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Diamond Comics va rendre aux éditeurs les comics séquestrés dans leur entrepôt

Diamond Comics va rendre aux éditeurs les comics séquestrés dans leur entrepôt

NewsIndé

C'est peut-être la fin d'une longue galère pour bon nombre de maisons d'édition de taille diverses et variées sur le marché américain. La faillite de Diamond Comics au démarrage de l'année 2025 avait occupé pas mal de notre temps - même si, vu l'éloignement de cette structure par rapport à notre propre marché, il était difficile de vous parler de tous les détails judiciaires au vu du temps d'investissement demandé, pour le peu d'intérêt auprès de notre public francophone. Nous avions arrêté notre chronique de cette affaire désastreuse au printemps 2025, alors que Universal et Ad Populum s'étaient arrangés pour racheter l'entreprise et permettre ainsi de poursuivre son activité. 

Mais il y a un détail de l'affaire que nous n'avions pas forcément évoqué : dans le cadre de leur procédure de redressement judiciaire, Diamond Comics avait tenté ce qu'on peut vraisemblablement appeler un sale coup. Dans leur entrepôt étaient en effet stockés des milliers de comics, que les maisons d'édition souhaitaient récupérer afin de pouvoir soit les vendre en relation directe avec leurs lecteurs, soit les rapatrier chez un autre distributeur.

Mais toutes les opérations étant bloquées, Diamond avait purement et simplement refusé de rendre ces comics aux éditeurs concernés, en espérant pouvoir les revendre de leur côté pour éponger leurs propres dettes. De quoi mettre sérieusement à mal l'économie des éditeurs indépendants - comme FairSquare Graphics, géré par Fabrice Sapolsky, qui s'était épanché publiquement sur le sujet - qui n'avaient plus aucun espoir de pouvoir récupérer leur stock et vendre des comics dont ils avaient payé la production. Pire encore, Diamond acceptait les retours de comics, mais là aussi les gardait "en otage" dans leur entrepôt.


Après une situation bloquée pendant des mois, toutefois, il semblerait que cela soit en train de se débloquer. 

Retour au bercail

Un ensemble de maisons d'édition ont en effet formé un groupe (baptisé Consignment Group puisque le terme de "consignment" se rapporte au statut des comics qui sont restés "confinés" dans l'entrepôt de Diamond Comics, et qui leur appartiennent même s'ils ne pouvaient plus les récupérer) chargé de négocier avec le distributeur un accord pour pouvoir retrouver leur stock. Le groupe en question est constitué de multiples structures telles que Ablaze, American Mythology, Avatar Press Battle Quest Comics, Action Lab Comics, Drawn & Quarterly, Fantagraphics, Green Ronin, Hermes Press, Living the Line, Paizo, UDON, Zenescope, sachant que Boom! Studios et Dynamite ont aussi rejoint l'initiative.

Ces derniers bataillent donc depuis une année pour récupérer les comics stockés dans l'ancien entrepôt de Diamond, désormais possédé par Sparkle Pop, une subsidiaire d'Ad Populum, l'entreprise qui a en partie repris Diamond au printemps dernier. Le nouveau propriétaire estimait que ce qui était contenu dans l'entrepôt lui appartenait, et avait même annoncé après le rachat un plan de revente de ces comics (pour se renflouer, sans verser quoique ce soit aux éditeurs), ce qui avait entraîné à raison la colère des éditeurs qui ont formé le groupe pour attaquer Sparkle Pop en justice. La valeur totale des comics entreposé est estimée à 47,4 M$ (coût de production), soit 113,7 M$ avec le prix de vente en comicshops

Désormais, un accord a été trouvé entre Sparkle Pop et le groupe des maisons d'édition, mais il n'est pas tout rose. En effet, il est stipulé que pour qu'un éditeur puisse récupérer son stock, il devra renoncer aux sommes que Diamond/Sparkle Pop leur devait. Sur l'ensemble des maisons d'édition, cela représente tout de même 600 000$ que les concernés ne toucheront pas, même si un montant résiduel (50 000$) leur sera versé. Et cela sans compter les sous que Sparkle Pop devraient reverser aux maisons d'édition sur les ventes des comics faites pendant toute la procédure, quand le propriétaire de l'entrepot estimait que les bandes dessinées leur appartenaient à eux seuls. Néanmoins, la situation est intéressante puisque n'importe quel éditeur n'étant pas inclus dans le Consignment Group vont pouvoir normalement tirer avantage de l'accord et ainsi pouvoir aussi récupérer leurs stocks. À voir si ces comics, datant désormais d'il y a une bonne année, pourront encore trouver des lecteurs après tant de temps. 

Source

Illustration de l'auteur
Arno Kikoo
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