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Mister Miracle #1, la review

Mister Miracle #1, la review

ReviewDc Comics
On a aimé• Le côté humain d'un New God
• Les références au 4th World
• Un numéro très psychologique
• Mitch Gerads
• Darkseid is
On a moins aimé• Une grosse contradiction de continuité
• Si vous n'aimez pas les tics de Tom King
• Pas vraiment accessible
Notre note

Scénariste en pleine montée depuis ses débuts chez DC Comics avec Grayson, Tom King a vu chez l'éditeur à deux lettres les succès critiques se multiplier (The Omega Men, The Sheriff of Babylon chez Vertigo) et a accédé rapidement au statut d'auteur star. Le voilà à présent scénariste sur le titre phare Batman, et aux commandes d'une nouvelle maxi-série pour Mister Miracle. Une façon bienvenue, comme d'autres cette année, pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Jack Kirby, mais le projet est également alléchant pour la présence de Mitch Gerads aux dessins. Les deux ont travaillé ensemble sur le Sheriff et ont démontré une fois de plus leur savoir faire au cours d'un diptyque sur Batman au mois de janvier dernier. On comprendra donc que les attentes sur ce premier numéro seront élevées, reste à voir si elles pourront être comblées. Et ça tombe bien, on est là pour en parler. Maintenant.

Tom King ne fait jamais les choses comme on s'y attend, et avec un personnage tel que Scott Free, il ne fallait pas croire qu'on aurait droit à du super-héroïque classique. L'auteur ramène le personnage dans une vie qui rappelle celle qu'il avait à la période JLI - tenant d'avoir une vie normale avec Barda, mais il est rattrapé par plusieurs démons intérieurs qui n'ont cesse de le ronger. Scott souffre dans sa tête, et l'auteur arrive très bien à le montrer. Peut-être parce que le numéro s'ouvre sur une tentative de suicide (notez la rhétorique de ce "peut-être") ou parce qu'on sent au travers des dessins de Gerads tout le mal-être qui habite Scott. Mister Miracle #1 est un numéro qui nous parle de dépression, de celle qui rend vraiment malade, et contre laquelle il tente de se relever - avec un certain sens de la métaphore là dedans. Mais le héros est aussi en proie à des angoisses et des hallucinations, et manifeste les signes d'un stress post-traumatique. Les raisons semblent être autres que ce qui le pousse à commettre cet acte terrible en ouverture, et si on peut penser aux évènements de Darkseid War, il y a peut-être une autre raison que l'auteur se garde bien d'expliquer.

 

Un numéro qui tire beaucoup sur le côté émotionnel de Scott Free, de ses sentiments, de sa psychologique, mais qui n'en oublie pas pour autant tout l'univers qui gravite autour du personnage. Il aurait été presque sacrilège de ne faire aucune mention du 4th World, et les lecteurs seront alors servis. Parce qu'une multitude de personnages, plus ou moins connus de cet univers, feront leur apparition avec une caractérisation que l'on reconnaît à chacun. Ainsi, Orion est plein de fougue, Barda a un caractère toujours aussi bien trempé, et on reconnaît la légèreté d'Oberon, qui n'est d'ailleurs pas le seul clin d'oeil que fait King à l'histoire de Mister Miracle, et à ce qu'a créé Jack Kirby. On peut parler du poster affiché dans son salon, en fait la couverture du tout premier Mister Miracle #1 du King (peut-on faire plus méta ?), de l'identité plus que supposée d'un certain présentateur TV, des références parlées au reste du 4th World. Ce sont des éléments qui sont présentés ça et là mais avec une certaine délicatesse, ce qui fait que le lecteur aguerri sera caressé dans le sens du poil mais sans autant laisser pour compte le nouvel arrivant. Quoique cette déclaration mérite quelques nuances, mais on y reviendra après. 

Parce qu'outre l'aspect du titre et son environnement, il faut aussi parler de l'histoire. En dehors du mal-être de Scott, King prépare également un récit qui semble plus carré, avec en toile de fond une nouvelle guerre menée par Darkseid. C'est du moins ce qu'on nous en dit, et je profite de ce paragraphe pour souligner des gros trous de continuité qui perturbent la lecture. Il y a d'abord le fait que Darkseid n'est plus (malgré ce qu'on nous répète tout au long du numéro), ou du moins très diminué depuis sa dernière apparition ; à la fin de Darkseid War, il était retourné à l'état d'enfant, élevé par Grail, et il est donc très surprenant de le voir de nouveau avec ce semblant de toute puissance sans qu'on ait pu suivre une quelconque évolution. Dans le même ordre, le récit semble de toute façon avoir été occulté par King puisque Barda était censée avoir rejoint les Furies d'Apokolips et laissé Scott Free tout seul. Cet abandon pourrait d'ailleurs être une autre raison de l'état de stress de Scott, mais rien ne nous est dit dans ce sens. Si les explications pourront venir par la suite, elles manquent clairement ici, et sont d'autant plus gênantes que King a expliqué que Mister Miracle se déroule bel et bien dans la continuité de Rebirth. On attendra donc pour savoir s'il s'agit d'un véritable oubli ou si King a quelque surprise en préparation.

 

Toujours à propos de King, il faut aussi prendre conscience que l'auteur a un style assez particulier, qui joue beaucoup sur la répétition (de phrases, de scènes) et que cela ne pourra pas convenir à tout le monde. D'autant plus que les dessins de Gerads ne sont pas les plus accessibles non plus. Il y a un savoir-faire certain, que ce soit dans le découpage et cette fameuse narration en neuf cases que le duo s'est appropriée, ou dans les dessins qui, malgré un trait assez simple, parviennent à transmettre de multiples émotions. Le design aussi des New Gods allie modernité, tout en respectant ce qu'avait imaginé Kirby il y a des décennies. Mais le trait est également couvert par des couleurs qui marquent encore plus la personnalité du dessin, et des effets visuels qui renforcent le sentiment de malaise (le passage à la TV est assez magistral à cet égard) ; mais qui pourraient aussi lasser à la lecture.

De même, j'exprimais plus tôt une lecture qui est abordable par tout un chacun, mais Mister Miracle #1 ne donne pas énormément de clés de compréhension de l'univers dans lequel il vit. Et ceux qui n'ont jamais eu connaissance des travaux de Kirby - ou de ce qui en a découlé par la suite - pourront se sentir légèrement perdus. Mais surtout, ils passeront à côté de beaucoup de choses, et une seconde lecture, une fois que culture sera forgée, sera vivement conseillée. Pour le reste, on tient là dans les mains une lecture très forte. Le "Darkseid is" fait véritablement son effet menaçant, le côté plus classique en fin de numéro compense par son côté entraînant, et il n'y a pas grand doute sur le fait qu'une majorité de personnes devrait poursuivre l'aventure au prochain numéro. 

Mister Miracle, par son équipe créative, avait tout d'un projet qu'on a envie d'aimer. Et à la lecture, le verdict est sans appel : on aime. Parce que King use de ses talents scénaristiques pour nous parler d'un personnage torturé par des angoisses on ne peut plus humaines. Parce que l'héritage de Kirby réussit à vivre de multiples façons tout au long du numéro. Parce que Mitch Gerads est l'un des meilleurs alliés au script de l'auteur. Et si l'on peut reprocher la présence de gros trous dans la continuité récente, ils ne viendront certainement pas gâcher la lecture d'un des singles les plus chouettes proposés par DC cette année. Et pourtant, ils sont déjà nombreux. 

Arno Kikoo
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