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Daredevil End Of Days #1, la review

Daredevil End Of Days #1, la review

ReviewMarvel
On a aimé• De la littérature dans le sens noble du terme
• Une équipe graphique éblouissante
• Un chef d’œuvre dès le premier numéro
On a moins aimé• Un relié aurait été peut être plus judicieux
Notre note

Daredevil fait-il partie de ces héros qui tel une muse pour un poète, magnifie l’écriture et les idées des écrivains qui le couchent sur papier ? Frank Miller, Roger McKenzie ou Ed Brubaker, pour ne citer qu’eux, ont su dépeindre les travers de l’homme sans peur. Est-ce le masque à cornes ou la cécité qui pousse ces artistes à se transcender lorsqu’ils doivent guider l’enfant d’Hell’s Kitchen. On peut affirmer sans crainte que Brian Michael Bendis fait partie de cette liste d’auteurs qui marqueront l’histoire de notre médium. Ingénieux et absorbant tous les styles, le divin chauve s’impose comme l’un des meilleurs scénaristes actuels mais surtout comme un manieur de mots formidable.

Sans rien spoiler, Daredevil End Of Days commence mal : le titre, la couverture et votre imagination vous l’auront fait comprendre, Matt Murdock meurt. Assassiné froidement par *SPOILER*, la scène est donnée en pâture aux habitants qui préfèrent filmer plutôt que pleurer. Indigné et désabusé Ben Urich, célèbre reporter pour le Daily Buggle, préfère ne pas se mêler de cette histoire qui le touche trop pour se sentir objectif.  Poussé par son devoir, il se résigne à engager un récit, une enquête, qu’il veut vrai et qui lavera l’affront qui a été fait à un homme qui pour lui devrait être élevé au rang de brave plutôt que de paria.

En dehors de la continuité actuelle du démon rouge, End Of Days est une uchronie, le symptôme du héros qui ne perd jamais en prend un coup et ce n’est pas simplement une bataille manquée, Bendis va plus loin et raconte une histoire où Murdock perd surtout son sens de la justice.

 

Ce sont les mots du journaliste que vous lirez, ceux d’un homme tiraillé entre l’amitié et le concret, pas toujours bien ordonnés mais criant leur tristesse. Le récit surprend par la sécheresse de ses propos, si les mots manquent au journaliste tant sa peine est grande, ceux de Bendis, accompagné par David Mack, sont d’une justesse chirurgicale, ciselés et réfléchis. Les phrases sont courtes laissant tout l’espace pour le dessin d’un Klaus Janson indécent de talent. À mon tour les mots me manquent tant le style est sculpté, anatomique et saupoudré d’un arrière goût d’ancien temps. Superbe simplement, on distingue en un coup d’œil le passé du présent et encore plus la haine et l’amour. Derrière ce chef d’œuvre graphique se cache un travail d’équipe faramineux, Bill Sienkiewicz vient apposer les détails et très certainement l’encre, pour finir la chaîne par Matt Hollingsworth aux couleurs, qui, peut être plus encore que les deux précités, envoie du bois comme dirait les québécois.

 Amoureux des mots et de la phrase bien sentie, levez-vous. Bendis, Mack, Janson, Sienkiewick et Hollingsworth sont en passe de réaliser une œuvre à part, pure et sobre. Préparez-vous c’est un moment d’histoire qui s’ouvre à vous.

Cynok
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