HomeBrèvesNewsAgendaReviewsPreviewsDossiersPodcastsInterviewsWebTVchroniques
ConnexionInscription
Secret Empire #3, la review

Secret Empire #3, la review

ReviewMarvel
On a aimé
• Andrea Sorrentino au top...
• Une approche politique intéressante...
On a moins aimé
• ... mais pas toujours
• ... mais parfois malhabile
Notre note

Pendant que DC Comics continue de vivre son après-Rebirth en présentant les conséquences de son événement éditorial qui a débuté l’année dernière, avec The Button notamment, Marvel entame une révolution éditoriale du même acabit qui devrait véritablement prendre forme dans quelques mois avec Generations. En attendant, la Maison des Idées joue avec les dernières pièces de son univers actuel et laisse Nick Spencer maître d’un event qui s’étalera tout le long des prochaines semaines, Secret Empire.



Sans spoiler véritablement dans cette critique, je suis tout de même obligé de poser le contexte de cet événement peu anodin puisqu’il place Captain America dans le rôle de la cible à abattre. En effet, dans un retournement de situation totalement ubuesque, la Maison des Idées a redéfini totalement le passé de son univers en invoquant une intervention presque divine de l’Hydra. En effet, Secret Empire #0 nous apprenait que les membres de la cellule nazie avait totalement modifié l’Histoire pour faire finalement croire aux Alliés qu’ils avaient perdu la Seconde Guerre Mondiale. Pire encore, Steve Rogers a toujours été un agent de l’Hydra rendu dormant pour pouvoir prendre une place majeure dans le nouvel ordre mondial et trahir nos héros à la surprise générale du monde.

Malheureusement, tout ce tumulte a pourtant été bien désamorcé dans Secret Empire #2 et qui, sans dévoiler le détail de cette découverte, faisait s’écrouler comme un château de cartes une intrigue pourtant construite pour nous présenter des héros acculés sans aucune chance de rédemption. Et c’est probablement le reproche principal qu’on pourrait jusqu’ici faire à cet event qui est à l’image de Steve Rogers : confus. En effet, comme notre héros au bouclier, Secret Empire ne sait pas trop bien comment se placer et essaie finalement d’inscrire un changement majeur dans un univers Marvel qui se prépare aussi à des bouleversements éditoriaux. C’est d’ailleurs pour cela que l’event déçoit pour le moment. On sent Nick Spencer impliqué et enclin à aborder des thèmes politiques assez intéressants, notamment vis à vis de la position de Captain America ou encore entre les luttes internes qui opposent des Vengeurs acculés, mais l’impact est terriblement amoindri par le futur de la Maison des Idées.



En effet, le scénariste tente quelques envolées d’idées et placent nos héros dans une situation face à laquelle ils n’ont plus aucun choix que de prendre des décisions drastiques pour s’en sortir. D’un côté, nous avons la branche principale des Avengers qui ont décidé de retrouver les fragments du cube cosmique pour replacer la réalité dans son ancien contexte et l’autre nous présente une Black Widow, une habituée de la guerre et des conflits, qui décide de s’émanciper pour mener le véritable combat qui vaille la peine d’être mené, celui contre Steve Rogers. Cette approche est probablement l’une des plus réussies de Nick Spencer, qui, en ramenant le conflit à une échelle très humaine pose un problème inhérent à toute la question super-héroïque : faut-il sauver tous les humains ou accepter quelques sacrifices pour espérer sauver tout le monde ?

Finalement, avec l’expansion des conflits à des échelles mondiales et cosmiques, les Avengers se sont finalement peu à peu détachés de la condition humaine et Nick Spencer nous présente une divergence d’idées majeures entre plusieurs des membres de l’équipe : faut-il tenter de sauver Steve Rogers ? Faut-il le tuer ? Faut-il reprendre le contrôle de la Terre ? Faut-il abandonner et sauver des hommes et des femmes menacés par le régime ? La menace est trop importante pour avoir le temps de se poser ce genre de question. Mais ce n’est pas la seule interrogation politique que l'auteur apporte avec sa série qui vient aussi tacler la vacuité de notre système politique. Secret Empire est cependant assez effrayant dans le constat qu’il fait des citoyens, qui acceptent finalement la situation, comme si passer d’une démocratie à une dictature se faisait dans la résignation la plus totale, et pire, il va même jusqu’à présenter un peuple comme en accord avec les décisions du “gouvernement Hydra”. Un raccourci un peu difficile à digérer même si on sent très bien derrière ce message une frustration grandissante vis à vis de l’administration Trump.


Malgré ces pistes de réflexions pourtant intéressantes, ce troisième numéro de Secret Empire est trop bavard, se perd souvent et propose des intrigues secondaires soit survolées, soit trop peu intéressantes pour en comprendre l’intérêt véritable. C’est donc avec un effet constant de montagnes russes que la lecture de ce numéro trois se fait. On pourra d’ailleurs en dire de même de la partie graphique assurée par un Andrea Sorrentino dont le talent n’est véritablement plus à prouver. Mais lui aussi est bloqué par cette construction véritablement en dents-de-scie et les fulgurances dans le découpage ainsi que la mise en scène de ces planches s’intercalent entre des pages très moyennes, qui participent clairement à cette évolution à deux niveau de ce numéro. Pour autant, difficile de blâmer entièrement l’artiste tant il est parfois incroyablement convaincant dans son travail des ombres et il réussit tout de même à nous faire sortir de ce numéro, le sourire aux lèvres, avec une dernière page impeccable !



Secret Empire #3 est un numéro qui enchaîne les bonnes idées d’écriture mal-habilement menées et les passages à vide, n’en faisant pas pour le moment l’événement que nous aurions pu en attendre. Avec encore sept chapitres en préparation, la trame scénaristique aura le temps d’évoluer mais il est toujours difficile de s’impliquer à 100% quand la porte de sortie est visible à dix kilomètres depuis le deuxième numéro. Evidemment, Nick Spencer aura encore le temps de nous surprendre, et prépare peut-être de belles surprises dans les prochains numéros mais pour l’instant le bilan est moyen. Secret Empire n’est finalement qu’un event servant à nous faire patienter en attendant que Marvel ne remette les pièces de son univers à plat.
Illustration de l'auteur
AlexLeCoq
est sur twitter
à lire également
Illustration de l'article

Marvel Tokon : Fighting Souls : Mighty Thor, Venom et Jubilee au programme des DLCs

Ecrans
Tout récemment, les équipes du studio ArcSystem Works auront repris la communication autour du titre Marvel Tokon : Fighting Souls. ...
Illustration de l'article

Marvel relance Captain Marvel en mai 2027 avec G. Willow Wilson et Rachael Stott

Actu VO1
"Ça fait deux fois 'Marvel' dans le titre, c'est pas super joli" écoutez, bon, euh, hein ? C'est la New York Comic Con, l'heure des ...
Illustration de l'article

X-Men : Regulators : une mini-série en cinq numéros (spin-off d'Uncanny X-Men) annoncée pour ...

Actu VO
Que penser de la gestion de la ligne X-Men dans le présent ? Pour de nombreux fans, la New York Comic Con passait pour l'occasion parfaite ...
Illustration de l'article

Marvel Cosmic Invasion : un trailer (avec Doom et Sue Storm) pour le DLC Siege of Castle Doom

Ecrans
C'est la saison. Dans la foulée d'une bande-annonce présentant les mécaniques de jeu du personnage Phoenix Cyclops pour le titre Marvel ...
Illustration de l'article

Marvel Tokon : Fighting Souls : un trailer de gameplay pour le DLC Phoenix Cyclops

Ecrans
Relativement discret depuis sa sortie en plein coeur de l'été, le titre Marvel Tokon : Fighting Souls refait parler de lui avec ...
Commentaires (1)
Vous devez être connecté pour participer
Avatar de spectra

05 Juin 2017

spectra

De toute manière nous savons très bien que Marvel ramènera Cap' à un statut plus arrangeant. Tout comme secret wars il faut profiter du voyage plus que de la destination, parce qu'il est clair que rien ne changera vraiment. Concernant la facilité avec laquelle le peuple accepte cette situation c'est expliqué dans le #2 me semble-t'il. Et enfin le côté verbeux ne me dérange pas, c'est le style de Spencer. Perso j'en ai ras le bol des auteurs qui te pondent des récits que tu lis en cinq minutes (Bendis, King...). Là j'en ai pour mon argent et le background est du coup assez riche. 'fin bref je suis assez fan de cet event pour le moment, et pourtant j'en avais ras-le-bol des combats entre supers slips^^