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The Man Who Beat the Man : un comics sur la boxe par Gail Simone chez Dark Horse

The Man Who Beat the Man : un comics sur la boxe par Gail Simone chez Dark Horse

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Relativement peu représentée dans le monde des comics, en comparaison des deux autres grands secteurs de production d'art séquentiel entre l'Europe et l'Asie, la boxe s'invite dans l'actualité de l'industrie pour une série originale annoncée chez Dark Horse. La maison d'édition s'est effectivement associée aux équipes du magazine The Ring, véritable institution référente de la presse spécialisée dans l'étude de cette discipline (voire même : instance dirigeante pour une bonne partie de la compétition, mais ceci est une longue histoire) dans l'idée de produire une série en huit numéros dédiée aux sportifs du noble art.

Et pas avec n'importe qui, puisque la grande Gail Simone (Wonder Woman) se chargera du scénario, en compagnie de l'artiste Elisa Romboli (Alice in Leatherland) aux dessins. Le projet est attendu pour cet été sous le titre The Man Who Beat the Man.

Let's Get Ready to Rumble

Le nom même de ce projet renvoie aux arcanes fondamentales du sport depuis ses débuts : dans la tradition des compétitions de boxe, l'idée de "l'homme qui a battu l'homme" sous-tend tout le principe de la passation du titre de champion par linéarité. Il existerait ainsi un premier champion, lauréat des ceintures les plus anciennes encore en activité dans le présent (fédération World Boxing Association, héritière de la National Boxing Association fondée en 1921), qui aurait été battu par le champion suivant, puis le champion suivant, puis le champion suivant, etc. Théoriquement, les champions actuels (en incluant les ceintures supplémentaires, les super-champions et les départs en retraite irrésolus) seraient donc les descendants directs des premiers combattants d'autrefois. 

Et pourtant, Simone et Romboli ne comptent pas forcément se préoccuper de cette seule notion des ceintures ou des nombreuses complications qui entourent ce sport aux nombreuses instances périphériques. L'histoire proprement dite devrait surtout s'intéresser au parcours de deux journalistes professionnelles, une ancienne de la rédaction de The Ring, équivalent local d'une Lois Lane chevronnée et pugnace, et une jeune débutante, passée par le domaine du podcast avant de décrocher un contrat de commentatrice pour les combats retransmis sur le petit écran. Ensemble, celles-ci vont s'embarquer dans un long périple pour rencontrer les nouvelles étoiles montantes de la boxe, et explorer les profils, les problématiques et les parcours individuels qui composent l'avenir immédiat du noble art.

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Le communiqué de presse ne précise pas si ces vraies-fausses interviews auront pour objectif de faire la publicité de véritables personnalités actuellement en compétition pour l'une ou l'autre ceinture... ce qui ne serait pas forcément idiot, puisque Ring Magazine, loin d'être un simple organe de presse, fait aussi partie des "promotions" sportives les plus importantes de la discipline. Ceci étant, et faute de plus amples informations, parions sur un pur exercice de fiction.

Pour le descriptif officiel :

"The Man Who Beat the Man suit le périple de Cameron Duggan, journaliste chevronnée du magazine The Ring, et Lisa Wolfe, une figure montante de la télévision, ancienne spécialiste du monde des podcasts sportifs devenue commentatrice récemment. Au fil de leurs déplacements dans le monde entier, à la recherche de la nouvelle génération de prétendants au titre, celles-ci vont découvrir l'ambition qui anime les athlètes, mais aussi les rivalités et les enjeux politiques qui façonnent ce sport au plus haut niveau."

Sans avoir besoin de pénétrer dans ce terrier du lapin un rien conséquent, il ne serait pas idiot de comprendre l'annonce de cette série comme la résultante d'un effort plus global de mise en avant de la boxe par les équipes de Ring Magazine depuis l'an dernier. Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, cette revue spécialisée (vieille de plus d'un siècle) fait effectivement partie des propriétés de l'empire du divertissement saoudien depuis un peu moins de deux ans : Turki Alalshikh, sorte d'équivalent local du ministre des sports et des loisirs au service de cette puissance du Proche Orient, se revendique volontiers comme un énorme passionné de la boxe anglaise, et cultive depuis peu un plan de conquête globale de cette discipline.

Celui-ci a même largement investi le créneau sur un plan personnel via l'enclave de divertissement Riyadh Season, en organisant toute une variété de combats extrêmement coûteux, extrêmement médiatisés, et sponsorisés par l'argent du régime. Dans le même temps, le fonds souverain d'Arabie Saoudite s'est aussi associé au groupe TKO (WWE/UFC) pour le lancement d'une nouvelle fédération de boxe aux Etats-Unis, Zuffa Boxing, en pariant au passage des soutiens politiques dont profite le régime depuis la Maison Blanche pour faire réviser la principale juridiction de régulation de la boxe en Amérique du Nord (Ali Act) afin de favoriser ce vaste plan de conquête.

En profitant de l'assise médiatique de Ring Magazine (une sorte de "promotion" annexe qui compte aussi sur sa propre ceinture de super-champion), l'objectif serait donc de remédiatiser la boxe comme un loisir populaire aux Etats-Unis. De fait, cet effort risque bien de nécessiter un certain nombre d'investissements périphériques, puisque cette discipline a largement perdu du terrain depuis quinze ans sur place (au profit des arts martiaux mixtes).

Est-il nécessaire d'être paranoïaque au point de voir l'annonce de ce comics comme un outil de propagande supplémentaire ? Probablement pas. De fait, la portée de la BD reste largement mesurée, surtout dans le présent. Et il serait sans doute idiot de considérer qu'un pareil projet puisse être vécu comme autre chose qu'un simple bonus sympathique pour les fans. Mais nous pouvons aussi considérer l'idée d'une stratégie de marketing multimédia, en amont d'autres initiatives comparables (du genre de celles qui ont pu aider d'autres disciplines sportives au moment de trouver de nouveaux débouchés : les séries documentaires de Netflix, par exemple, ont fait beaucoup de bien au secteur du sport automobile).

Dans le même temps, nous pouvons aussi nous rappeler que l'Arabie Saoudite s'était aussi servie du rachat des studios SNK (King of FightersFatal Fury) pour faire la promotion de certains de ses combats de boxe, alors que les retombées positives ou négatives de cette catégorie de synergies en forme de grand écart ne sont pas forcément quantifiables sur le papier. 

Pour l'heure, on sera surtout content de savoir qu'il reste des comics qui parlent de boxe anglaise. Surtout si on aime : la boxe anglaise. The Man Who Beat the Man #1 est attendu pour le 3 juin 2026 chez Dark Horse avec une couverture d'Oliver Barrett. Le titre profite d'une mise en couleurs réalisée par Iolanda Zanfardino et a été annoncé en huit numéros.

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Illustration de l'auteur
Corentin
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