Review

Todd, The Ugliest Kid on Earth #1, la review

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Le 21 Jan par
Steeve
Todd, The Ugliest Kid on Earth #1, la review
Notre note
• L'humour noir sans limite
• Les dessins et les couleurs parfaits
• Les personnages aussi improbables qu'attachants
• L'humour peut-être un peu trop noir pour certains
    

En plus d’être l’enfant le plus moche sur Terre (comme l’indique si bien le titre), Todd ne peut pas se faire d’amis parce que ses parents lui font porter un sac en papier sur la tête. Sa mère, Peggy, a 28 ans, en paraît 48, pense qu’elle en fait 25 et dit à tout le monde qu’elle en a 24. Hargrave est le meilleur flic au monde, il le sait, il n’a plus qu’à en convaincre le reste du monde. Mr Finger est le propriétaire aveugle d’une boutique d’animaux. Tous les animaux qu’il vend sont aveugles, mais ça, il ne le sait pas. Tout ça on l’apprend juste après la couverture, avant même que l’histoire ne commence. Le ton est posé et ce ne sont là que quatre des neufs personnages qui nous sont présentés. Imaginez la suite.

Todd, The Ugliest Kid on Earth #1 review Comicsblog.fr

Todd va finir en taule. Pas de gros spoiler ici. Le line-up sur la couverture et les sollicitations d’Image l’annoncent assez explicitement. Ce premier épisode nous en explique la raison, et si on la voit venir de loin on ne peut s’empêcher de prendre du plaisir à voir le monde s’acharner gratuitement sur notre petit héros. Du moins JE n’ai pu m’en empêcher. Car voilà le seul défaut que je puisse épingler sur l’ouverture de cette mini : l’humour très noir risque d’en décontenancer certains.    

Ken Kristensen et M. K. Perker ne s’imposent aucune limite. Dans le récit qu’ils nous livrent rien n’est trop ignoble, la vulgarité est une norme et les demi-mesures n’ont pas leur place. Si le degré d’ignominie qu’ils s’imposent ne vous dérange pas, si les atrocités qu’on nous annonce vous font sourire, jetez vous dedans à pieds joints ! Pour faire simple c’est Earl rencontre South Park. Todd est le seul gentil de l’histoire. Les autres sont tour à tour grotesques, odieux et étrangement attachants. On surfe ici sur la satire sociale à coups de mortier. L’humour noir est fait arme de destruction massive. J’en fais un peu trop diront certains, mais je n’ai pas boudé mon plaisir même à la deuxième lecture.

Il est dit sur la page wikipedia de M. K. Perker qu’il est l’artiste Turque le plus reconnu à l’international. Si je n’avais à ce jour jamais entendu parler de lui, je veux tout de même bien le croire. Nominé pour un Eisner pour sa série Air avec G. Willow Wilson chez Vertigo, premier membre Turque de la société des illustrateurs basée à N-Y, artiste sur cinq épisodes du The Unwritten de Mike Carey, il est non seulement à l’origine de l’histoire de Todd aux côtés de cet illustre inconnu de Ken Kristensen mais assure aussi les dessins. Et Damn! qu’est-ce que c’est beau ! Plus que beau, c’est surtout parfait. Grotesque et cartoony, son trait donne vie à cet univers barré dans lequel tout est possible, surtout le pire. Les visages et expressions des personnages traduisent à merveille qui ils sont. Enfin, les couleurs de Cemal Soyleyen achèvent de narrer l’histoire presque mieux que les mots le font.

Todd, The Ugliest Kid on Earth #1 review Comicsblog.fr

Todd the Ugliest kid on Earth #1 n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains mais n’en demeure pas moins un modèle dans son genre. Lassé du disque rayé de Deadpool et de son humour invariable depuis des années, j’ai ici trouvé une échappatoire et une nouvelle source d’humour toute fraîche. Véritable exutoire, ce premier épisode est jouissif parce rien n’est trop noir pour y apparaître. Même si on se demande clairement vers où se dirige cette mini en quatre épisodes, la qualité d’exécution de cette introduction octroie instantanément le bénéfice du doute à ces auteurs dont je souhaite à nouveau entendre parler à l’avenir.