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Green Lantern : Emerald Twilight, déchéance et bravoure dans un recueil historique

Green Lantern : Emerald Twilight, déchéance et bravoure dans un recueil historique

ReviewUrban
On a aimé• Découvrir enfin en VF ce moment historique des Green Lantern
• L'attachement immédiat à Kyle Rayner
• Une chute et une naissance qui se répondent bien
• Le choix du Green Lantern #0
• Un dessin efficace...
On a moins aimé• Quelques précipitations dans l'exécution
• Le terrible "Woman in refregirator" de l'époque
• Un dernier chapitre anecdotique
• ... mais qui ne vieillit pas très bien
Notre note

Quand Geoff Johns démarre au début des années 2000 la mini-série Green Lantern : Rebirth, c'est pour remettre en avant Hal Jordan, le porteur d'anneau du Silver Age, qui avait perdu sa fonction au courant des années '90. Tout au long de cet arc, initiateur d'un run devenu désormais iconique, Johns expliquait que les méfaits de Jordan - entre autres, avoir massacré tout le Green Lantern Corps existant, puis les terribles exactions de Zero Hour (encore inédit en VF) - étaient causés par un parasite incarnation de la peur, Parallax

Le scénariste revenait énormément aux évènements qui ont mené à cette déchéance dont il n'était au final pas vraiment responsable : la destruction de Coast City, un deuil insurmontable, la passation de pouvoir à un certain Kyle Rayner. Si les lecteurs de Green Lantern en France connaissent ce déroulé grâce au run de Johns qui y fait maintes fois références, il était désormais temps de pouvoir les lire tels que présentés originellement. C'est ce qui est désormais faisable avec Green Lantern : Emerald Twilight, second volume d'Urban Comics dans sa collection DC Confidential, chargé de montrer cette histoire connue, mais restée un poil "secrète", d'un moment on ne peut plus important dans la mythologie de Green Lantern.


La première partie du recueil est consacrée à Emerald Twilight (un titre en réponse à Emerald Dawn, qui avait été donné à deux mini-séries chargées de replacer les origines de Hal Jordan après Crisis on Infinite Earths), qui nous raconte donc la déchéance d'Hal Jordan. S'il sera conseillé d'avoir lu The Death of Superman pour bien comprendre d'où vient la situation initiale, le travail éditorial d'Urban Comics dans ses textes d'accompagnement est toujours adéquat, permettant de replacer le contexte éditorial, tant dans l'histoire que dans la position où se trouvait DC Comics à l'époque. On peut donc aborder le point de départ en étant presque novice, bien qu'il faille être honnête : cette collection DC Confidential est en premier lieu là pour des lecteurs et lectrices qui ont un bon pied dans les univers de l'éditeur à deux lettres, et souhaitent en découvrir encore plus du côté Green Lantern. En trois numéros, donc, on assistera au coup de sang de Jordan, dans une saga qui transforme le super-héros en fou assoiffé de vengeance, meurtri par son deuil, un sentiment d'impuissance et la volonté de se faire justice qui rend ses capacités de Green Lantern démultipliées.

On reconnaît dans la façon de faire de Ron Marz, illustre scénariste, une volonté de chahuter son lectorat. Emerald Dawn va vite, très vite, et ne s'embarrasse pas des détails, car il faut briser Hal Jordan. A titre personnel, votre rédacteur n'est pas forcément le plus fan de cette période où DC Comics plongeait à corps et âme dans la torture de l'ensemble de ses héros (on se situe à l'époque où Superman meurt, où Batman voit son dos brisé, où Aquaman a sa main tranchée, et ce recueil est dans cette droite lignée). Mais la lecture, avec un regard moderne et le recul, relève d'un intérêt presque patrimonial. D'autant plus que cette courte saga était inédite dans la langue française, et que l'ouvrage d'Urban Comics permettra enfin de découvrir un passage qui a été tant conté par d'autres par la suite. Si Emerald Dawn est cruel et expéditif, on se rend désormais compte à quel point il a été important comme fondation d'un nouveau pan de la mythologie Green Lantern. Difficile de ne pas l'apprécier à cet égard.


La seconde partie est tout aussi intéressante puisqu'elle permet d'assister à la naissance de Kyle Rayner en tant que quatrième porteur d'anneau (après HalJohn Stewart et Guy Gardner), lui qui en sera le seul pendant le reste des années '90. Ron Marz change la donne avec un nouvel agent de feu le Green Lantern Corps, choisi par Ganthet, qui va devoir apprendre sur le tas comment user de ses capacités et quelles sont ses nouvelles responsabilités. Un parcours de débutant plein de fraîcheur, qui permet au scénariste de revoir les codes de cet apprentissage. Rayner étant illustrateur, c'est la parfaite occasion de se faire plaisir sur le plan visuel, tant dans les créations que le nouveau Green Lantern peut se permettre grâce à son imagination, que dans le design de son costume. Le jeune homme a quelque chose d'immédiatement charismatique, en dépit de deux premiers arcs qui eux aussi, ne prennent pas le temps de se poser.

Bien entendu, les débuts de Rayner sont aussi le témoin d'une affreuse façon de faire sur le traitement des personnages féminins, avec un passage désormais devenu célèbre, témoin éternel de la "women in refregirator", amené ici de façon cruelle et brutale. Le choc, le traumatisme nécessaire pour que Kyle prenne sérieusement son rôle de Green Lantern, et un rappel sur une façon de fonctionner propre à cette époque des comics, qu'il est bon de garder en mémoire, ne serait-ce que pour apprendre des errements passés. Ron Marz reconnaît d'ailleurs dans sa postface que tout n'a pas été des plus roses, mais comme expliqué précédemment, cette période, au-delà de ses qualités narratives, a valeur et portée historique qui en font tout son sel. Si Urban Comics ne peut présenter également dans cet ouvrage Zero Hour (la suite plus ou moins directe du passage Emerald Twilight), on apprécie d'en retrouver son épilogue qui oppose Jordan à Rayner, comme une façon de boucler la boucle sur les deux moitiés distinctes du bouquin. L'ultime numéro, plus anecdotique, revient sur le côté romantique de Rayner mais n'intéresse que peu en dehors du reste de ses aventures.


Il sera plus difficile de se prononcer sur la partie graphique, tant les artistes ayant assuré aux côtés de Marz sur cette période de transition sont nombreux. On reconnaît des noms talentueux comme Bill Willingham, Jamal Igle, mais c'est Darryl Banks que l'on retrouve le plus souvent dans les planches intérieures. L'ensemble des dessinateurs opérants sur l'ouvrage suivent une même école graphique, elle aussi assez caractéristique du style qui marchait le mieux dans les comics de cette période. Les corps sont musculeux et sexualisés, qu'ils soient masculins ou féminins, le trait se veut réaliste, on donne beaucoup d'importance aux poses pour les séquences d'action. Certains passages (l'affrontement contre Sinestro, le retour de Mongul) sont marquant, comme certaines des couvertures qui viennent séparer les chapitres, mais il faut reconnaître que ce n'est pas le dessin, qui ne vieillit pas au mieux ici, qui constitue l'intérêt principal de l'ouvrage. L'univers Green Lantern s'est néanmoins toujours montré riche visuellement, l'une des forces du bouquin étant de nous proposer à la fois une déchéance spatiale suivi d'une renaissance plus terre à Terre.

Lecture hautement satisfaisante, Green Lantern : Emerald Twilight confirme tout le bien que l'on peut penser de la collection DC Confidential. La déchéance d'Hal Jordan et la naissance de Kyle Rayner sont bien connues du lectorat de Green Lantern, parce que largement racontés par Johns dans son run mythique. L'occasion est donc donnée de découvrir concrètement ces évènements, tels qu'ils ont été publiés à l'époque. Rythmé et marqué des travers narratifs de son époque, Emerald Twilight reste un fascinant marqueur de l'Histoire des Green Lantern. Une fenêtre sur le passé qu'on se plaît à (re)découvrir avec un certain recul. Certainement indispensable pour les fans des porteurs d'anneaux.

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Arno Kikoo
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