L'immense succès d'Aquaman dans les salles de cinéma de par le monde aura, en toute logique, fait bouger quelques lignes dans les politiques internes des studios de la Warner. Plus prioritaires après ce second succès, qui vient confirmer une direction déjà prise sur Wonder Woman pour se distancer des films en univers partagés, les adaptations de DC Comics devraient dans l'immédiat obéir à une direction différente des films Marvel Studios.
C'était l'un des enseignements tirés par la
Time Warner après l'échec de
Justice League, et en parallèle du rachat par
AT&T, d'un grand chambardement dans les effectifs.
Toby Emmerich avait à cette période
pris la tête de Warner Bros. en tant que
chairman, un poste décisif à placer quelque part entre les présidents, vice-présidents et directeurs généraux de groupes de cols blancs où se perdent les figures d'autorité.
Emmerich, interrogé sur l'année qui vient de s'achever et le bilan général de la Warner, a réaffirmé l'idée que les films de super-héros chercheraient moins l'unité des projets typés Justice League.
"Nous avons le sentiment d'avoir pris un tournant. Nous prenons nos décisions en s'alignant sur la méthode DC Comics, qui est très différente de la méthode Marvel. L'univers partagé nous intéresse moins, on préfère prendre les héros films par films. Chaque film a sa propre logique et son propre ensemble créatif. S'il y a une chose à retenir de notre politique actuelle, c'est que les réalisateurs passeront toujours en premier."
Des propos à prendre pour ce qu'ils sont : un discours de président de studio, à remettre dans le contexte d'une stratégie de communication. Derrière le marketing, la politique de
Warner vis-à-vis des réalisateurs serait à relativiser, sur de simples cas comme ceux des films
Flash,
Wonder Woman,
Suicide Squad ou
sur le travail de Zack Snyder différemment apprécié par les décideurs du studio.
A voir maintenant si cette nouvelle direction ne va pas à terme s'inverser à nouveau, lorsque la compagnie se sentira prête ou suffisamment installée pour faire à nouveau confiance à un projet de crossover. Rien ne presse (pour eux, bien évidemment).
21 Janvier 2019
The BatmanD'accord, merci pour la réponse détaillée, je vois ce que tu veux dire. Je pense quand même que sur de plus petits budgets on pourrait avoir quelque chose de plus personnel. Si Warner multiplie cette façon de faire on peut s'attendre à plusieurs projets types Birds of Prey et ça je ne dis pas non. Parce que finalement, Warner était connu (avant le DCEU) pour être un studio où les réalisateurs pouvaient être un peu plus libres que chez la concurrence. Peut-être qu'avec cette nouvelle direction on reviendra, ne serait-ce qu'un peu, à cette politique. Ca correspondrait à la volonté de la nouvelle direction de mettre de nouveaux personnages sur le devant de la scène tandis que les têtes d'affiche continueraient leur chemin. On aurait quelque chose de plus personnel sur les premiers et quelque chose de plus blockbuster, de plus "formatés" sur les seconds. Ne lancer des projets mineurs que si des réals ont une vraie idée derrière la tête. C'est peut-être un peu naïf mais j'y crois un peu.
19 Janvier 2019
CorentinEt ça, je pense qu'on peut très généralement dire que c'est pas pour demain.
19 Janvier 2019
CorentinMaintenant la différence réside dans le double discours : est-ce qu'en tant qu'entité dirigeante, la Warner va imposer ce qu'elle a imposé à Zack Snyder, à savoir des reshoots qui contreviennent à son style, des réécritures qui vont à l'encontre de ses propres plans et un réalisateur secondaire pour "finir le film", ou à David Ayer en retirant le montage final à de futurs cinéastes ? Certainement que non (ou bien, il faut l'espérer).
Mais ça ne veut pas dire que le réalisateur vient en premier. C'est très rare sur ce genre de projets de toutes façons - ce qui va plutôt se passer, c'est que les réalisateurs seront laissés tranquilles tant qu'ils rendent une copie correcte. Et donc, on va verrouiller plus précisément ce qu'on attend d'eux en amont. C'est pour ça, je pense, que le film Flash a mis aussi longtemps à trouver des réalisateurs et a été réécrit quatre fois.
Mais ce que la phrase laisse entendre, c'est que Warner repart dans une politique d'auteur avec des visions tranchées.
19 Janvier 2019
CorentinAquaman a difficilement pu profiter d'une politique différente, attendu qu'il a été mis en chantier longtemps avant les changements internes de la Warner. Et le fait est que ce film ressemble d'assez loin au travail de James Wan en tant que metteur en scène indépendant - on retrouve l'humour, la romance, l'histoire d'origines qui avait profité à Wonder Woman.
Au-delà de tout critère qualitatif : c'est un produit de commande. James Wan est un cinéaste capable de se mettre au service des studios, il l'a prouvé avec Furious 7 (qui ne ressemble pas non plus à son travail en solo' sur ses propres créations). Et le fait est qu'il n'hérite d'aucun crédit à l'écriture, ce qui est le cas sur les films Insidious ou Conjuring généralement.
19 Janvier 2019
The BatmanGlobalement je trouve cela encourageant et je préfère voir ce genre de films pour l'instant.
"Derrière le marketing, la politique de Warner vis-à-vis des réalisateurs serait à relativiser, sur de simples cas comme ceux des films Flash, Wonder Woman, Suicide Squad ou sur le travail de Zack Snyder différemment apprécié par les décideurs du studio."
Concernant cette partie je ne suis pas tout à fait d'accord. Les cas évoqués sont antérieurs à la période Emerich donc je ne suis pas sûr que ce soit si pertinent de relativiser cette déclaration avec ces exemple. Surtout qu'on a des contre-exemples aujourd'hui. Le cas Birds of Prey ou surtout Forbes (qui est une source plutôt fiable) qui indique que Warner a donné toute la liberte nécessaire à Reeves pour faire son ou ses film(s) Batman comme il l'entendait. Et indépendamment de la partie qualité, Aquaman semble aussi avoir bénéficié de cette politique.
19 Janvier 2019
sergio"L'univers partagé nous intéresse moins, on préfère prendre les héros films par films. Chaque film a sa propre logique et son propre ensemble créatif. "
Des films stand alone avec leurs propre style, leurs propre ton, a l'ancienne quoi ! good news ! a bas l'uniformisation !