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Netflix : Ted Sarandos assure que les nouveaux films Warner profiteront toujours de la fenêtre de 45 jours au cinéma aux États-Unis

Netflix : Ted Sarandos assure que les nouveaux films Warner profiteront toujours de la fenêtre de 45 jours au cinéma aux États-Unis

NewsCinéma

Il s'agissait de l'un des principaux arguments des opposants au rachat du groupe Warner Bros. par l'entreprise Netflix. En écartant, bien entendu, la liste des autres bonnes raisons d'empêcher cette fusion : le risque chaque jour croissant d'une situation de monopole, le danger pour l'emploi, l'illégalité d'une telle transaction vis-à-vis des juridictions fédérales aux Etats-Unis, et autres détails de second plan qui n'intéressent (manifestement) pas le consommateur en bout de chaîne. De fait, dans la mesure où le conseil d'administration a pris la décision de mettre Warner Bros. sur le marché, en se passant bien volontiers de l'accord du grand public, le débat actuel repose surtout sur une équation bipolaire : ce sera Netflix ou Paramount Skydance, et chacune des deux factions revendique sa propre liste de griefs personnels.

Toudoum au Ciné

En l'occurrence, dans le clan de la famille Ellison, l'argumentaire idéologique semble triompher dans l'absolu (Netflix serait une entreprise trop "progressiste" selon ces proches du mouvement du Parti Républicain). Mais, dans les interstices, cette envie de vouloir sauvegarder l'exploitation du cinéma par le circuit traditionnel avait aussi été présentée comme l'une des données capables de faire pencher l'opinion dans le sens d'une fusion avec Paramount Skydance. Or, de ce point de vue, le géant du streaming a manifestement revu sa copie pour équilibrer les débats. De passage sur les ondes du podcast The Town de Matthew BelloniTed Sarandos, coprésident des entreprises Netflix, a assuré que la compagnie n'était plus aussi hostile aux sorties en salles pour les films développés sous pavillon Warner Bros..

Dans le cas où le projet de fusion serait validé par les actionnaires du groupe, la plateforme aurait ainsi prévu de maintenir le fonctionnement du circuit de distribution actuel. Ce qui signifierait donc : une exclusivité de 45 jours pour les salles de cinéma, suivie d'une exploitation en numérique par les canaux dématérialisés (pour la vente et la location en ligne), et puis, enfin, une sortie en streaming par abonnement sur la plateforme HBO Max. Bien sûr, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi cette déclaration (qui respire l'envie de condéder quelques points aux opposants, et de se mettre une partie de l'opinion dans la poche) tombe précisément dans le contexte actuel. Actuellement, la famille Ellison orchestre un vaste plan de contre-attaque pour obtenir les faveurs du conseil d'administration de Warner Bros., laissant miroiter la piste d'une nouvelle offre (encore) plus généreuse pour bloquer, sinon temporairement, les plans de Netflix.

Quelques données vont toutefois manquer pour entériner cette promesse : est-ce que cette exploitation promise par Ted Sarandos concernera seulement les productions actuellement en cours de gestation (The Batman 2Dune 3, Man of Tomorrow, etc) ? Quid du long terme, dans la mesure où Netflix ne voudra probablement pas entretenir l'existence d'HBO Max pour toujours, et qu'on imagine que l'essentiel du catalogue de Warner Bros. finira par être rapatrié sur la plateforme principale plutôt que d'être morcelé entre deux antennes. D'autres questions se posent, en somme, mais pour un avenir plus ou moins immédiat, si Netflix devait remporter la bataille, les investisseurs seront au moins rassurés de savoir que la manne financière du box office ne risque pas de disparaître tout de suite.

Cette déclaration aura peut-être pour effet de rebattre les cartes dans le camp des actionnaires, actuellement divisés autour des deux propositions formulées par Netflix et Paramount Skydance malgré la signature obtenue par Ted Sarandos et ses équipes en décembre dernier. Pour rappel, les porteurs devront bientôt se réunir pour décider de voter (ou de ne pas voter) le plan de fusion d'ici le mois d'avril... et dans l'intervalle, la famille Ellison dégaine toutes les cartes possibles dans l'espoir de voler la course en catastrophe, en proposant la plus chère de l'histoire du secteur audiovisuel et en agitant ses contacts en politique pour tenter d'inverser la tendance. A voir.

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Illustration de l'auteur
Corentin
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