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The Wolf Among Us: Episode 1, la critique

The Wolf Among Us: Episode 1, la critique

ReviewJeux vidéo
On a aimé• Un récit fort et soutenu
• L'accessibilité de l'œuvre même pour les néophytes de l'univers
• Le parti graphique cohérent
• Le doublage et les dialogues sublimes
On a moins aimé• No f**** french subtitles
• Des ralentissements gênants
• Un ryhtme légèrement plan-plan
Notre note

Entre deux combats Pokémon opposant mon Cabriolaine niveau 26 et un Étourvol qui tente vainement de m’intimider, entre deux mouchages glorieux dû à un nez aussi rouge qu’épuisé, le temps de cerveau disponible et frais qu’il me restait a été attribué au premier épisode du nouveau Telltale Games : The Wolf Among Us. Si ma vie n’est pas à la hauteur d’un conte, il semble que les développeurs aient un don certain pour mettre en mouvement celui de Bill Willingham et de son œuvre Fables. Après les zombies, les princesses pointent, mais cliquent aussi.

Puisque mes lèvres sont scellées, ce qui suit est garanti sans spoiler.



À New York vit une communauté de gens cherchant à se fondre dans le décor mais qui sont pourtant connus de tous. Petits, ces êtres fourmillaient dans les livres posés au bord des tables de chevets, la Belle, la Bête, Pinocchio, les sept nains, tous existent réellement, on les nomme les Fables. Fableville est leur territoire et si tout ce petit monde cohabite, c’est par une organisation stricte dont une des pièces maîtresses est son Sherrif, Bigby Wolf, plus communément appelé Le Grand Méchant Loup. Il n’est pas la loi mais il est ici pour qu’elle soit respectée. Bourru, mal dégrossi et mal rasé, le détective est peu bavard si le joueur décide volontairement de ne pas répondre à toutes les questions. Le début de l’histoire le mène vers une scène de ménage bruyante et violente, menée par son faux frère de toujours le Bûcheron.
Bigby y fait la connaissance d’une belle brune aux yeux verts et au ruban violet et si elle, connait le loup sur le bout de ses ongles longs, la réciproque n’est pas vraie. Le conte de fée tourne au vinaigre, la vie des Fables, pourtant loin d’être rose, va vivre des heures sombres marquées de meurtres et de mystères.



Ce qui vous sautera aux yeux, c’est avant tout la patte et le parti graphique. Le moteur n’a pas changé, les manipulateurs de papier mâché et de gros feutre noir ne seront pas déçus, mais si la forme reste, le fond et les couleurs sont radicales. Le violet, les néons froids et l’aspect figé du décor (encore plus que sur Walking Dead) peuvent, à mon sens, rebuter mais sont en définitif un choix sensé par rapport au contenu. Le problème de ralentissement intempestif à certains changements de caméras est toujours présent, preuve que le studio a encore de la marge pour se voir attribuer une troisième étoile au guide Michelin. Néanmoins comparer les jeux Fables et Walking Dead est un tort. Si avec Walking Dead, Telltale s’est permis de créer une histoire parallèle sans pour autant dénaturer le récit de base, les choses sont différentes avec l’univers de Fables avec lequel Willingham a posé nombres de jalons que l’on ne peut se permettre d’ignorer. Avec ou sans bagage, les mains dans les poches ou dans les livres, le jeu est accessible, pont parfait pour les néophytes d’une des plus belles sagas de ces dernières années dans le 9ème art. Les dialogues sont ciselés et interprétés par une branche anglaise de doubleurs magistraux; bons acteurs anglais, pléonasmes. 



Le joueur fouille à travers une interface revue pour les raisons évidentes de changement d’univers, déplace le balai arqué qui lui sert de personnage et agit sur son environnement sans vraiment devoir se torturer le cerveau pour résoudre des énigmes qui avouons-le, n’ont d’énigmes que l’odeur. Ce qui importe n’est pas la manière dont le stick sera bougé ou quel skill sera déployé, seuls les choix comptent. Parfois mineurs sur le moment, une réflexion de travers ou un chemin emprunté modifie la façon de jouer de chacun. Le joueur s’approprie l’histoire à défaut de s’accaparer les mouvements des uns et des autres.
Point bonus, les « Book of Fables » pourront, à votre envie, compléter votre soif de contes et légendes et d’explications supplémentaires sur les personnages et leurs situations.
Son point faible, les traductions, enfin manque de traduction en français. Le joueur s’en accommode avec un bon niveau d’anglais mais pourquoi, juste pourquoi ?!
Autre point faible évident, sa lenteur.  Deux heures c’est court mais parfois long, les trop rares scènes d’action, dynamiques et aux QTE appréciables, sont trop espacées pour oublier le côté pantouflard du temps passé. Seulement l’immersion est si forte qu’elle implique qu’une balade en taxi poignante et pourtant si anodine, prouve que l’équipe maîtrise son sujet. Pas de petite fille à tenir par la main mais le joueur se pose trois questions pour une réponse. Alors oui le jeu parlera moins aux accrocs des infectés, l’élitisme forcé va être un frein pour nombre de joueurs mais quelle erreur ferriez-vous de ne pas essayer de vous glisser dans la peau du loup.



Le dernier jeu contenant « Among Us » dans son titre, était une simulation de carnaval de Rio qui tournait à la baston. Merci Telltale pour remémorer à tous que parmi nous se cache des personnes aux talents monstres et capables de produire un jeu vidéo vecteur des sentiments rares. En un peu plus de deux heures, les conteurs que sont maintenant ces développeurs, posent les bases d’une histoire qui, comme sa grande sœur, vous feront frémir d’impatience pour ses dénouements.
Même si quatre épisodes vont suivre, si Telltale cherche de nouvelles inspirations, un certain John Blacksad pourrait peut être les passionner, comme ça, par hasard.
 

Cynok
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