Review

Masks #1, la review

dynamite   4
Le 05 Dec par
Jeffzewanderer
Masks #1, la review
Notre note
- Alex Ross
- Des héros charismatiques
- Des thèmes intéressants...
- ... très mal exploités
- Pas subtil
- Des mises en pages perfectibles
    

Alors que Prophecy n’est même pas encore terminé, Dynamite lance une nouvelle mini-série regroupant quelques grands noms de son roster : Green Hornet (& Kato), The Shadow, The Spider et Zorro. Mais le véritable évènement dans cette affaire c’est le retour du légendaire Alex Ross (Kingdom Come, Marvels) au dessin. Oh et il y a aussi Chris Roberson (The Spider) au scénario. Le tout pour un résultat qui tient en deux mots : oui, mais…

Those who commit evil should not profit in any way

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Oui, pour le retour de Ross au dessin d’abord. Bon je ne suis pas un inconditionnel du peintre, je l’avoue bien volontiers, même sur des classiques comme Marvels ou Kingdom Come. Néanmoins le talent pur du bonhomme force le respect. C’est léché, détaillé (que ce soit pour les décors ou les personnages), et peut être un peu moins éthéré qu’à l’accoutumée niveau couleurs. Bref c’est du grand Ross, et tant pis si ce n’est pas sur la série dont tout le monde rêvait (et si ça ne dure que trois ou quatre numéros).

Mais (vous l’aviez vu venir non ?) les mises en page laissent à désirer. En effet l’artiste abuse des division « en rayons » entre ses cases, surtout lors des scènes d’action. Ce qui donne des cases assez improbables, genre on a basculé de 90° pour que ça tienne. Les pages sont d’ailleurs en général très chargées. C’est louable parce que ça aide l’histoire à avancer, mais on ne sait parfois plus trop ou donner de l’œil.

En fin de compte ce n’est pas rédhibitoire, et on se régale quand même, surtout que les personnages eux-mêmes ne sont absolument pas figés, que ce soit pendant les scènes d’action ou les dialogues. Mais ce défaut devait être souligné.

We serve justice

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Et le scénario dans tout ça ? Parce que c’est bien beau les dessins, mais si l’histoire ne tient pas la route autant s’acheter un art book. Là encore c’est sympathique mais loin d’être parfait.

Oui, la réunion des personnages se fait de façon assez naturelle. Surtout pour le Hornet, The Shadow et The Spider. Leurs racines pulp et leurs missions similaires (combattre le crime « urbain ») aident bien. On n’est pas dans le même cas que pour Prophecy ou rien que le rassemblement des protagonistes nécessitait bien des acrobaties (ici seul Zorro pose problème, mais c’est intelligemment résolu). La décision de situer le récit dans les années 30 (1938 si vous êtes attentif aux détails) joue aussi niveau ambiance (surtout visuelle). Et le thème abordé, à savoir que la loi n’est pas toujours la justice, est aussi évident (on parle de vigilantes là, c’est leur raison d’être sinon ils seraient policiers) qu’intéressant.

Mais il est traité de manière bien trop simpliste. Un travers récurrent de Chris Roberson, comme on avait pu le constater dans le premier numéro de The Spider. En effet les agissements des vilains (le parti de la justice, un mouvement politique) sont trop caricaturaux. On persécute le pauvre illustrateur latino en l’embarquant pour rien, on interdit les mendiants, on prélève un impôt surprise payable DANS LA SECONDE en pleine rue, on égorge un panier de chatons (chercher l’intrus dans ces propositions)… Et on crée une milice de flics stormtroopers pour persécuter tout le monde. Bref on fait de l’Amérique un pays totalitaire à faire sangloter de joie Dr Doom en 22 pages chrono. Mais au nom de la loi hein, d’où le dilemme moral prenant… Ou pas.

Pourtant l’action est au rendez-vous, et au final on se laisse entraîner, mais comme devant un nanar de série B ou un film d’action bien bourrin. Et c’est un peu toute l’histoire de ce premier numéro de Masks. C’est incontestablement agréable à lire, divertissant et très beau, mais il y a trop de petites fautes de goût pour qu’on ferme les yeux. Alors pour l’instant le plus l’emporte sur le moins, mais le départ prochain d’Alex Ross risque de faire pencher la balance du mauvais côté.

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