voir avec le dessin. Ça peut être un sentiment, une idée, un concept ou bien ce que je pense de ce moment. Et j’espère que ça va inspirer l’artiste.

Pourtant, la plupart du temps, je préfère laisser les artistes s’approprier l’histoire et faire ce qu’ils veulent, car on peut toujours changer le script ou le lettrage. Si un artiste décide de changer toute une page, ça me va du moment que l’intention et le thème restent présents.

Mes scripts décrivent case par case, ce qui se passe et comment je veux que les choses soient agencés, et ils incluent une idée émotionnelle pour l’artiste pour essayer de communiquer.

Aussi, il y un détail d’ordre technique et pratique que j’arrive à respecter dans 90% des cas, c’est d’écrire le script d’une page du comicbook en une seule page de papier, afin que l’artiste puisse la coller sur sa table de travail et avoir une vie d’ensemble de ce qu’il doit dessiner. Et moi, ça m’aide à quantifier le contenu d’une page.

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Arno Kikoo
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Commentaires (4)
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Avatar de Jo Ker

29 Mars 2019

Jo Ker

Les idées de Joshua Dysart sont pleines de bon sens et donnent à réfléchir, cette discussion va bien au-delà du comicbook et mérite une large diffusion en dehors de la sphère des lecteurs que nous sommes. J'ai pris beaucoup de plaisir à faire cette retranscription, et je suis content que les non anglophones puissent y accéder. N'oublions pas de remercier Comicsblog et ArnoKikoo, car ce sont eux qui sont à l'origine de ce contenu.

Avatar de JasperSto

27 Mars 2019

JasperSto

Merci Merci Merci !

Avatar de Milo

27 Mars 2019

Milo

Je n'avais pas encore pris le temps d'écouter le podcast, mais j'ai trouvé le temps de lire l'interview ici. Je t'aime, Comicsblog.

Avatar de Arnaud Lehue

26 Mars 2019

Arnaud Lehue

Excellente interview. J'ai pas encore terminé la dernière partie, mais j'ai lu tout le reste et c'était vraiment hyper intéressent. Ca n'a pas dû être évident de retranscrire toute cet entretien fleuve, donc merci beaucoup à Jo Ker pour le travail fourni. Bref, encore une fois, un très bon travail d'interview. Surtout ici où vous avez le temps d'évoquer pleins de thèmes et avec Dysart qui développe bien ses réponses. Je n'ai jamais rien lu de lui je crois et ça donne envie de se pencher sur son travail, où il a l'air de mettre vraiment beaucoup de cœur à l'ouvrage. J'avais télécharger les numéros 1 que TKO proposait gratuitement et légalement à un moment (je sais pas si c'est toujours le cas) et je risque de me lire ce Goodnight Paradise #1 très bientôt.