Review

Thunderbolts #3, la review

Marvel   4
Le 15 Jan par
Steeve
Thunderbolts #3, la review
Notre note
• L'humour noir
• La chute bien amenée et drôle
• Le contexte
• Steve Dillon qui s'est trompé de série
• Le vilain
• Le Punisher qui n'a plus rien à voir avec celui de Rucka
    

Retour en arrière. Il y a quelques mois, lors d'une réunion éditoriale, Jeph Loeb balance une idée brillante, un concept innovant : « Et si Thunderbolt Ross était à la tête des Thunderbolts ? ». Pourquoi personne n'y a pensé plus tôt ? Le pitch de génie est ensuite mis entre les mains de Daniel Way. Pour l'accompagner sur cette série dont les protagonistes comprendront des personnages tels que Venom et Red Hulk : Steve Dillon. Qu'est-ce qui pourrait aller de travers ? Tout... ? Même si ce troisième épisode redresse la bar, le naufrage a déjà commencé.

Thunderbolts #3 review

Avant d'aborder ce qui ne va pas, parlons de ce qui va. Contrairement aux deux premiers épisodes, Thunderbolts #3 a des qualités. Quand l'écriture de Deadpool était inexistante au #1 et beaucoup trop facile pour Daniel Way au #2, elle est ici parfaite. Celui qui a écrit plus de 60 épisodes des aventures de Wade Wilson a lâché le mode automatique et semble à nouveau prendre du plaisir à faire vivre le mercenaire. Deadpool est intéressant quand il est entouré de fortes personnalités, de personnages sombres avec lesquels il contraste. C'est ce qui en faisait un atout considérable dans le Uncanny X-Force de Remender, c'est ce qui en fait LE point fort de ce numéro. Wade passe l'épisode entier à parler avec Thunderbolt Ross. Tous les personnages passent l'épisode entier à parler avec quelqu'un d'ailleurs... Mais qu'est-ce c'est bon ! Way livre un Deadpool désopilant sans avoir recours aux gimmicks habituels et usés du personnage (s'adresser aux lecteurs, hallucinations et autres voix que lui-seul entend/voit...). L'humour noir est de mise et amène à une chute qui tirera un sourire même aux plus rabat-joie.

Outre le fait que l'arc entier semble avoir été concocté par Jeph Loeb (les rayons gamma et les personnages rouges ça commence à bien faire !), l'histoire dans son ensemble a du sens. Way y aborde assez intelligemment les difficultés morales que peuvent impliquer l'ingérence dans l'ombre lors de rébellions armées visant à retourner un gouvernement. Un thème d'actualité (depuis 60 ans maintenant...) peu traité dans les comics et qui a le mérite de faire réfléchir quelques secondes. Humour juste et contexte intéressant, voilà ce qu'il y a à retirer de ce Thunderblots #3. La suite du programme n'est pas des plus réjouissantes.

Thunderbolts #3 review

Allons-y en vrac. Bien que le scénariste ait consacré le premier épisode à la composition de l'équipe, on a toujours du mal à comprendre ce que la moitié du cast fait là. Le Punisher de Greg Rucka que l'on peut toujours apprécier dans les pages du très bon War Zone n'est clairement pas la même personne que l'homme qui se balade ici avec une crâne rouge sur le torse en pleine jungle, et c'est bien dommage. Le vilain de l'histoire m'a donné envie de mettre fin à ma lecture lorsque je l'ai découvert. Et ces dessins...

Steve Dillon a ses fans, son style, son charme. Il n'a simplement rien à faire ici. Outre les visages de ses êtres humains tous figés sur la même expression (le Punisher et Elektra semblent avoir en permanence des excréments à la portée de leur odorat pour dire les choses correctement), l'artiste britannique prouve une nouvelle fois que la science-fiction et lui, ça fait deux. Son Red Hulk a ni plus ni moins la carrure de Shaquille O'Neal (impressionnant pour un pivot, moins pour un monstre capable d'affronter Thor à mains nues). Il est impossible de dire si son Red Leader possède ou non un crâne hors norme. Son Venom est tout simplement laid. Je ne parlerais pas du vilain de l'histoire... Marvel a fait un mauvais choix, et opposer les couvertures magnifiques de Julian Totino Tedesco à ces intérieurs pauvres en détails n'arrange pas les choses.

Thunderbolts #3 reste une lecture plaisante sous certains aspects mais peine à rattraper le démarrage raté de la série. Certes, Phil Noto prend la relève dès le #7 pour corriger un des défauts majeurs de la série. J'aurais malheureusement déjà quitté le navire d'ici là. Même Olivier Coipel ne pourrait me vendre une amourette entre Punisher et Elektra avec Deadpool entre les deux. Pour ça, j'ai Archie.

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