
La saison des séries télévisées bat son plein. La saison d'Invincible est sur le point de s'achever, The Boys est de retour pour un dernier tour de piste, la seconde fournée d'épisodes de Daredevil : Born Again va bientôt se conclure... et d'ici quelques semaines, une nouveauté viendra compléter ce printemps bien chargé avec le lancement du feuilleton Spider-Noir sur Prime Video. Le point de départ de cette nouvelle production passe pour un événement conséquent. Enfin débarbouillé de ses expériences malsaines dans le domaine des super-vilains, Sony Pictures a enfin été capable, par le biais du canal télévisuel, de monter une authentique fiction de super-héros sur l'un des nombreux personnages susceptibles de porter le nom de Spider-Man.
Dans les faits, le résultat toutefois reste le même : se pensant dépossédé de toute possibilité de franchise tant que l'identité de Peter Parker était encore gardée sous clef chez Marvel Studios, Sony Pictures s'est précipité sur les figures de vilains de son catalogue en pensant pouvoir habiller les grands méchants de cet univers dans des habits de vengeurs masqués accidentels. Des habits trop grands, en l'occurrence, mal fichus, qui ne leur correspondaient pas. Alors que l'enseigne aurait pu réfléchir en sens inverse. C'est vrai : Peter Parker n'est pas le seul avatar de Spider-Man chez Marvel. Spider-Man lui-même n'est même pas le seul avatar de Spider-Man chez Marvel. Et avec le recul (et une bonne dose de millions engloutis dans des films sans avenir), la compagnie a fini par accoucher du choix le plus logique : pourquoi ne pas rentabiliser les autres justiciers arachnéens du Spider-Verse plutôt que les vilains ?
De ce point de vue, la série Spider-Noir devrait certainement passer pour un grand laboratoire du point de vue de Sony Television. En attendant les retours d'audimat des premiesr épisodes, la compagnie aurait déjà plusieurs idées de spin-offs dans les cartons. Ou plus exactement, des idées pour adapter d'autres personnages venus du même multivers. C'est en tout cas ce qu'a expliqué Oren Uziel, l'un des producteur et cocréateurs de Spider-Noir aux côtés de Steve Lightfoot, lors d'une entrevue accordée aux équipes de SFX Magazine. Pour résumer :
"Pour l'instant, on se concentre sur Spider-Noir, mais je sais que d'autres projets sont dans les cartons. J'ai pu parler avec certaines des personnes qui planchent dessus, et je pense que leurs idées sont intéressantes. Dans l'idée, il s'agit de la même formule : prendre un genre préexistant, et introduire un spider-variant dans l'équation. Ce qui permet de débloquer un monde tout entier et toute une variété de perspectives."
De ce point de vue, Spider-Noir est effectivement un prototype intéressant : en s'inscrivant de plain-pied dans les structures figées de la fiction des détectives de films noirs, le produit peut revendiquer des codes connus, que le grand public assimilera facilement, tout en récupérant une partie des fans de super-héros actuellement en demande de nouveautés ou de variations dans les structures usées des blockbusters traditionnels. De tête, il n'est pas difficile d'imaginer comment décliner ce modèle : une série animée développée depuis le Japon autour de Peni Parker et SP//dr, une série pour adolescents façon "jeunes adultes" autour de Spider-Gwen ou Araña, ou même un pur produit de baston urbaine avec un Ben Reilly qui n'aurait jamais connu son clone... en trichant un peu, les idées ne manquent pas.
Mais dans l'immédiat, le studio devrait surtout éviter (pour une fois) de mettre la charrue avant les spider-boeufs. Si Spider-Noir rencontre son public, la production pourra avancer sur d'autres chantiers sans risquer de se brûler les ailes pour la seconde fois. Tous les espoirs reposent donc sur Oren Uziel, Steve Lightfoot et Nicolas Cage, en espérant que la qualité sera enfin au rendez-vous.