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Black Cat Tome 1 : Ocean's Eleven au scénario, Cats aux effets spéciaux

Black Cat Tome 1 : Ocean's Eleven au scénario, Cats aux effets spéciaux

ReviewPanini
On a aimé• Les dialogues de Jed McKay
• Une édition française bien remplie
• Un divertissement facile d'accès et rythmé
On a moins aimé• Un mauvais choix de dessinateur
• Les fonds et effets numériques vulgaires
• Scénario peu épais et sans visée de long terme
Notre note

Dans l'avalanche de Spider-séries proposées par Marvel l'année dernière, le lectorat s'est apparemment retrouvé, aux Etats-Unis, sur le titre Black Cat de Jed McKay et Travel Foreman. Articulée autour d'un personnage populaire dans une série déconnecté de tout événement ou d'éléments de continuité parasite, la série venait fêter les quarante ans d'existence de Felicia Hardy dans le feutré (peu de promotion autour de cet anniversaire, en dehors de la trentaine de couvertures variantes déployées par Marvel - en résumé, rien d'exceptionnel). Que la série ait été commandée en réponse au contenu additionnel du jeu Spider-Man d'Insomniac Games ou en réaction à la série Catwoman de Joelle Jones, la seule variable sûre reste le succès impressionnant de cette proposition isolée, en dépit de critiques légitimes sur la qualité du boulot fourni.

Le fait est que Black Cat n'a, proportionnellement à sa rivale de chez DC Comics, pas eu droit à énormément d'aventures en solitaire. La plupart des titres de sa bibliographie hors Spider-Man restent peu mémorables, en dépit des qualités propres au personnage. Le volume récent, publié par Panini Comics dans une édition bien fournie, a surtout le mérite d'être accessible, marrant, et, à l'inverse d'autres séries d'héroïnes Marvel ces dernières années, de ne prendre aucun risque pour vexer qui que ce soit. La lecture en devient donc sympatoche, à défaut d'être indispensable.
 
 
 
Black Cat se présente dans un format d'histoires courtes, enchaînant les cambriolages à différents endroits de l'univers Marvel. Un musée, le manoir de Doctor Strange, la maison des Fantastic Four, un micro-panorama des variétés de ce monde de fiction vue sous un angle parodique et léger - le bouquin aurait tout d'une série à la All-New Marvel ou Marvel Now! dans son commentaire parodique des clichés de la Maison des Idées, avec cette écriture méta' et légère qui ne s'embarrasse pas de problématiques compliquées. Felicia avance de boulots en boulots, seulement interrompue par un sous-texte obligatoire sur ses origines, sa vocation de braqueuse et son héritage paternel, dans les clous de ce type de séries fixées sur un personnage solitaire et relativement peu exploité jusqu'alors. McKay s'amuse au scénario, en développant un ton comique souvent assez bien mené et qui laisse une bonne place à l'esprit d'équipe qui fédère Black Cat et ses sbires fidèles, ou le "méchant" malgré lui, un pauvre gars tombé au mauvais endroit au mauvais moment.
 
En vérité, problème principal de ce premier volume saute aux yeux dès les premières pages. Travel Foreman, qui a sans doute été tabassé par un encreur quand il était petit et a depuis décidé de consacrer sa vie à la vengeance, ne fait aucun effort pour rendre la lecture agréable ou parfois même lisible. Des traits brouillons aux visages simplistes s'ajoutent une variété d'effets numériques dans les contours (peu définis), les effets de flous ou des décors vides, remplis à la pioche par le coloriste Brian Reber qui se contente d'apposer de curieux effets bichromatiques de mauvais goût. 
 

 
Là-dessus, si l'éditorial peut se vanter d'avoir eu le nez creux en proposant une série Black Cat au moment où beaucoup de gens étaient intéressés, la plupart des lecteurs anglophones se seront déjà accordés sur le rendu médiocre des planches, au moins de voir l'artiste varier à un rythme plus soutenu dans les numéros suivants. De la même façon, les expressions faciales ne répondent pas forcément au texte, ou les dialogues mitraillettes du scénario s'étouffent parfois dans des cases figées, qui alourdissent certaines blagues ou livrent un aspect bavard qui serait sans doute mieux passé en d'autres mains, ou d'autres crayons.
 
Dans l'absolu, si l'écriture de McKay évoque la méthode appliquée par Marvel dans la foulée du succès de Hawkeye, avec des titres plus légers, plus méta' et focalisés sur un personnage moins en vue que les grandes figures de la Maison des Idées, les périodes Marvel Now ou All-New avaient l'avantage d'opter pour des dessinateurs volontairement accessibles, pour pousser l'appel du pied aux nouveaux lecteurs. On pense par exemple à Javier Pulido sur She-Hulk, Robbi Rodriguez sur Spider-Gwen ou Javier Rodriguez sur Spider-Woman, voire même en moins comique, Chris Samnee sur Black Widow. Des couleurs vives, des styles variés, une compréhension de l'esthétique à l'envers de la proposition "conventionnelle" du super-héros, sur des séries pensées pour souffler un vent de renouveau sur ce répertoire. A l'inverse, Foreman paraît déjà archaïque, comme si les planches de Black Cat avaient été téléportées depuis l'ère Heroes Reborn, où les dessinateurs commençaient à expérimenter avec le numérique et où les visages ou les silhouettes n'étaient pas la priorité du moment. 
 

 
En définitive, Black Cat reste toutefois une lecture sympathique pour peu qu'on apprécie le personnage, ou que l'on recherche un titre détente sans engagement émotionnel ou d'intrigue longue durée. La série ne se compare pas, de près ou de loin, aux chefs d'oeuvres écrits sur Catwoman (pour les amateurs ou amatrices de femme-chats cambrioleuses) mais entre dans cette catégorie de titres automatiques proposés par Marvel qui se laissent lire sans déplaisir pour respirer entre deux événements gargantuesques. Le boulot de McKay a surtout l'énorme défaut d'être illustré par un artiste qui ne lui correspond pas. 
 
Black Cat se présente donc comme un divertissement, ni plus ni moins, avec un personnage suffisamment rare pour motiver les curieux. Ce premier volume évoquerait dans son style les premières aventures de Spider-Man sous l'ère Dan Slott, avec une utilisation ample de l'univers Marvel de New York, un ton léger et sans visée dramatique, avec quelques blagues qui fonctionnent et d'autres qui fonctionnent moins. Ni un indispensable ni un raté, la série se lit sans déplaisir mais pêche par ses choix artistiques, qui font qu'on lui préférera d'autres aventures consacrées aux héroïnes de la Maison des Idées sur la dernière décennie, où se cachent quelques lectures de meilleure tenue et qui valent davantage le détour. Pour les mordus de Felicia Hardy, mettons que ce premier tome fait le boulot, faute de mieux.

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Corentin
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