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The Boys : coup de savate dans l'entrejambe du surhomme

The Boys : coup de savate dans l'entrejambe du surhomme

ReviewSeries tv
On a aimé• Un quasi-sans faute du côté du casting
• Bonne relecture des comics originaux
• L'ironie d'une bande son sans queue ni tête
• Les blagues de dauphins
• Du fond, des idées, des bonnes vannes
• Une incitation à découvrir le comics...
On a moins aimé• ... Qui reste plus dense et plus riche à bien des niveaux
• Des errances techniques dans la mise en scène
• Un poil trop rapide pour une première saison
• Hughie n'est plus Ecossais
• Frenchman n'écoute pas 13 Block dans l'épisode 2
Notre note
Ce vendredi, Amazon Prime mettait à la disposition de ses abonnés l'ensemble de la première saison de The Boys, seconde adaptation des écrits de Garth Ennis par Seth Rogen et Evan Goldberg après la série Preacher sur AMC. Le hasard des cycles et le renouvellement des grilles de programmes étant ce qu'ils sont, après que la chaîne ait décidé de mettre fin aux aventures de Jesse Custer et sa clique, les deux co-créateurs auront déplacé sur Amazon leur obsession de fans pour les oeuvres du scénariste irlandais, enrôlé Eric Kripke pour le développement et passé quelques années à étudier ensemble les concessions d'usage à opérer sur les comics originaux de Dynamite Entertainment.
 
Si beaucoup lui préfèrent son Punisher, son Hellblazer ou son Hitman, des récits plus brefs tels que Just A Pilgrim, ou son chef d'oeuvre PreacherThe Boys reste néanmoins l'une des oeuvres les plus emblématiques du style de Garth Ennis. Un Irlandais fasciné par la mythologie martiale des Etats-Unis, et souvent écoeuré par la fascination et l'obsession des capes et justiciers de cette étrange terre d'accueil. Authority, Planetary, Watchmen, Marshal Law, les déstructurations des héros de comics chez Vertigo The Boys s'inscrit dans toute une tradition de bouquins livrés par les plumes coléreuses du vieux continent, avec la même manie vengeresse de remettre à leur place les idéaux américains, le mensonge patriote et le héros bannière, un coup de savate britannique dans l'entrejambe d'une certaine école de propagande qui se sera souvent attardée sur la figure de Superman.
 

 
Il n'est pas impossible que vous ayez croisé le bouquin dans les rayonnages de votre médiathèque locale, dans les bacs désorganisés de brocanteurs ou de revendeurs d'occasion, voire chez un ami fan de bizarreries. Il est aussi probable que vous n'ayez pas été au bout de la lecture - derrière la densité des thèmes brassés au fil de ses soixante-douze numéros de parution originale, The Boys aura effrayé pas mal de lecteurs, rebuté par sa violence gratuite, sa vulgarité crasse et la quantité de dégueulasseries propagées au fil des volumes. Connu pour son humour gras, noir ou absurde, Garth Ennis s'en était, à l'époque, donné à coeur joie, et si l'on trouve énormément d'intelligence ou un propos pertinent sur toute une variété de sujets dans l'oeuvre au format papier, elle aura participé à précipiter la chute de l'auteur auprès de nombreux fans de ses anciens travaux. 
 
Une bonne partie des réflexions de The Boys se retrouve dans l'adaptation proposée par Rogen, Goldberg et Kripke. Beaucoup d'autres choses ont cependant été bêtement et simplement modifiées ou effacées, et certaines autres ajoutées, pour moderniser le propos d'un bouquin resté ancré aux angoisses de l'Amérique dans l'après 11 septembre et à l'aube d'une obsession macro-culturelle pour le super-héros sur les écrans. Au sortir de la première saison, on s'attendrait à un confortable succès d'estime, voire à une publicité déguisée pour découvrir l'équivalent papier - dans l'ensemble, on a surtout beaucoup de choses à dire sur ce qui serait, enfin, une adaptation avec du fond.
 

The Name of the Game 


 

A ceux qui n'auraient pas lu, voici en quelques lignes un résumé de l'intrigue de The Boys à peu près équitable pour les deux versions. Dans un monde où les super-héros font partie du quotidien des Etats-Unis, l'état s'inquiète que la popularité de ces surhommes en justaucorps ne pousse l'opinion à accepter qu'on les intègre au programme militaire du pays. Pour éviter de voir les super-héros remplacer les soldats, l'Amérique mandate le colonel Mallory pour la formation d'une unité d'élite, dont le rôle serait de surveiller l'action des héros à pouvoirs, de limiter leur action et de les sanctionner dans le cas où ils enfreindraient la loi. Après un incident mystérieux, le vieux chef militaire quitte le groupe, laissant Billy Butcher, son second, en charge des opérations. 

Les héros de ce monde ne sont cependant pas semblables à ceux des maisons de comics traditionnelles : en coulisses, les justiciers costumés de The Boys obéissent à une entreprise baptisée Vought American, spécialisée dans la gestion du marketing et du merchandising des surhommes, façon Disney, Warner Bros. ou Marvel Studios. Droits de télévision, figurines, jouets, émissions de télé-réalité, les super-héros ne sont en fait que de gigantesques emblèmes publicitaires pour amasser des milliards en vendant au public l'illusion de personnages valeureux, bons sous tout rapports et épris de justice et d'utopie bien américaine. Ils sont en réalité, pour la plupart, des pervers, narcissiques, toxicomanes, alcooliques, obsédés par leur image et leur sexualité. 
 
En cherchant à grossir les rangs de son équipe, Billy Butcher va engager le jeune Hughie, dont la petite amie est morte récemment suite à une collision avec A-Train, bolide de l'équipe The Seven, un équivalent local de la Justice League. Le héros va découvrir les règles de cette nouvelle vie d'espion et de redresseur de torts, dans un monde où ça bastonne sec et où la justice où la rédemption sont rarement au rendez-vous. 

Jings, cunts and bollocks


 
La version filmée de The Boys s'éloigne en grande partie des écrits de Garth Ennis, et pas nécessairement sur le seul angle de la violence graphique et verbale qui forment la signature du scénariste. Si Eric Kripke reste le premier responsable des scénarios de cette première saison, on retrouve le procédé appliqué au travail de Rogen et Goldberg sur Preacher : une relecture mécanique du matériau de base, où sont conservées quelques pistes, une direction d'ensemble et le caractère de certains personnages, là où d'autres seront essentiellement réécrits et inscrits dans une intrigue faite d'allers et retours désordonnés entre différents moments de la bande-dessinée. L'ensemble devient, au fil des épisodes, une trahison pétrie d'admiration pour le bouquin, façon The Mask, un bon produit sorti d'usine mais qui s'éloigne grandement de l'idée originale.
 
A titre d'exemple, le personnage de Hughie n'est plus écossais, et perd son célèbre jargon de Glasgow. Cette transformation n'a rien d'un détail une oeuvre où, au départ, les deux personnages principaux venaient du Royaume-Uni, guidant le regard critique de Garth Ennis sur les Etats-Unis via cette double personnification de son propre bagage culturel, pour mener un discours sur les icônes de la nation étoilée. Le Billy Butcher de Karl Urban est également plus fantasque ou excentrique que son équivalent séquentiel, moins froid, moins psychopathe, moins accroché à un grand plan d'ensemble où l'envie de savater le Homelander l'aurait mené vers une attitude plus cruelle et sans foi ni loi. 
 

 
Le comédien est la première des bonnes choses proposées par la série, qui compte dans ses forces une distribution plus que réussie. Par-delà les différences qui séparent les deux versions, Urban semble tout droit sorti d'une case de BD dans son rôle de Butcher aux improbables chemises à motif, proche de John Constantine dans sa posture de personnage typique d'Anglais bourru et grande gueule. Appuyant savoureusement sur certaines répliques, extirpées du travail d'adaptation pour se retrouver parfois récitées au mot près, dans des envolées où l'accent forcé au possible rend la compréhension difficile sans l'apport des sous-titres (faites le test), le personnage est à la hauteur du Cassidy de Joseph Gilgun dans Preacher, une belle réussite qui fait mieux que les autres le pont entre ses deux itérations.
 
A son côté, le comédien Tomer Kapon livre une réinterprétation habitée de Frenchman, inexplicable vanne méta' de Garth Ennis sur les Français, transformé ici en gangster sous-doué et assommé aux drogues. Héros francophone (et marseillais de surcroît) fasciné par l'héroïne asiatique, le bonhomme garde le double-dialecte et un amour pour le son de Youssoupha (oui) qui donneraient à certaines de ses scènes un étrange parfum de Luc Besson - qui sommes nous pour juger. Jack Quaid livre de son côté un ensemble honnête en Hughie, avec l'aval paternel de Simon Pegg, qui prêtait ses traits au personnage dans les comics, pour montrer que les équipes de productions ont bien fait leurs devoirs. Tout air de ressemblance avec Bill Hader ne serait que fortuit.
 

 
A noter à ce sujet que Kripke, par-delà les concessions obligatoires au texte original, reste toutefois un admirateur convaincu de Garth Ennis et de ses nombreux travaux. Il aura à cet égard eu l'occasion de travailler avec John Higgins et Glenn Fabry, deux proches de l'auteur, sur son propre comics, Jacked, une autre parution ultra-violente publiée il y a quelques années chez Vertigo, l'éditeur responsable de l’avènement d'Ennis avec Hellblazer et Preacher. Il se sera également inspiré de la figure de John Constantine à divers moments de son travail sur la série Supernatural, une production CW qui l'aura aidé à se faire connaître du très grand public. Le ton ouvertement permissif de celle-ci accompagne la série The Boys, qui va même se foutre de certains tics des super-héros proposés sur la petite chaîne.
 
L'exemple le plus pertinent étant, évidemment, le personnage de The Deep, une méta-parodie des méta-parodies répondant à près d'un demi-siècle de foutage de gueule sur l'infortuné Aquaman, depuis Robot Chicken à South Park en passant par la boutade grimaçante de Ben Affleck à Jason Momoa dans le film Justice League. Kripke transforme ce héros, très anecdotique dans le comics, en un incroyable abruti. Entre tendresse et méchanceté, entre critique de la masculinité toxique et un apitoiement sincère sur cette image de couillon prétentieux dérobé de son ego de vedette, le héros passe pour une critique méta' et finalement plus profonde que prévue de la génération CW, depuis le costume jusqu'au choix du comédien (Chace Crawford, ancien de Gossip Girl). La scène du dauphin, sommet comique de cette première saison, est à la fois le meilleur ajout et le meilleur hommage à l'humour Garth Ennis que l'on pouvait espérer.
 

 
D'autres changements sont tout aussi bienvenus. A-Train (Jessie Usher), personnage fonction sur les dommages collatéraux et les violences faites aux femmes dans les milieux masculins dans la bande-dessinée, se transforme dans la série en une parabole sur les sportifs de haut niveau et le dopage, le contrôle de l'image publique par les sponsors et l'addiction aux drogues devant la pression du terrain. Une analogie plus en accord avec la fascination des Etats-Unis sur les athlètes et leur sur-médiatisation, qui donne plus de corps à un héros finalement assez creux chez Ennis et Robertson. Dans le même ordre d'idées, la Queen Maeve de Dominique McElligott ne passe pas par les soubresauts chaotiques de son équivalent de papier, grandement abîmée par l'esprit noir et cynique de son créateur. Plus forte, plus confiante, mais aussi plus fragile, la comédienne campe une amazone mature et dense à chemin entre Lynda Carter pour le bleu de son regard et Gal Gadot pour son costume -  un portrait presque plus entier de Wonder Woman que les versions cinéma souvent plus simplistes de ces dernières années.
 
On saluera également Elisabeth Shue, vice-présidente de Vought qui remplace le mathématique James Stillwell des comics. D'une manière générale, tous les acteurs font le job, et la série choisit de s'intéresser à eux suffisamment longtemps pour leur donner, à tous, un peu de relief. Si tout n'est pas parfait ou équitablement réparti, sortir d'une construction manichéenne ou bêtement parodique pour accompagner ces héros et anti-héros, même sorti du cadre, ajoute au vivant de ce petit monde de fiction, peuplé de gueules et de caractères entre génie et stupidité.

The Self Preservation Society


 
D'autres changements seraient à énumérer, trop nombreux pour pouvoir les lister. Dans l'ensemble, la série va principalement aller vers l'idée de moderniser le propos, via des idées toutes bêtes ou très logiques, comme le fait de faire de Starlight une héroïne de l'ère post-MeToo. Sa trajectoire décrit un mouvement sociétal très actuel et très général dans les médias et les mentalités en Occident, pour faire résonner plus vite ou plus fort l'idée d'émancipation. 
 
Un principe qui se joue à plusieurs niveaux, via ses pairs, son entreprise, l'emprise parentale ou la tradition chrétienne des Etats-Unis et sa vision du sexe pré-marital - tout un tas de petites idées balancées parfois très vite, mais avec assez d'adresse pour ajouter au message d'ensemble. Les grandes lignes directrices du comics sont là, depuis l'agression en milieu professionnel jusqu'au le contrôle de la tenue et le contrôle de l'image par les sociétés de productions, qui évoqueraient le cas de certaines personnalités des milieux de la musique ou de la politique. Manquerait l'analyse plus froide de l'évolution des récits en bande-dessinée - dans The Boys, Starlight change en réalité de costume deux fois, pour aller vers toujours plus de sexualisation. Les scénaristes remodèlent son image pour ajouter une retcon à son origin story, expliquant qu'elle choisit de devenir plus sombre et plus sensuelle après avoir subi un viol. Une critique froide de l'écriture du Dark Age qui ne se retrouve pas dans la série d'Amazon - celle-ci choisissant d'aller plus vite vers la rébellion de l'héroïne, le message devient plus bref, mais pas forcément moins intéressant.
 
Kripke et Rogen s'amusent aussi à charger les adaptations en règle très générale, dans une mécanique de l'arroseur arrosé. Une bonne place est laissée au foutage de gueule anti-Marvel Studios ou à la CW, voire à tout le star système télévisuel, avec un générique en passe de devenir légendaire où le Homelander pousse un enfant sur un engin à ressort. L'idée de parodier les adaptations dans une adaptation reste le principal motivateur des débuts de cette première saison, avec un ensemble de blagues bien tournées qui nous rappelle que, dans notre monde réel, nous ne connaissons de ces héros que les parodies clinquantes et blindées de placement de produit qui nous sont livrées à intervalles réguliers par les hautes sphères du divertissement grand public. Accessoirement, la série n'est pas plus que fan que ça des rassemblements chrétiens.
 

 
Tout n'évolue pas au même degré de pertinence, mais la place de l'homme de pouvoir comme dominant agressif reste le principal message à lire entre les lignes de chaque épisode, porté par le Homelander d'Antony Starr. L'ex vedette de Banshee, dans un perpétuel balancier de justesse et d'exagération, livre la prestation de sa carrière : un Superman fou, bipolaire, torturé, sadique ou détaché des choses, haranguant des populations qu'il méprise et opérant comme un engin en perpétuelle instance de détonation. Parfois glacial, parfois hilarant - souvent hilarant, en réalité - Starr incarne le héros véritable de cette version épisodique.
 
D'aucuns aux Etats-Unis comparent le bestiau à un monstre créé par les médias, égoïste et trop puissant pour être contrôlé, ce qui pourrait être lu une main tendue à la critique présidentielle qui s'abat depuis quelques années sur les oeuvres de fiction - cela étant, on vante trop souvent l'argument anti-Trump comme un gage de qualité pour devoir obligatoirement l'ajouter au sous-texte général. L'acteur, avec la coupe de cheveux de Chris Evans et la mâchoire d'Henry Cavill, symbolise surtout les forces et faiblesses de la série, dans son évolution rythmique à deux vitesses comme dans le génie de ses vrais grands moments. Un tyran, grand enfant et qui remplace la relation père-fils symbolique du héros des comics avec James Stillwell pour un complexe d'Oedipe des plus glaucques - là-encore, on est à peu près persuadés que Garth Ennis aurait approuvé.  

Herogasm


 
Des costumes aux dialogues jusqu'aux interjections d'émissions de télé' délirantes dans ce monde absurde, The Boys se consomme comme une agréable surprise. Iconoclaste dans son dosage entre parodie purement comique et adaptation frontale d'une oeuvre qui reste sérieuse dans le fond, la série réussit un grand écart hasardeux et parfois malhabile sur le plan technique. La mise en scène est parfois trop molle pour répondre aux intelligences du texte, la direction des comédiens ne se retrouve pas forcément, certains préférant le ton comique à celui du drame, des fonds verts tristounets viennent parfois se figer derrière des acteurs cherchant leurs repères dans l'espace, la photo hésite parfois et se contente souvent de trois couleurs (blanc étincelant, bleu et jaune pisse à la Netflix), et certaines compressions temporelles ne se traduisent pas toujours bien à l'écran.
 
Cela étant, au-delà de ces errances techniques, Amazon et Sony Pictures sont parvenues à produire une série avec un peu de fond, probablement en n'allant pas emmerder les créateurs ou imposé grand chose aux équipes en dehors d'un budget modéré. Le fameux supplément d'âme qui manque parfois à certains décalques de la culture séquentielle, en particulier au cinéma, obnubilées par l'idée de faire rire sans convictions. Dans The Boys, les vannes tombent juste pour une raison précise, à un moment précis. Les héros ou thèmes parodiés n'oublient pas les qualités ou les fondamentaux des personnages qui inspirent ces versions sous acides, en donnant parfois plus de corps ou de personnalité à un Aquaman de contrefaçon qu'à son portrait officiel dans l'actuelle mouture de cinéma. Plus vrais, plus fous, plus extravagants et plus intéressants en définitive que la plupart de leurs homonymes du petit ou du grand écran, ces personnages fonctionnent parce qu'on ne les trouve qu'ici, et pour ces petits moments de génie qui permettent d'oublier les erreurs de raccords.
 

 
On pourra d'ailleurs saluer Amazon pour la brièveté de cette première saison, un reproche adressé très fréquemment à Netflix dans ses adaptations maison, alourdies par un ventre mou  forcé par la longueur symbolique des treize épisodes. A l'inverse, The Boys va vite, et presque trop vite en comparaison de son équivalent comics. Kripke, Rogen et Goldberg livrent ici la vision de quelqu'un qui aurait lu le début et la fin de la bande-dessinée, là où celle-ci semblait plutôt avancer à vue en se laissant découvrir révélation par révélation. Dans le cas du Homelander, l'adaptation y trouve un personnage plus riche que dans les premiers volumes, parce qu'elle a conscience de ce que l'anti-héros sera amené à devenir, à l'image de Starlight ou Queen Maeve
 
A l'inverse, Hughie perd sa qualité première, celle d'être le type normal qui accompagne le lecteur dans sa découverte d'un monde compliqué et tordu. Un entre deux que l'on pourra ajouter aux bonnes choses de la série : elle ne suffit pas à couvrir la compréhension des thèmes évoqués en BD, et devrait plutôt vous donner envie de découvrir les bouquins originaux pour faire par vous même la comparaison. Des petites références se glissent çà et là : l'évocation de Terror, le fidèle toutou de Butcher, le passé de sexe tordu entre le héros et la directrice Rayner, un Simon Pegg qui scande le fameux "jings" du Hughie des comics, et les quelques répliques de Frenchman en Français dans le texte. Autant de petites déclarations d'amour à l'auteur original, ou de messages envoyés aux lecteurs fidèles pour dire, en substance "on pouvait pas tout faire, les gars".
 

 
Au sortir de la vague d'annulations qui s'est abattue en ce début d'année sur les séries adaptées de comics, The Boys arrive pour redresser la barre dans un élan enthousiasmant. Loin d'être la meilleure série sur le marché, de réussir tout ce qu'elle entreprend ou d'être en mesure de séduire un public de télévores dopé aux productions HBO, le projet de Kripke, Rogen et Goldberg arrive à trouver sa place dans les sorties de cet été : divertissement plus que correct, adaptation infidèle mais trahison réussie, la série fait rire, dégueule les gerbes de sang quand il le faut, sort les musiques les plus grotesques et évidentes possibles au bon moment avec un second degré digne de l'auteur original, et dresse une galerie de portraits haute en couleur au firmament de son équivalent séquentiel. Si celui-ci reste en tout point supérieur, on pourra rappeler que les bouquins The Boys n'ont jamais brillé pour leur style visuel, ce qui vaut aussi pour la série, mieux écrite que filmée ou montée. Parodie réussie et sincère des super-héros du monde réel, ceux du cinéma et des séries devenus de simples machines à imprimer des billets de banque pour satisfaire l'appétit de costards-cravates où se terrent parfois quelques vrais super-méchants, on appréciera la respiration de cynisme au coeur d'une année particulièrement routinière. Vivement la prochaine saison.
Corentin
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