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Livewire : parcours électrique d'une héroïne intelligemment politisée

Livewire : parcours électrique d'une héroïne intelligemment politisée

ReviewIndé
On a aimé• Trois arcs aux thématiques marquées
• Un dernier chapitre très politique et bien écrit
• Le plaisir de retrouver Allén et Martin (Secret Weapons)
On a moins aimé• Un dernier chapitre plus faible d'un point de vue graphique
Notre note

Bras droit de Toyo Harada avant de s'émanciper et de prendre simplement parti pour la cause des psiotiques en général, Amanda McKee alias Livewire a su s'installer comme figure de plus en plus imposante au sein de l'univers Valiant. Après avoir pris sous son aile une jeunesse psiotique désoeuvrée dans l'excellent Secret Weapons, et été un élément majeur d'Harbinger Wars : Blackout, l'héroïne a pu s'offrir un titre solo qui figure parmi les bonnes sorties récentes de Bliss Editions, ayant eu la bonne idée de réunir en un ouvrage les 12 numéros de la maxi-série. Dans la juste prolongation d'un Harbinger, Livewire a quelques sérieux atouts pour vous séduire. Explications.


A la différence d'autres récits complets que propose Bliss, on vous recommandera pour cette lecture d'être quand même au fait de qui est Livewire, et de ses actions passées avec Blackout, qui sont essentielles pour bien saisir les enjeux de ce tome. Cette dernière a en effet provoqué une panne de courant généralisée (elle est capable de maîtriser tous les outils technologiques par sa volonté) aux Etats-Unis, qui a causé un grand nombre de morts et de blessés. Seulement, cet acte qui lui fait valoir désormais un statut de terroriste n'avait été perpétré que dans le seul but de protéger un ensemble de psiotiques (des êtres aux capacités exceptionnelles, dont les dons se révèlent dès le plus jeune âge) dont l'identité civile avait été dévoilée publiquement. Ces derniers étaient alors devenus des cibles pour l'armée et le gouvernement, bien décidé à éliminer cette menace. 

Dès lors, tout le dilemme du tome tournera autour de la question de la fin et des moyens. Livewire a un passé trouble et a opéré pour le compte d'Harada, ce qui la rendait déjà très intéressante par ce côté tout en nuances du personnage, capable de terribles choses, mais pour un idéal moral que l'on qualifiera généralement de juste. Concernant le blackout, difficile d'en vouloir à Amanda d'avoir agi de la sorte - et c'est sous la plume de l'autrice Vita Ayala que cette dernière va à la fois chercher à se justifier, et trouver une forme de rédemption en ayant conscience que ce qu'elle a fait a pu avoir des dommages irréparables. Le lecteur lui, hésite entre une empathie permanente, chahutée par la réalité des atrocités dont Livewire est responsable. De quoi se rappeler à la force de Valiant et de son univers, à savoir cette évolution en constantes nuances de gris.


Le livre s'articule en trois chapitres distincts, pour lesquels Ayala jouera sur des thématiques très marquées. Pour ne pas trop en dire, mais afin que vous en saisissiez bien l'idée, le premier arc est une forme de Secret Weapons 2, où Amanda doit faire face à ses anciens protégés ; le second a une forme plus classique dans sa narration, l'héroïne étant à la recherche d'une psiotique embrigadée dans une école de formation tenue par le gouvernement ; le troisième, et honnêtement le meilleur, prend de plein fouet un courant politique où le personnage de Livewire lui-même est utilisé comme atout dans le cadre d'une campagne électorale. Surprenant et résolument aux antipodes de ce que l'on retrouve dans les comics super-héroïques de façon plus générale, ce troisième volet illustre aussi la diversité des propos et la malléabilité du récit dont son autrice est capable. Un très bon point. 

En tant que femme noire tout comme en tant que psiotique, la symbolique derrière Livewire et sa place dans la société américaine sont doubles - ces derniers étant également utilisés comme métaphore du racisme, comme ont pu l'être les X-Men depuis leur création. Le fait d'avoir une campagne électorale en trame principale du troisième chapitre donne un côté frontal au discours d'Ayala, qui ne se cache pas de ce qu'elle a à raconter. Et avant qu'on n'accuse de vouloir implanter des idées au forceps, tout le talent de la scénariste et qu'il n'y aura pas de réelle "victoire" du "camp du bien" puisque là aussi, il est question de sacrifices pour une cause, d'équilibre dans les choix à faire pour mener un combat, de nuances et de contradictions. Dans l'ensemble, Livewire permet donc de faire évoluer son héroïne au fil des douze numéros - avec un parcours qui laisse entendre le meilleur pour la suite dans l'univers Valiant.


Sur le plan graphique, une équipe créative est attribuée à chaque arc, ce qui reste une bonne façon de faire en termes de continuité visuelle. Dans un premier temps, on retrouvera donc les fantastiques Raùl Allén et Patricia Martin, déjà présents sur Secret Weapons, d'où le ressenti que l'on vous expliquait déjà avant. La finesse du dessin, le découpage et la colorisation très caractéristique font qu'on retrouve le meilleur de la mini-série (qu'on vous invite donc à retrouver si ce n'était pas encore fait). Kano a un style qui tendrait à se rapprocher de ce duo, assurant un second arc assez correct d'un point de vue visuel, les scènes d'action étant assez réussies. De façon plutôt curieuse, c'est Tana Ford qui décevra dans la troisième partie, avec une approche graphique moins flatteuse. Le dessin souffre de la comparaison avec les précédents numéros ; la dessinatrice ne maintient pas la même rigueur notamment sur les visages de ses personnages, le style général en pâtissant. Fort heureusement, la force du scénario permet de compenser ce léger écueil, au sein d'une lecture qui, globalement, a franchement tout pour elle pour qui aime l'univers Valiant.

Il aura fallu l'attendre quelques temps, ce Livewire, mais l'attente en valait le coup. Vita Alayas signe une très bonne maxi-série autour de cette héroïne au parcours complexe, plein d'aléas et de contradictions, qui la rend particulièrement intéressante. Au fil de trois arcs bien distincts, dont un très bon dernier chapitre fortement politique, l'autrice fait s'élever son héroïne, l'amenant à une nouvelle étape de son évolution, depuis qu'elle était le bras droit de Toyo Harada. Avec un ensemble de dessinateurs qui assurent le taff, quand il n'est pas tout simplement excellent, il y a donc dans Livewire de quoi satisfaire tous les passionnés de la branche psiotique de l'univers Valiant. On recommande, forcément.

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Arno Kikoo
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