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Immortal Hulk Tome 1 : chronique horrifique d'une Amérique en perte de repères

Immortal Hulk Tome 1 : chronique horrifique d'une Amérique en perte de repères

ReviewPanini
On a aimé• L'aspect horrifique porté sur le personnage
• La proposition de départ d'Al Ewing...
• Un troisième numéro stylistique réussi
On a moins aimé• ... mais qui devient plus conventionnelle par la suite
• Un dessin efficace, mais qui manque de personnalité
Notre note

Si une grande partie des publications estampillées "Fresh Start" de Marvel a trouvé maison dans les nouvelles revues sofctover de Panini Comics, certains titres profitent d'une parution directement en librairie, telle que la relance de Hulk sous l'intitulé Immortal Hulk. Retour aujourd'hui sur le premier tome de cette résurrection, assurée par Al Ewing et Joe Bennett (dans la majorité des numéros). Un récit placé sous le signe de l'horrifique, où Bruce Banner n'est pas forcément mis au centre du récit de la façon à laquelle on s'attendrait.

Revenu d'entre les morts, Bruce est désormais assuré de son immortalité - ou plutôt de celle de Hulk, son alter égo géant à peau verte. Dans les premiers numéros de Immortal Hulk, le scénariste Al Ewing propose un parti pris intéressant, celui de ne pas faire de son protagoniste principal un véritable héros de son histoire, mais de le voir à la fois comme un témoin des errances de la société moderne, et le transformer en figure horrifique, pour faire ressortir la nature monstrueuse qui l'habitue, et la façon dont il peut, alors que beaucoup le considèrent encore comme mort, devenir une sorte de boogeyman. Cet aspect d'immortalité est d'ailleurs exacerbé par ce qui est infligé au héros dans le volume, n'hésitant pas à verser dans un certain gore par moments.


Point de ligne droite au départ, Ewing laisse son Bruce Banner errer, sans moyens, dans une Amérique rurale, en proie à ses propres démons. Ici, le braquage d'une supérette entraîne la mort d'une jeune fille. Là, de mystérieuses morts laissent croire à une épidémie mortelle de chagrin. Autre part, une prise d'otage a une tournure véritablement sinistre. Par à coups, l'auteur amène Bruce (et son Hulk) à la rencontre de ces tristes évènements, qui laissent entrevoir une société brisée, parfois perdue, des personnes face à leur propre malédiction - un cocktail guère joyeux, mais qui sied à cette ambiance assez particulière, qui donne à Immortal Hulk une certaine saveur. Notamment avec son troisième numéro, où de multiples artistes s'associent à Bennett (comme Marguerite Sauvage ou Leonardo Romero) pour un très bel exercice de narration, où chaque style s'adopte à un point de vue pour raconter la même histoire. C'est là aussi qu'on remarque que Hulk ne fait que passer, comme une sorte de fantôme dont on refuserait à  croire l'existence. Une belle entrée en matière, le côté "faits divers" étant réellement encourageant.

Sans être mauvaise, la seconde partie du tome rentre plus dans les clous du registre super-héroïque avec une intrigue qui va opposer Bruce Banner à Sasquatch, adversaire de longue date du géant vert. En abandonnant cet aspect de dérive du personnage et en le mettant face à son ennemi, Ewing perd des éléments qui attiraient au début de son récit, mais développe les premiers points d'une intrigue de long terme. On se sera rendu compte en effet, bien que disparates, que les affaires du départ ont un point de liant - et c'est une mystérieuse Porte Verte qui attire notre attention. Un élément fantastique qui accentue certains aspects horrifiques du titre. Mais l'opposition du Hulk à Sasquatch n'arrivera pas forcément à convaincre par lui-même, quoique la fin du tome donne envie de poursuivre cette enquête.


Du côté visuel, on appréciera donc l'exercice stylistique d'Immortal Hulk #3, et Joe Bennett n'a pas à rougir de son travail sur l'ensemble. On reconnaît aisément un style mainstream qui, à défaut d'être particulièrement marqué, démontre de l'efficacité de l'artiste sur un travail régulier. Le découpage a un côté classique pas forcément désagréable, et le Hulk ne paraît pas si monstrueux sous son trait. Si les visages de Bennett laissent bien entrevoir les émotions qui parcourent les personnages, une identité un peu plus sale n'aurait pas été de trop. On ne pourra enlever au dessinateur une application dans son travail : les planches sont bien remplies, les décors sont présents, le trait détaillé - et mis en valeur par l'encreur Ruy José. On aurait aimé des couleurs un peu moins vives de la part de Paul Mounts, pour une ambiance plus en adéquation avec la tonalité du récit. A côté, les magnifiques couvertures d'Alex Ross offrent de jolies coupures entre chaque chapitre.

Une ouverture plutôt encourageante pour cette nouvelle série Immortal Hulk. La proposition de départ d'Al Ewing, où le héros intervient plutôt comme un élément récurrent de faits divers, a quelque chose d'intrigant. Si le récit devient plus conventionnel dans sa seconde moitié, on appréciera le mystère de la porte verte et une partie artistique solide, à défaut d'être particulièrement marquante. Un premier tome qui devrait convaincre aisément, et inciter à poursuivre cette aventure.

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Arno Kikoo
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