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Hawkeye : premier tir manqué pour Marvel Studios

Hawkeye : premier tir manqué pour Marvel Studios

ReviewSeries tv
On a aimé• Hailee Steinfeld, resplendissante
• Il y a un gros chien
• La carte postale de Noël
• Allez, le passage Rogers the Musical est marrant
On a moins aimé• Jeremy Renner
• Un Clint Barton qui ne colle pas du tout à l'histoire
• L'ambiance Noël/run de Fraction/Aja ne prend pas
• Souffre tout le temps de la comparaison aux comics que la série cite
• Terriblement plat dans l'action et la réalisation
Notre note

Au sortir de l'année 2021, Marvel Studios rempile une nouvelle fois sur la plateforme Disney+ avec une quatrième proposition en images réelles, à la suite de WandaVision, Falcon & Winter Soldier et Loki. De ces trois projets, la série Hawkeye ressemble davantage aux aventures de Sam et Bucky, attendu que celle-ci a surtout été conçue pour agencer un passage de flambeau, entre un personnage présent depuis les débuts de l'univers Marvel au cinéma, et une héritière symbolique. A ceci près que, dans Falcon & Winter Soldier, le rôle de Captain America revenait à un personnage connu des fans. Hawkeye, à l'inverse, doit introduire une nouvelle tête, en la personne de Kate Bishop, pour amorcer la transition. 

Dans une ambiance festive de Noël et une histoire qui puise largement dans les comics de Matt Fraction et David Aja, monument de la décennie passée dans le répertoire des super-héros, une promesse d'apparence honnête. Problème : à s'inspirer d'un travail aussi important, la série Disney+ ne pouvait que souffrir de la comparaison. Et même sans cette donnée, invisible à l'oeil du grand public au demeurant, le projet souffre de toutes façons de bien trop de défauts pour convaincre. Expliquons notre ressenti, au terme des deux premiers épisodes regardés.

Heureusement qu'il y a Hailee

Puisque l'univers de Marvel Studios au cinéma compte désormais vingt-six films à son actif (vingt-sept dès le mois prochain), la moindre introduction de personnage peut se baser sur la ligne temporelle de n'importe quelle production antérieure. Dans le cas de la jeune Kate Bishop, son passé nous est présenté par l'invasion de New York par l'armée Chitauri dans le premier Avengers de 2012. Cette ouverture permet de poser rapidement l'historique familial de l'héroïne, via un point de vue très humain sur ces évènements généralement filmés à hauteur de surhommes - tant dans l'attaque que dans la riposte - et d'expliquer pourquoi cette petite fille anonyme décide de voir en Hawkeye le héros de toute l'affaire.


Passé cette rapide introduction, l'action nous ramène au temps présent. Bishop (Hailee Steinfeld) est désormais passée professionnelle dans la pratique de l'archerie, compose avec les frasques amoureuses de sa mère (Eleanor Bishop, incarnée par Vera Farmiga), sur le point de se remarier avec un certain Jack Dusquene (autrement dit le Swordsman en comics, mentor de Clint Barton). Lors d'un dîner mondain, Kate va tomber sur une vente aux enchères réservée à l'élite de New York, pendant laquelle elle découvre et récupère l'ancien costume de Ronin, que Clint Barton avait coutume de porter à un moment sombre de son existence. Commencent alors les péripéties qui l'obligeront à endosser ledit costume, ce qui lui attire naturellement quelques ennuis, et l'attention des médias - ainsi que celle de Clint, de passage à New York avec ses enfants avant de passer les fêtes de Noël en famille. L'un dans l'autre, les deux vont donc se retrouver et devoir s'allier face à un ennemi commun. Classique ? Classique. 

Encore qu'il ne serait pas forcément pertinent de reprocher à une intrigue de faire dans le classique, pour peu que le résultat soit au rendez-vous. Mais Hawkeye peine à convaincre sur ses deux premiers épisodes - qui constituent donc un tiers du total de la série. En comparaison des précédentes productions de Marvel Studios sur Disney+, la série reste relativement proche de ses personnages pour dérouler une intrigue à échelle humaine. Soit. On peut l'apprécier. Mais ce qui en résulte, c'est que rien ne détonner vraiment du point de vue de l'image, ou de la mise en scène. La réalisation est sommaire, voire finalement assez plate dans les séquences d'action, faites de chorégraphies hachées par le montage et portées par une caméra pingre en inventivité. Le rythme surprend par l'ajouts de moments plus lents. Si le mystère se laisse d découvrir avec une certaine adresser, une séquence particulièrement gênante (et longue) nous sort de la série dès le second épisode. Ce genre de problème vient hélas mettre en exergue les défauts habituels que l'on peut imputer à la moindre production Marvel Studios, même lorsque l'on a accepté le contrat, même lorsque l'on cherche encore à se concentrer sur les qualités. Ces précautions d'usage ne suffisent pas, en l'occurrence, à pallier aux manques.


Notons tout de même les bons points. Hailee Steinfeld, pour commencer : avec un premier début de filmographie convaincant, la comédienne n'avait de toute façons pas grand chose à prouver, et son embauche s'inscrit dans l'intelligence habituelle des choix de casting parfaits de Marvel StudiosKate Bishop immédiatement attachante, sortie d'une case de BD, mais surtout compétente dans son jeu. La vedette récupère quelques répliques astucieuses, en jouant sur une image d'héroïne espiègle héritée de l'écriture de Matt Fraction,  comme dans sa vivacité, et dans l'honnêteté de sa prestation. 

Certains rôles secondaires (comme Jack Dusquene, joué par Tim Dalton) ne sont pas forcément déplaisants, mais personne ne sort vraiment du lot. Surtout, le plaisir que l'on a à découvrir la Kate Bishop de Steinfeld est rpresque immédiatement compensé par la prestation morne de Jeremy Renner, dont l'absence d'énergie en Clint Barton n'est plus à prouver. Pour dire les choses simplement : le comédien a l'air usé, lessivé par ces années à occuper les pompes en cuir de l'archer blagueur de Marvel, au point de ne même plus chercher à véhiculer de franches émotions dans son personnage. Le bonhomme se heurte en outre à un problème énorme de contre-emploi, en comparaison des comics Hawkeye dont la série semble évidemment s'inspirer. Pas forcément sa faute, évidemment, Marvel Studios a juste fait l'erreur de prendre au mauvais endroit un Clint trop différent de leur propre interprétation - le loser magnifique, héros de quartier gaffeur et déprimé, pas à sa place dans le couple comme dans sa fonction de Vengeur, toute cette matière susceptible de nourrir sa relation avec Kate Bishop en tant que modèle raté, forcément, fout le camp. L'entreprise a surtout retenu de ce boulot le caractère de l'héroïne, et quelques emprunts évidents pas trop mal fichus (l'adorable "Pizza Dog" pour qui aime les toutous, et le Gang des Survêts, qui a droit à quelques échanges absurdes qui rappellent les dialogues de Fraction).


Mais ce Hawkeye là, encore traumatisé à la fois par la disparition de Black Widow et par son passé de Ronin qui revient le hanter (l'élément déclencheur de la série), ne peut pas être ce Hawkeye qui fonctionne en BD. Marvel Studios a donc préféré la forme au fond, et donc : tout ça tombe à plat. Paumé dans un jeu laborieux ou inexistant, Renner n'est pas drôle, ses scènes familiales plombent l'ambiance, ses interactions avec Hailee Steinfeld ne font qu'accentuer sa contre-performance et le décalage d'implication entre les deux vedettes de la série. Alors oui, on insiste un peu sur sa perte d'audition pour mettre en avant une sorte de vague réflexion sur le handicap, mais de façon assez maladroite au final ; oui, il est intéressant de développer ses traumatismes, son manque de reconnaissance au sein des Avengers, et il fallait bien qu'il soit aux côtés de Kate Bishop pour pouvoir accepter de lui transmettre son flambeau de toutes façons. Mais cet enchaînement de variable pousse en définitive la série vers un ensemble bricolé, comme pour foutre la poussière Renner sous le tapis et préparer le terrain vers la génération suivante, en assumant d'avoir simplement loupé la première fois. 

Il se peut au passage qu'avec l'arrivée d'autres personnages plus loin dans la série (notamment Echo, incarnée par l'actrice Aquala Cox), la production gagnera en qualité. Mais le public n'a que peu de temps disponible, et même si les séries Marvel Studios n'en prennent qu'une quantité toute relative du fait de leur petit nombre d'épisodes, sur la base du premier tiers, l'envie de poursuivre n'y est pas. Disney+ peut remercier Hailee Steinfeld (et le toutou) pour le coup. Et dédommager le bon David Aja ("qui casse paye", comme veut le dicton).

Sans même chercher à tomber dans un constat vindicatif sur la seule base d'un tiers de série, Hawkeye déçoit. Constat trop moyen pour projet trop générique, y compris au sein de la petite poche de projets Disney+, où Loki et WandaVision étaient déjà plus créatifs dès la mise en bouche. Tout part du fait que le Hawkeye du MCU n'a simplement pas été pensé pour fonctionner dans ce genre de série, avec ce genre d'esprit et ce genre d'inspiration, dans cette tonalité curieuse entre film de Noël et décalque d'un run autrement plus construit. Au-delà même de la comparaison aux comics référents, cette version de Hawkeye paye le prix de son absence générale de motivation. Une mise en scène plate, des scènes d'action immédiatement oubliées, un Jeremy Renner en déconfiture totale... Reste cette Kate Bishop du MCU, incarnée par Hailee Steinfeld pour faire passer la pilule. De là dire qu'on aimerait un nouveau montage pour sortir Clint Barton de l'équation, il n'y a qu'un pas.

Arno Kikoo
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