
Peu de projet auront conquis Hollywood aussi vite. Que l'on se rende tout de même bien compte de la détonation : en janvier 2026, les éditions Image Comics formulent l'annonce d'une nouvelle création originale piloitée par l'une des deux têtes pensantes de l'univers I Hate Fairyland, Brett Bean, en compagnie du coloriste Jean-François Beaulieu. Le premier numéro de la série D'Orc sera publié au mois de février, et profite immédiatement d'un accueil enthousiaste parmi les communautés de lecteurs basées aux Etats-Unis. Le numéro en question sera rapidement épuisé, et profitera ensuite de quatre réimpressions consécutives, signal d'un petit phénomène en passe d'apparaître depuis le marché indépendant. Et dans la foulée... l'éditeur sera fier de revendiquer, par communiqué de presse, pas moins de 70.000 commandes pour le numéro #2 ! C'est beaucoup !
Cette impressionnante performance commerciale se sera vite confirmée sur le restant de l'année (en provoquant au passage une version française rapidement confirmée chez Urban Comics). Le genre de success stories dont notre industrie raffole, même si celles-ci ne se déclinent pas forcément de la même façon sur les marchés internationaux. Mais peu importe : aux Etats-Unis, il suffit généralement d'être roi en son pays pour que s'amorcent, en cascade, les points de passage naturels qui accompagnent cette catégorie bien précise des gros vendeurs du secteur indépendant. En l'occurrence, les studios de cinéma n'auront pas attendu longtemps avant de se positionner sur la proposition de Brett Bean et Beaulieu. La rédaction de Deadline nous explique que les studios Sony Pictures se seront ainsi positionnés pour sécuriser les droits d'adaptation de D'Orc dans l'espoir de produire un long-métrage basé sur les aventures du petit héros.
Pour rappel, en comics, la série repose sur un monde façonné dans les arcanes classiques du répertoire médiéval-fantastique traditionnel. A gauche, vous retrouverez vos elfes, vos humains, vos nains et vos mages, en accord avec la panoplie traditionnelle des humanoïdes de l'alignement loyal. Et de l'autre côté, sur votre droite, vous retrouverez les créatures aux peaux plus granuleuses, dragons, orcs, gobelins, trolls, tout ce qui concerne la partie chaotique du planisphère féérique. Or, les deux camps (qui fonctionnent globalement comme deux grosses armées fédérées, façon Tolkien) se sont engagées dans une guerre interminable depuis fort fort longtemps. Les elfes veulent tuer les nains, les humains veulent tuer les orcs, etc. Le bien affronte le mal, encore et encore et encore, dans un conflit éternel qui ne semble pas capable de formuler une solution immédiate pour accoucher d'une forme de paix durable entre les peuples et les nations.
Mais c'est alors qu'arrive : D'Orc ! Issu de l'amour proscrit entre deux représentants des peuples nains et orcs, le petit héros est un métisse qui aimerait amener l'équilibre au sein de ce vaste royaume. Accompagné par un bouclier enchanté (et qui parle - et qui tabasse, aussi), le personnage va accomplir sa propre croisade sacrée dans l'espoir de terminer une guerre qui dure depuis bien trop longtemps.
Selon Deadline, Bean aurait été embauché pour livrer un premier traitement en vue d'adapter son propre travail vers les écrans de cinéma. Une bonne nouvelle sur le papier, même si le projet serait apparemment prévu pour une production en images réelles... décision assez curieuse sur le papier. L'esthétique du dessinateur fonctionnerait beaucoup mieux en animation (et de fait, avec un univers aussi riche en races fictives, le budget de production risque de monter assez haut pour une simple comédie absurde et bon enfant de cette catégorie). A voir comment tout ceci évoluera d'ici les prochains mois. Pour l'heure, on aura surtout envie d'applaudir la performance : d'un comics qui n'a même pas encore un an d'existence au compteur, Brett Bean aura été capable de conquérir les foules de fans dans les comic shops et de s'attirer les faveurs d'Hollywood dans la foulée... comme quoi, celui-ci aura eu le nez creux en décidant d'abandonner I Hate Fairyland pour lancer sa propre petite entreprise en solitaire. Croyez en vos rêves, tout ça tout ça.



