
Le projet avait été évoqué récemment dans les sollicitations pour les sorties estivales, et se fend désormais d'une présentation plus étoffée. Création originale de Marguerite Bennett (Odin) illustrée par l'artiste italienne Helena Masellis (Deep Cuts), Gastronomique s'annonce comme une vraie curiosité pour les fans des recoins les plus morbides de l'horreur des sous-genres. Tous les ingrédients ("c'est le cas de le dire") semblent au moins avoir été réunis : fiction historique, thriller, érotisme, cannibalisme... un rapport au motif de la chair qui pose ses idées pendant la période de la Révolution Française (et de la Terreur) avec un penchant pour la sensualité qui ne serait pas sans rappeler, par effet de rebond, le travail de James Tynion IV ou de Maria Llovet.
Avec cet enchassement de motifs, Bennett et Masellis ont effectivement l'occasion de compléter l'offre de BOOM! Studios sur ce front précis des comics d'épouvante basés sur une dominance féminine - dans la foulée de Faithless, Eat the Rich, The Creeping Below, etc. Et en l'occurrence, le titre affiche une ambiance extrêmement noire dans les premières planches présentées par la maison d'édition.
Pour rappel, Gastronomique suit l'histoire d'une espionne de la Couronne de France lancée sur la piste d'un assassin cannibale en pleine période de révolte populaire. En reprenant les bonnes vieilles arcanes de la saga Hannibal, cette traque se métamorphose vite en une passion dévorante ("c'est le cas de le dire") entre la chasseresse et sa proie, lorsque le désir s'invite dans l'équation. Une belle promesse située quelque part Les Liaisons Dangereuses, Le Sixième Sens et La Rose de Versailles, en somme. Autant dire que ça fait envie.

Un descriptif plus fourni est tombé récemment pour compléter la présentation de l'intrigue :
"Lady Charlotte (nom de code Python dans les milieux clandestins), s'est taillée une solide réputation en tant qu'espionne au service du roi. Celle-ci était considérée comme la plus douée de son temps... ce qui lui aura naturellement valu d'être envoyée sur l'échaffaud après la révolution. Mais l'héroïne ne tombera pas sous la sentence mortelle de la guillotine.
En effet, sa soeur va finalement accepter de prendre sa place. Pourquoi ? Parce qu'un cannibale qui hante les rues de Paris vient tout juste de tuer et de dévorer son enfant... Et donc, la mère accepte de se sacrifier contre une promesse : Charlotte devra trouver l'assassin et venger la mort de sa nièce. Laissée pour morte aux yeux du public, l'espionne va donc pister cet horrible prédateur, dont les actes violents lui évoquent une familiarité étrange - comme si la piste de cadavres mutilés lui rappelait sa propre passion pour la chasse.
Charlotte explore les bas-fonds d'une capitale de France en plein chaos, et en profite pour retrouver Zélie, son ancienne maîtresse, dont la présence réveille en elle une certaine tendresse. Mais leur histoire ne fait que compliquer une mission déjà largement périlleuse, entre désir, érotisme et violence. Pire encore : la chasse devient de plus en plus intime, de plus en plus troublante. L'héroïne réalise vite que sa fascination pour le cannibale Tarrare n'est pas uniquement motivée par une soif de vengeance. La faim deviendra rapidement le motif fédérateur de ses deux adversaires en plein duel, dans le chaos et les troubles d'une période de l'histoire animée par une violence et une passion favorable aux monstres qui arpentent les ténèbres de Paris."
Quelques planches ont aussi été publiées pour officialiser le projet. Et comme d'habitude, les lois de la censure sont ce qu'elles sont : il n'est pas interdit de montrer un personnage croquer le pied d'un mort, mais par contre, l'érotisme et la représentation des corps, ça, c'est pas bien. Vous apprécierez les bandes noires. C'est bien, aussi, les bandes noires.
Gastronomique #1 est attendu pour le 12 août 2026 chez BOOM! Studios avec une couverture variante de Reiko Murakami. Autant dire que le projet est attendu avec un certain appétit. "C'est le cas de le dire" ? C'est le cas de le dire.




