
Frank Castle fait son retour en (et avec des) grandes pompes vendredi prochain avec la saison 2 de Daredevil qui le réintroduit sur les écrans, pour la première fois chez Marvel Studios. Le Punisher n'en est pas à son coup d'essai sur un autre média puisqu'il compte déjà trois tentatives de films, toutes plus ou moins à côté de la cible et de la retranscription d'un univers urbain noir et nihiliste longuement dépeint durant toute son histoire en Comics. Parce que des comics, il y en a eu, et pas qu'un peu !
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On compte aujourd'hui dix volumes pour le seul titre The Punisher (avec ou sans l'article défini), trois War Zone et deux War Journal pour les principaux spin-off et des dizaines de mini-séries, épisodes one-shot et graphics novels sur l'ex-Marine. De nombreux auteurs se sont essayé à cet épineux et controversé personnage d'un univers Marvel plus sombre et plus adulte qu'en apparence. Un personnage qui a également permis à bon nombre d'auteurs de toucher au super-héros tout en gardant une distance inhérente à ce militaire un peu particulier, impliquant par conséquent des thèmes potentiellement plus intéressants à creuser qu'avec ses collègues en collants.
Retour sur les meilleures pages de la vie du Punisher en comics avec un Top 5 de ce que nous avons jugé (tout à fait modestement et subjectivement) comme ses histoires incontournables.
À l’occasion d’All New All Different Marvel, une des énièmes refontes éditoriales du catalogue de l'éditeur, Marvel confie le dernier titre du Punisher en date au jeune Nathan Edmondson. Le scénariste s’est déjà illustré chez Image avec The Activity, titre militaire abordant l'évolution des conflits modernes, défigurés par les (r)évolutions technologiques. Une vision originale, qui fait preuve d’un travail de recherche assez remarquable sur les tactiques militaires et les enjeux des conflits qui font rage à travers le monde.
Concernant sa série Punisher, co-créée avec son compère Mitch Gerads, on retrouve un titre ancré dans un réalisme et dans une époque, la nôtre, amenant une nouvelle imagerie à l'univers du personnage, plus proche d'un Call of Duty ou d'une esthétique que l'on retrouve dans Breaking Bad pour ne citer que les exemples les plus populaires. Une approche qui colle parfaitement à la dimension para-militaire de Frank Castle, Edmondson ayant compris tout l'intérêt de faire évoluer celle-ci, profitant du statut de soldat ultime de son protagoniste.
En arrivant sur le titre, l’auteur en profite pour faire déménager Castle sur la côte ouest. Une arrivée à Los Angeles qui se lave les mains de la filiation avec tout son passif autour de la mafia et des différentes familles bien marquées de la pègre new-yorkaise. Les buildings laissent place à d’immenses étendues désertes, les mafieux étant remplacés à la volée par des cartels bien déterminés. la quête de vengeance, normalement moteur des agissements du Punisher, passe ainsi au second plan. Le bonhomme semble un peu plus serein, malgré le fait qu'il ne boudera jamais son plaisir en éliminant les criminels de sa (nouvelle) ville.

Frank gagne par conséquent une dimension plus humaine, une morale plus lisse mais également de nouvelles attaches émotionnelles qui s'imposent dans sa nouvelle vie. Il recueillera un coyote qu’il nourrit de saucisses (!) et ira même jusqu’à fréquenter régulièrement un café (n’est-ce pas Jon?), à se lier d'amitié avec une policière etc. On est loin de la période complètement isolée et parano de l’anti-héros, mais l'approche n'en reste pas moins intéressante.
Nathan Edmondson n’hésite également pas à réutiliser des méchants récemment mis de côté, comme Electro, pour amener un peu plus de difficulté à un Punisher en mode padre quand il s’agit de tirer au RPG sur des dealers. Un pied dans l’univers Marvel, mélangé à une approche réaliste, dont la meilleure application est la nouvelle version des Howling Commandos, une équipe plus black ops ressemblant au crew de The Activity, qui va suivre de prêt les agissements du Punisher.
La série, quelque peu chahutée par l’évènement Secret Wars amenant une fin précipitée, permettait également des épisodes fill-in creusant le passé et les capacités militaires de Frank ou en l’impliquant dans des conflits (inspirés de combats bien réels) qu’il va traverser comme un esprit vengeur qui distribue les punitions ou sur lesquels il va être envoyé comme un commando d'un seul homme.
Une série trop courte mais bourré d’idées modernes laissant imaginer une direction possible (voire probable) quand il s'agira de réfléchir à une série TV solo pour le Punisher. Pour la lire chez nous, il vous faudra prendre le train en marche de la publication kiosque dans le magazine Marvel Saga, avant une hypothétique republication en librairie. On ne manquera pas de glisser à Panini Comics tout le bien que l'on pense de cette excellente série.
13 Juillet 2016
Ombre-de-LoupIl est où le run de Rick Remender ? Il est largement supérieur à celui de Rucka, Jim Lee et Edmonson.
02 Mai 2016
HeretikEn fait je corrige ce que j'ai dit, le run de Edmondson et Gerads est vraiment le pire qu'il n'ai jamais été fait sur le Punisher. J'avais l'impression qu'ils lui enlevaient sa violence mais non, c'est pire que ça, ils la légitiment. Ils transforment un personnage ambigu, violent et dérangé dans sa tête en héros tout en lui laissant ses travers et en propageant en plus une morale d'extrême droite américaine nauséabonde. A croire que Marvel n'a même pas tilté quand Edmondson fait dire à Castle qu'il encourage les gens à ne pas faire confiance à la police et à prendre eux-même les armes ! Avant de faire la guerre aux étrangers ! Mon dieu comment j'ai pu passer à côté de tous ces sous entendus la première fois ? Surtout que toute l'histoire du Punisher c'est l'inverse, chacun de ses coéquipiers a mal fini et ce qu'il déteste le plus après les criminels ce sont les imitateurs ! Sérieux ces mecs ont même rendu hommage à Chris Kyle, le célèbre sniper qui a monté une équipe de "punishers" pour tirer sur des gosses en Irak ! C'est pas possible venant de Marvel de laisser de telles choses passer dans un de leurs magazines...
23 Mars 2016
zetagundamLe seul problème du run de Garth ENNIS, c'est le trait de Steve DILLON
17 Mars 2016
HeretikJ'approuve tout sauf Edmonson et Gerads, perso j'ai trouvé ça sympa par moments mais ça pouvait rapidement devenir pénible comme lecture, en plus enlever au Punisher tout ce qui fait le Punisher, sa morale douteuse, son côté anti-héros comme anti-super-héros (en lui collant tous les attributs du super slip par exemple), des trucs inutiles et clichés comme lui donner un chien tout ça... C'est rendre un personnage complexe ultra-lisse, en lui faisant perdre toute originalité. Puis les trous scénaristiques créent de véritables mindfuck et l'art est... ben il est franchement pas terrible. Si c'était plus un esthétisme à la Breaking Bad, pourquoi pas ? Mais là c'est définitivement plus Call of Duty, et c'est pas du tout le meilleur esthétisme qui soit.... En fait c'est ça, c'est un scénario de Call of avec une tête de mort, et perso ben j'adhère pas. C'est vraiment décevant comparé au reste d'All New Marvel Now. Enfin après ça ne reste que mon avis, mais les autres histoires du top sont bien loin au dessus ^^
17 Mars 2016
Kit_Fisto, serial reviewerUn classement que j'approuve... Dernièrement j'ai bien kiffé le run Edmonson / Gerads et le War Zone Rucka et Chechetto aussi ! Content qu'il figure dans le classement de CB
17 Mars 2016
joliauxAaaaaaah, nan mais j'hallucine grave les gens là c'est pas possible. Le punisher de Rucka (que j'adore d'ailleurs), j'ai pas réussi à finir. Perso, j’enlève le 2 et le 3 et le reste pas forcement dans cet ordre. J'adore le punisher d'Ennis mais pas en 1, c'est trop une blague son histoire quand même. Il manque le punisher war zone, très bonne histoire de mafia, super dessin de Romita Jr. Il n'y a même pas le punisher de ZECK "circle of blood". De votre liste, en fait je crois que le 5 devrais être 1 (vraie originalité) même le très bon comme Aaron ne réinvente pas grand chose.