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Frank Miller s'intéresse à son tour à la vente de NFTs avec un Marv de Sin City

Frank Miller s'intéresse à son tour à la vente de NFTs avec un Marv de Sin City

NewsDark Horse

Les différentes industries de la culture semblent s'être accordées dans une direction : les NFTs (ou jetons non fongibles) représentent un nouveau marché à conquérir, et la multiplication des initiatives menées en ce sens risque de se poursuivre. Pour quelques artistes, ce nouveau mode de distribution ouvre la voie à une rente économique avantageuse et, pour certaines entreprises, une capacité à sécuriser et authentifier les contenus dématérialisés. Plusieurs grandes personnalités du cinéma s'intéressent à cette nouvelle forme de contenus, et sur le marché de l'art séquentiel, quelques uns ont aussi pris les devants. Frank Miller se mêle à la meute, avec une série de onze NFTs mis aux enchères en cette fin de semaine.

That Yellow Bastard

La pièce commercialisée ce vendredi 29 septembre représente le personnage de Marv, héros du premier volume de la série Sin City, dans une sorte de cube de cristal en trois dimensions. Les suivantes intégreront également des mouvements et des sons, et seront accompagnées, pour les acquéreurs, d'un dessin original de Miller. Le fameux certificat d'authenticité qui justifie le caractère "unique" de chaque NFT vendu fera évidemment partie de la transaction. Cette oeuvre d'art basée sur une illustration du brigand à gueule cassée est le fruit d'une collaboration entre le dessinateur et les entreprises Gala Labs (Gala Inc., une société de développement de jeu vidéo) et Concept Art House (une structure d'édition de NFTs).
 
En couvrant ce sujet, la rédaction du Hollywood Reporter fait le choix de passer la main sur le sempiternel débat de l'empreinte carbone des jetons non fongibles. Si cette technologie, inventée au départ pour améliorer la traçabilité des contenus sur le web, se répand peu à peu à plusieurs étages des industries culturelles modernes, le sujet de la consommation énergétique du modèle de création/transaction/distribution des NFTs disparaît progressivement de la scène médiatique à mesure que les projets s'empilent les uns sur les autres. L'information est pourtant accessible, avec différentes bases calculées et étudiées par les observateurs du mouvement (jusqu'au sein même des couches de passionnés enthousiastes, généralement conscients du problème). Pour dresser un résumé rapide, la création ("minting"), la mise en vente, l'acquisition et les transferts de propriétés du moindre NFT représente généralement plusieurs centaines de kilogrammes de CO2, comparables à la consommation en énergie d'un européen moyen sur plusieurs semaines, ou plusieurs mois. 
 
Les choses ne sont toutefois pas aussi simples sur le papier : la consommation en énergie ne dépendrait par exemple pas seulement du nombre de transactions, le modèle par "preuve de travail" responsable de ces pics énergétiques serait en passe de perdre du terrain pour être remplacé par des alternatives plus propres (à défaut de tenir un objectif concret de neutralité carbone, avec le système "preuve d'enjeu"), etc. Des sujets complexes, qui ne simplifient pas la vie des rédacteurs culturels censés couvrir l'actualité de cette curieuse nouvelle norme de distribution et d'édition de contenu, face à des mouvements de foule organisés sur le web par des communautés de passionnés, pour qui l'argument écologique n'aurait aucune valeur en soi. Le moindre article défavorable aux NFTs se heurte généralement à la résistance de ces phénomènes de masse, qui connaissent par coeur leurs arguments de spécialistes - au hasard, l'importance toute relative du marché des crypto-monnaies dans les émissions de CO2 vis-à-vis d'autres industries plus polluantes, etc. Quant à savoir si l'apparition d'une nouvelle industrie gourmande en énergie était vraiment nécessaire ou utile au sommet d'un effondrement climatique mondial, pour s'échanger de jolis GIFs animés, espérons qu'une réponse pertinente a déjà été prévue là-aussi.
 
De son côté, si Frank Miller avait cru bon d'insérer Greta Thunberg dans les dernières pages de The Dark Knight Returns : The Golden Child, la problématique écologique et les pics de consommation énergétique importants du marché des crypto-monnaie et de son département artistique ne paraissent pas peser bien lourd dans la balance de cette opération. Pour ce qui est de la fameuse suite de Sin City au far west annoncée il y a quatre ans, le projet était peut-être moins prioritaire en comparaison d'une vente aux enchères d'anciens dessins encastrés dans des modèles 3D. Là-encore, personne ne sera franchement surpris.
 
 

Corentin
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