
C'est désormais une tradition : avec chaque nouveau chapitre de la saga Absolute Batman, les fans s'attendent désormais au comparatif des esthétiques, des origines et des alignements qui séparent les personnages de cette version du canon et ceux de la réalité traditionnelle de la Terre-Prime. Et tous les épisodes de ce grand feuilleton des sept différences ont tenu cette promesse pour le moment. A chaque fois, on réinvente les costumes, on reprend tel ou tel justicier, tel ou tel vilain sous un angle inédit - et plus encore que de suivre une histoire bien ordonnée, le lectorat peut ainsi explorer cette déformation maximale de Gotham City comme un cauchemar éveillé, constellé de figures à la fois familières et inhabituelles. Prochaine étape : les orphelins.
Cette façon de faire peut même se comprendre comme une sorte de commentaire critique de la part Scott Snyder contre certains des fondamentaux de la mythologie Batman. Ce n'est plus un secret : dans cet univers, ce n'est pas le milliardaire qui sauve la ville d'un péril en provenance des quartiers pauvres et sans lois... mais au contraire, un personnage issu des zones défavorisées en conflit ouvert avec un riche héritier en forme de monstre inhumain. De nombreux autres exemples ont enrichi cette optique d'une relecture féroce, qui appuie sur les clichés poussiéreux de Gotham City pour s'en amuser autant que pour les démolir, entre les mains d'un scénariste qui aime frapper aux bons endroits.
Or, qui de mieux que Robin pour incarner la longue liste des problématiques associées au motif de la chauve-souris ? Dans la lignée de Frank Miller ou de Darwyn Cooke, l'idée d'un justicier aux commandes de sa propre armée d'enfants soldats n'a jamais été du goût de Scott Snyder, qui aura toujours préféré développer les aventures d'un Batman solitaire (ou au mieux, complété par ses propres héritiers désignés, Harper Rowe et The Signal) lors de son volume pendant les New 52. Avec Absolute Batman, le scénariste a donc misé sur une nouvelle critique plus acerbe, qui va encore une fois rapprocher le Joker du Bruce Wayne canonique.

Sans déflorer le programme pour celles et ceux qui ne seraient pas encore au fait des derniers rebondissements... mettons que les porteurs du costume de Robin ne seront pas, pour une fois, de simples orphelins secourus par un milliardaire bienveillant et heureux de monter sa propre famille de garçons susceptibles de l'assister dans sa guerre contre le crime... Ou alors, peut-être que si ? C'est un peu compliqué. Vous verrez bien.
En attendant la sortie d'Absolute Batman #20, qui explorera cette nouvelle aventure en compagnie des pitchounes de Gotham City, DC Comics a présenté les couvertures variantes prévues pour ce numéro dans l'idée de faire l'appel et d'afficher les designs des Robins du monde absolu. Ils ont leurs propres gadgets... et même leurs propres armures de combat. Pourquoi ? Mais surtout : pourquoi pas ? Les illustrations en question sont signées Jahnoy Lindsday, Javier Rodriguez, Kyuyong Eom, Nick Robles et Rickie Yagawa.
Sortie prévue pour le 13 mai 2026.




