
Si vous ne le savez pas encore, avant d\'être une gamme de jouets avec lesquels nous avons tous joué et une série télé avec un générique que nous connaissons tous par coeur, les Teenage Mutant Ninja Turtles ont d\'abord vu le jour en comics en 1984 sous la plume de Kevin Eastman et Peter Laird. Depuis la série originelle chez Mirage, la qualité en comic book n\'a que rarement été au rendez-vous. C\'est donc avec une grande appréhension chez les fans qu\'IDW, éditeur spécialiste de l\'utilisation des licences, relançait donc les TMNT. Mais pour une fois, le relaunch pouvait faire naître une lueur d\'espoir chez les lecteurs par la présence d\'un des papas des tortues dans l\'équipe créative : Kevin Eastman. Restait à savoir si son nom n\'était pas juste présent sur la couverture pour faire vendre...
Avec le ramdam New 52, le premier numéro n\'a pas eu une grosse exposition. Encore moins que Fear Itself, qui a été enterré bien avant sa conclusion tellement DC attirait toutes lumières. Et pourtant... En une semaine, le premier print et ses plus de dix variant covers ont toutes trouvées preneuses, notamment par les fans (comme moi) qui en ont pris plusieurs. Après tout, même si c\'était raté, au moins les couvertures sont sympa. Mais il n\'en était rien. Ce premier numéro est absolument remarquable et faisait presque oublier que la semaine d\'après, Justice League débarquait dans nos bacs. Bon, quand même pas. Car Dan Duncan n\'est pas Jim Lee, et Tom Waltz n\'a aucunement pas la renommée de Geoff Johns. Kevin Eastman est bien crédité sur l\'histoire et les layouts, et il n\'est pas là que pour faire de la figuration, la patte Eastman est bel et bien présente. Dans les annotations de l\'édition Ultimate tome 1, Kevin Eastman et Peter Laird expliquent le processus de création du premier single en 1984 et notamment les premières pages dans le même style que Kirby : une première planche pour présenter la situation, les personnages, et surtout faire monter la tension, suivie d\'une splash page avec une scène de combat. Prenez les deux numéros #1 (de 1984 dans une réédition et celui de 2011) et comparez la composition. Tom Waltz est bien connu de la maison IDW pour avoir écrit de nombreuses adaptations de licences en comics (Silent Hill, Duke Nukem, Dead Rising...) tandis que Dan Duncan, tout fraîchement sorti de l\'Academy Kubert en 2007, est quasiment un inconnu dans le circuit. Le résultat est plus que bon et surtout appuyé par une colorisation remarquable de Ronda Pattison rendant l\'ensemble très cohérent. Un univers que l\'on connait tous est ici réintroduit sans fausse note et sert tout autant de point d\'entrée aux néophytes qu\'aux fans de la première heure.
Des débuts lents mais solides
A tout relaunch, la question se pose : jusqu\'où réinventer les origines ? Que faut il garder ? Nous sommes ici dès le début plongés dans le vif du sujet avec une bataille des rues mettant aux prises trois tortues et leur maître rat avec une bande menée par un chat. Jusque là, tout est normal me direz vous. Le premier arc composé de quatre singles sert vraiment à poser des bases solides pour une série qui souhaite s\'installer dans la durée. Comment les animaux sont devenus des humanoïdes ninjas, la séparation d\'un des frères et la quête des trois autres pour le retrouver, ainsi que la présentation de menaces plus profondes, tout est présent. Quatre numéros, c\'est pile ce qu\'il faut pour réunir l\'équipe sans que cela traîne trop en longueur. L\'action n\'est pas toujours présente, mais cette introduction était nécessaire. L\'univers est très riche et des personnages comme Casey Jones, ou April O\'Neil se voient réinventés et sont réintroduits en douceur pour monter en prendre de l\'importance le moment venu.
Le background étant posé, les choses sérieuses pouvaient enfin commencer... Mais pas avant un numéro.
La réincarnation au coeur des TMNT
Pendant l\'arc introductif, à plusieurs moments des pistes concernant des notions de réincarnation ont été évoquées, laissant le lecteur un peu dubitatif. Mais avant de rentrer dans l\'action et le second arc, le cinquième numéro sorti pour Noël se pose en fill-in, et pour le moment est le meilleur de la série. Une bonne partie du récit se passe dans le Japon féodal et le parallèle avec l\'époque contemporaine voyant nos quatre tortues et Splinter évoluer est parfaitement maitrisé. Tout trouve un sens logique, ou tout du moins rationnel. L\'apport de papa Eastman se fait énormément sentir tellement l\'écriture des tortues est maitrisée tout en ayant un vent de nouveauté grâce à Waltz. Ce single n\'est que la confirmation que ce titre n\'est pas là pour ne faire que du fan-service et de l\'exploitation facile de licence. Sa présence dans nos bacs au bout d\'un an et la qualité toujours présente confirment qu\'ils ne veulent pas rester dans le superficiel. Dans les numéros suivants, la réincarnation sera à nouveau abordée, un sujet de discorde entre Leonardo le leader et Donatello le scientifique, et surtout au coeur même d\'une grande rivalité. Cet épisode passé, la série pouvait reprendre et plonger réellement dans l\'action. Il aurait été difficile d\'aborder cette thématique (qui n\'est pas nouvelle dans l\'histoire des tortues) par fractionnement dans les quatre premiers numéros, ce qui aurait énormément perdu de son impact.
Un vieil ennemi
La fratrie est réunie, les bandeaux colorés parfaitement amenés, la première aventure des Teenage Mutant Ninja Turtles peut enfin démarrer. Tout commence par une confrontation avec d\'autres Ninjas membre d\'un mystérieux groupe, le Foot Clan. Les pièces du puzzle vont alors progressivement se mettre en place : des personnages aperçus depuis le début vont prendre plus de profondeur petit à petit, d\'autres vont apparaître, et ce aussi bien du côté des alliés que des ennemis. Baxter, Krang, Schredder, tous sont présents même si c\'est ce dernier qui est le plus en vue dans cet arc. On a même le droit à la présence des Mousers pour un envahissement des égouts de la famille et l\'enlèvement de Splinter. Le maître rat, réincarnation d\'Hamato Yoshi, est en effet au centre de toutes les attentions car il est le patient zéro des essais du mutagène.
Mais il ne s\'agit pas que d\'une série avec des ninjas et des animaux mutants. Casey et April font partie intégrante de cet univers. Il aura fallu attendre six singles pour qu\'ils se rencontrent mais derrière, toutes leurs confrontations font mouches. Il aurait pu être difficile de donner un minimum de corps et de profondeur à ces humains au milieu de personnages si charismatiques mais il n\'en est rien. Si le dessin des tortues est bien plus convaincant que pour Casey et April (Duncan semblant plus à l\'aise sur l\'anthropomorphisme) au niveau de l\'écriture il n\'en est rien. Jones monte progressivement en puissance pour se dévoiler comme un véritable ami de Raphael, et allié de la fratrie. April était elle présente alors que les tortues n\'étaient que des animaux de laboratoire. C\'est d\'ailleurs elle qui leur a donné les noms de grands artistes. La première rencontre entre la jeune étudiante scientifique (elle n\'est plus reporter comme dans la série animée) et les quatre tortues est assez remarquable tant elle était également attendue. Du côté des alliés humains, on notera également la présence des Purple Dragons et d\'Angel, montrant encore une fois la volonté de Waltz et Eastman d\'utiliser tout ce qui a été fait dans les Tortues Ninja depuis leur création.
Le cinquième single est utilisé pleinement pour amener à l\'affrontement final entre Splinter/Hamato Yoshi et Schredder/Oroku Saki. La tension dans les derniers singles est à son maximum. Splinter passe sur le devant de la scène pour révéler sa vraie puissance et montrer qu\'il n\'est pas que le catalyseur du scénario en étant porteur du mutagène. Il est au contraire LE ninja principal, celui par qui tout a commencé au Japon féodal, et celui à travers lequel les quatre tortues vivent. Le douzième single sorti en juillet conclu cet arc d\'une bien belle manière bien qu\'il ne soit sans réelle surprise. Beaucoup d\'éléments introduits n\'ont pas encore été utilisés, laissant ainsi d\'énormes portes ouvertes et des possibilités pour la suite...
Un an après, cette série qui sentait mauvais la mauvaise utilisation de licence se révèle finalement très bonne. Ce qui était au départ une bonne surprise s\'est confirmée comme étant une des ongoing marquantes de l\'année. L\'équipe créative composée de Kevin Eastman, Tom Waltz, Dan Duncan, et Ronda Pattison fonctionne à merveille, chacun apportant sa pierre à l\'édifice pour convenir autant au nouveau lecteur qu\'aux fans des TMNT. Chaque personnage est parfaitement caractérisé et a ses moments de gloire, aucun ne truste le haut de l\'affiche.
Et la VF ?
Les Tortues Ninja ne sont pas restés de l\'autre côté de l\'Atlantique et ont bénéficié d\'une édition française par Soleil dans un format Hardcover. Au jour d\'aujourd\'hui, deux tomes ont déjà vu le jour, chacun regroupant quatre singles pour un prix assez élevé de 17€ chacun. On ne peut aussi que déplorer quelques approximations de traduction et de non-sens ainsi que des erreurs dans l\'édition (négligeables mais malheureusement existantes, comme les numérotations de la cover-gallery). Il faut cependant noter la rapidité de parution en France avec seulement trois mois d\'écart avec la sortie du dernier single VO, ainsi qu\'une très bonne promotion du premier tome couplée à l\'arrivée de la future série animée qui a fait renaitre un élan de nostalgie TMNT auprès d\'un très grand nombre.
15 Septembre 2012
thombuilderQuelqu'un aurait un tuyau de derrière les fagots pour que je me procure toutes les issues de l'ongoing et des mico series sorties depuis l'année dernière ? J'ai râté le coche de ce revival et je m'en mords les doigts (je sais que je pourrait faire autrement mais c'est le format issues qui m'intéresse) C'est quasi impossible à trouver (et c'est normal cela dit) et mes recherches ont été infructueuses pour le moment!! merci d'avance
11 Septembre 2012
ApteisFaut pas croire que tout ce que je dis n'est que fanboyisme, j'essaie au contraire de prendre énormement de recul dans mes critiques sur les TMNT ^^
09 Septembre 2012
b_stialParfaitement d'accord avec DedDum, les deux premiers volumes sont excellent et ça fait plaisir de retrouver les TMNT
09 Septembre 2012
CedDumJe viens d'acheter les deux premiers volumes de Tortues Ninja, pousé par les critiques du site. Et... c'est vraiment sympa ! J'étais resté sur la série télé des années 80 et vraiment, ce reboot est de très bonne facture. Les bouquins se lisent d'une traite. Il est difficile de le fermer avec la fin. J'attends du coup le numéro 3 avec impatience...
23 Aout 2012
jujuofadownSuper dossier, toujours avec la série animée en tête, cela faisait des années que je n'avais pas lu/vu de nouvelles aventures des tortues... je me suis jeter sur cette série.... j'attend chaque volets avec impatience
19 Aout 2012
hotokeokay merci Apteis! Le old school me dérange pas du tout vais voir pour les singles^^
19 Aout 2012
ApteisLe tpb TMNT Classic contient certains numéros non publiés dans l'Ultimate Collection, ce qui est fort dommage. L'ancienne série est à mon goût géniale, mais c'est du old school, faut aussi accrocher au style (ce que je sais n'est pas le cas de tout le monde). Il y a les singles Color Classics pour moins cher pour te donner une idée.
19 Aout 2012
hotokeJe me tâte à choper le tpb tmnt classic vol 1, le nouveau comics est cool mais je sais pas ce que vaut l'ancien.
18 Aout 2012
The Renegatorj'ai laché les TMNT en 1989 quand le dessin animé m'a pourri cette serie qui dépotait . Eastman est un tres bon, mais des fois on se demande comment il gère la licence ...............Mickael Bay................ a ce demander si ilprepare pas un Transformers VS TMNT VS Battleship. Ceci dit, ce dossier me donne envie de m'y remettre en BD. Merci Apteis
18 Aout 2012
The NegArnoSuper dossier ! Je pense que je vais commander la nouvelles série TMNT pour rattraper mon retard