
En des temps plus simples, lorsque tous les grands studios n'avaient pas encore leurs propres plateformes de streaming, que les projets sortaient encore dans les salles cinéma, et aussi, tiens, c'est vrai, que les grandes puissances militaires de ce monde n'avaient pas envie d'envahir un petit pays voisin tous les quatre jours, DC Studios s'appelait DC Films, Warner Bros. s'appelait WarnerMedia, et James Gunn s'appelait Zack Snyder. Enfin, non. En fait, James Gunn s'appelait déjà James Gunn et Zack Snyder s'appelait toujours Zack Snyder. Mais vous comprenez le principe. Pendant un temps, le réalisateur de Sucker Punch était encore le grand patron des productions DC Comics pour le cinéma, jusqu'au moment du tournage (fatidique) de Justice League, premier du nom.
Si la version présentée dans les salles de cinéma ne sera exploitée qu'en 2017, le metteur-en-scène a tout de même voulu rendre hommage au travail abattu en 2016, lors du tournage de ce qui était alors... un film sensiblement différent. Sans avoir besoin d'entrer dans les détails, la vie professionnelle et personnelle de Zack Snyder était alors sur le point de changer, pour toute une variété de raisons. On peut facilement comprendre pourquoi le bonhomme pourrait avoir envie de se rappeler de ces derniers instants de bonheur (ou d'insouciance) en compagnie de ses troupes, avant l'ouragan qui suivra la post-production de Justice League, pour aboutir sur la mort programmée de ce que l'on appelait alors le "DCEU".
Dans le même temps, vous connaissez le bonhomme, celui-ci n'a bien sûr pas pu s'empêcher de glisser un petit extrait du script conduit de Chris Terrio, en partie mis en images par le bon Jim Lee, pour Justice League Part 2. En l'occurrence, il ne s'agit pas d'une franche nouveauté, dans la mesure où l'essentiel des illustrations livrées pour représenter ce scénario avorté avaient déjà été rendues publiques. De même qu'un résumé complet du projet. Vous pouvez trouver tout ça en cliquant ici. Il était alors question d'un Crime Syndicate, d'un Superman contrôlé par Darkseid, d'un voyage dans le temps, d'un sacrifice, etc.
Et comme d'habitude, on peut se demander pourquoi Jim Lee n'a pas voulu prendre le temps d'adapter proprement ce script sous la forme d'une version comics depuis ces dix ans... En l'occurrence, un pareil album aurait forcément rapporté de l'argent, mais DC Comics n'a manifestement jamais eu cette bonne idée.
Bref, bon anniversaire aux équipes du premier Justice League, souvenir égaré d'une période pendant laquelle le cinéma des super-héros était encore le grand patron de la consommation collective. Et quelque part, Warner Bros. avait déjà décidé de tuer sa poule aux oeufs d'or longtemps avant que Marvel Studios n'en fasse autant. C'est dommage, mais c'est comme ça, on ne peut pas forcément revenir en arrière. Accessoirement, Zack Snyder finira par obtenir gain de cause pour diffuser les scènes tournées sur cette version du projet. C'est déjà ça.