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Uncanny X-Men #600, la review

Uncanny X-Men #600, la review

ReviewMarvel
On a aimé• Ça a le mérite d'être beau
• La relation Magik/Colossus
On a moins aimé• Tout ça... pour ça ?
• Jean Grey interventionniste
• La révolution de Cyclope
Notre note

Alors que je devais vous parler aujourd’hui d’Extraordinary X-Men #1, l’arrivée de Jeff Lemire sur l’univers mutant, il m’a fallu constater qu’il serait inutile de commenter cette nouvelle ère sans d’abord conclure sur la fin de l’ère Bendis.

Après neuf années sur les Vengeurs, c’est fin 2012, il y a tout juste trois ans, que Brian Bendis a repris en main l’univers mutant avec All-New X-Men. Celui qui avait décimé l’espèce via House of M n’avait en effet jamais été à la tête d’une de leur série, et à l’époque on se réjouissait d’un début d’arc qui donnait un coup de frais aux anciens X-Men en les récupérant directement dans le passé, donnait un nouveau statu quo à l’équipe de Cyclope/Magneto dans Uncanny X-Men, et ramenait Jean Grey ! Il faut comprendre qu’à mon âge, si j’ai lu les histoires classiques de l’équipe, Jean Grey avait toujours été l’amour perdu de Scott Summers et Wolverine dans mes lectures contemporaines. Un amour mort, et qui aurait sans doute gagné à le rester.

Repoussé depuis juin, Uncanny X-Men #600 (petite pirouette habituelle de Marvel pour sortir un numéro anniversaire ET final) s’annonçait comme la conclusion des arcs de Bendis, qui depuis plus d’un an commençaient à montrer leur point faible : ils sont complètement vides. La décompression fonctionne un moment, le premier arc dirons-nous, mais pas sur trois ans quand on n’a pas d’objectifs.

La révolution de Cyclope ? Il nous avait suggéré il y a quelques numéros qu’il n’y en avait pas vraiment, la fin de ce numéro s’affichera donc comme une blague auprès des lecteurs qui se seront faits balader plus de soixante-quinze numéros, et qui se font encore balader pendant quelques pages dans une tournure classique de Bendis poussée à son paroxysme : vous suggérer pendant trois pages qu’il se passe quelque chose de très important, là maintenant, sans vous montrer de quoi il s’agit. Après tout, il fallait dépasser trente pages pour ce numéro anniversaire. La conclusion – assez ridicule dans le principe quand on pense à l’histoire des mutants chez Marvel - tombera d’autant plus à plat qu’elle va à l’encontre de tout ce qui est suggéré actuellement concernant Cyclope (dans Uncanny Inhumans et Extraordinary X-Men), car oui, avoir cinq mois de retard ça se sent à la lecture, mais elle fait aussi mal quant au traitement de Hank McCoy.

Avec un « procès Â» teasé depuis de nombreux numéros, et il faut dire que le Fauve a violé quelques lois de la nature depuis bien longtemps, pour tenter de venir en aide à son espèce, celui-ci se trouve d’un coup confronté à tous les X-Men qui oublient leurs propres erreurs passées pour bien insister sur celle de leur camarade bleu. Une partie du numéro qui s’avère bien trop longue et gênante pour tous les protagonistes, puisqu’aucune défense du Fauve ne lui est accordée, et que ses accusateurs brillent plus par leur nombre que par leur présence.

Mais revenons à Jean Grey, ce personnage indécis et indécent d’adolescente exécrable qui ne sait que se mêler des affaires des autres, et foutre en l’air leur destin dans des scènes interventionnistes encore jamais vues. Elle parvient à se faire détester au plus haut point en reproduisant encore et encore le même schéma et en s’immisçant dans la vie des deux Icemen, écrasant allégrement la pudeur et l’intimité de son camarade et de son futur dans une scène qui fait grincer des dents.

La bonne partie de ce numéro concernera la relation d’Illyana/Magik et son frère Piotr/Colossus, qui peuvent enfin se retrouver, et redonner un rôle à Piotr dans une scène qui, une nouvelle fois, se voit imposer un troisième personnage. Car la vie privée de ses personnages n’a pas trop d’importance pour Bendis.

Comme tout bon numéro anniversaire, Bendis s’est entouré de nombreux artistes pour ce numéro. Ceux avec qui il aura fait le voyage depuis All-New X-Men #1. On retrouve donc sur une quarantaine de pages Sara Pichelli, Mahmud Asrar, Stuart Immonen, Kris Anka, Chris Bachalo, David Marquez et Frazer Irving (ne cherchez pas à analyser mon ordre choisi, je les cite comme ils apparaissent dans les crédits du numéro). Avec tant d’artistes sur « si peu Â» de pages, ça laisse peu de place pour briller, mais ils s’en sortent tous très bien. Il faut dire que Bendis n’a pas été affublé des plus mauvais artistes, et ça donne une composition très dynamique où chacun s’occupe d’un bout d’histoire, reprenant généralement les personnages qu’ils ont le plus traités par le passé (par exemple, la scène des Icemen qui fait écho à celle d’il y a quelques mois est de nouveau dessinée par Mahmud Asrar). De quoi jeter un regard nostalgique sur un run qui aura eu le mérite d’être beau, à défaut d’avoir beaucoup de fond.

Parti sur de grands espoirs, le run de Brian Bendis sur les mutants s’achève, non avec fracas, mais dans la déception la plus totale, avec un arrière-goût de gâchis et d’inachevé. On aura au moins la consolation de l’avoir vue venir depuis longtemps.

Manu
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