Home Brèves News Reviews Previews Dossiers Podcasts Interviews WebTV chroniques
ConnexionInscription
Deadpool 2 : sans la surprise, le plaisir reste

Deadpool 2 : sans la surprise, le plaisir reste

ReviewCinéma
On a aimé• L'humour méta comme jamais
• Cable et Domino, de très bons ajouts
• S'amuse de ses excès
• Une réal dynamique et pleine de bonnes idées
On a moins aimé• Ca reste la même recette
• Quelques blagues loupées
• Un vilain ? Quel vilain ?
Notre note

Deux ans après avoir créé la surprise, Deadpool revient pour un opus chargé de combler les attentes. Face à une recette faite d'humour méta, de blagues plus ou moins grasses, de violence et de vulgarité, Ryan Reynolds et sa bande ont tout intérêt à prouver l'intérêt de cette licence. Rester dans les clous et faire juste "plus" ? C'est peut-être suffisant.

Qu'on le dise tout de suite : si vous avez été client du premier Deadpool, alors le second opus, piloté par David Leitch, ne devrait vous poser aucun de problème. La recette est désormais connue, et appliquée à la lettre. On retrouve une quantité de références culturelles, de blagues méta, de l'humour (pour beaucoup en dessous de la ceinture et pas bien finaud) du pétage de quatrième mur à foison, des renvois continu au premier film, une tonne d'action, et des excès graphiques en veux-tu en voilà. Pour qui sera client, Deadpool 2 est donc un vrai moment de détente, des retrouvailles avec un personnage qu'on apprécie, et qui nous fait rire avec un succès quasi total du début à la fin. Le film n'en oublie pas de vouloir véhiculer une certaine morale ou poser certains enjeux dramatiques, avec là une réussite déjà plus discutable.


L'histoire en elle même reste assez simple. L'arrivée de Cable depuis le futur pour éliminer un enfant (mutant) vous rappelle certainement un autre film, et vous avez dans les grandes lignes raison de faire ce rapprochement. Sauf qu'à la facilité du scénario dans son ensemble, Reynolds contre-attaque sans problème ; le rapport qu'il entretient avec le film et le spectateur lui permet de se moquer des ressorts les plus éculés, et surtout, le film a un sacré nombre de surprises pour lui. Qu'il faudra bien sûr garder pour soi à l'heure actuelle, mais il y a de quoi hausser les sourcils, et de s'amuser de voir comment Deadpool 2 malmène l'ensemble de ses personnages, surtout au vu de la façon dont la communication a été formulée.

Si Ryan Reynolds continue de faire le show en Deadpool, quitte à en faire un peu trop parfois, l'intérêt de ce nouvel opus réside dans les deux principaux ajouts : Cable (Josh Brolin), qui vient apporter une dimension bien plus péchue à tout le côté action, et Domino (Zazie Beetz), imparable en Domino, quoique son personnage n'a que peu de développement pour elle. Un comble, quand on sait que les reshoots du film ont été spécialement faits pour rajouter de ces deux personnages. Les deux valent en tout cas le déplacement, et devraient s'assurer la sympathie du public pour assurer la suite (un fameux film de Drew Goddard, m'voyez ?). A côté, T.J. Miller et Dopinder restent parfaits dans leurs second rôles comiques, et sans trop en dire, on pourra également signaler quelques caméos particulièrement bienvenus - et surprenants. Seule Morena Baccarin reste en retrait dans les scènes qui lui sont accordées, tout comme Teenage Negasonic Warhead (Brianna Hildebrand), encore moins présente que dans le précédent opus.


On pourra également constater que malgré le budget plus important alloué, le film se paie encore quelques allures de film fauché. Loin de là l'idée de pinailler, mais certains effets spéciaux ne sont vraiment pas bien beaux, et quand on a pu voir le travail de Leitch sur Atomic Blonde (la séquence de l'escalier), on aurait pu en attendre plus de sa part, sur la performance unique de réalisation. Ceci étant dit, Deadpool 2 fait bien mieux dans ses séquences d'action, avec un montage dynamique et une caméra nerveuse, qui n'en oublie pas que la raison première d'exister de Deadpool, ce n'est pas de faire de la comédie. Leitch s'amuse beaucoup avec toutes les possibilités données au caractère immortel du personnage (qui est d'ailleurs vecteur important dans l'histoire), et on s'amuse beaucoup de cette inventivité un poil morbide. Mais qui donne l'un des meilleurs gags du film.

Reparlons un peu d'humour d'ailleurs. En lui-même, le film devrait vous faire rire à 75% en fonction de votre côté bon public ou non. Si vous n'aviez pas aimé le premier film en revanche, passez votre chemin. En bonne suite qui se respecte, Deadpool 2 fait dans la surenchère, allant parfois vraiment loin dans le graveleux, mais plus que dans les répliques, ce sera plutôt certains comiques de situation qui pourront faire soupirer. Après, le contrat est explicite : c'est bas du front, ça l'a toujours été, et sur ce point, il n'y aura pas mensonge. Je le répète : c'est majoritairement réussi. Là où le film est le plus fort, c'est dans son humour méta. Les références pleuvent de tous horizons. Reynolds tire dans tous les sens sur les derniers films de super-héros produits, et l'on pourra d'ailleurs s'amuser à ce que la Fox et Warner en prennent vraiment pour leur grade - alors que Marvel Studios, curieusement, non. Les lecteurs et lectrices de comics apprécieront en revanche d'avoir quelques vannes qui leur sont entièrement dédiées. Certaines cibles du premier opus se retrouvent d'ailleurs à nouveau dans ce film, mais Reynols poursuit ce gimmick avec des gags vraiment excellents - pensez bien d'ailleurs à rester pendant le premier générique (pas après les crédits déroulants, l'ultime scène ayant été coupée du montage final).


En l'état, Deadpool 2 réussit donc l'essai de sa suite, en recopiant une formule bien acquise. On lui retrouve les mêmes qualités, ainsi que les mêmes limites. A nouveau, le film se moque des codes du film de super-héros, tout en les utilisant parce que c'est quand même bien arrangeant. Mais la relation que Reynolds a pu construire avec son public, le déballage de vannes, l'action frénétique, le commentaire à peine subtil sur les plans de la Fox pour la franchise, il y a un ensemble qui rend le tout extrêmement réjouissant, parce qu'on n'en oublie pas que le cinéma peut aussi avoir une vocation uniquement à détendre - et que rire, des fois, c'est bien. On pardonnera alors quelques répétitions, notamment dans l'usage que fait Deadpool du 4e mur (le coup de la musique trois fois, ça lasse), avec l'envie de poursuivre l'aventure. Et pour les plus au courant, la curiosité de voir si le deal Fox-Disney va bien pouvoir entraver quoique ce soit à cette dernière.

Une note sans prise de risque pour une suite qui en fait autant. Deadpool 2 marche dans les pas de son prédécesseur, et le fait bien. Je dirais même plus : il le fait mieux, mais n'a plus l'avantage de la surprise pour soi. La plupart des vannes fonctionne, les références pleuvent et certaines sont tout bonnement excellentes. Malgré une histoire globalement convenue, le film réussit à surprendre, vraiment, et tire grand parti de Cable et Domino, principaux ajouts que l'on veut absolument revoir. Avec un peu plus d'ambitions narratives et visuelles, il y aurait de quoi marquer au fer rouge le cinéma super-héroïque. Peut-être la prochaine fois ?

Arno Kikoo
est sur twitter
à lire également
Commentaires (9)
Vous devez être connecté pour participer