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Spider-Man : Life Story #1 : War, what is it good for ?

Spider-Man : Life Story #1 : War, what is it good for ?

ReviewMarvel
On a aimé• Quelques très belles cases de Mark Bagley
• Inscrire un héros dans un contexte historique
• Le point de vue de Captain America
On a moins aimé• On aurait aimé un dessinateur plus proche du style Silver Age
• Manque de place pour exprimer son point de vue
• Un placement historique de références mal gérées
• Simple
Notre note

Depuis la fin d'année dernière, les projets se multiplient autour de l'Araignée et de ses nombreuses facettes emblématiques. Tom Taylor s'en tire bien sur Friendly Neighborhood Spider-Man, la série Venom de Donny Cates fonctionne à merveille, et si quelques autres pans de l'univers du Tisseur ont plus de mal à se déployer, il n'était pas inintéressant de profiter de cet élan éditorial pour s'adonner à quelques exercices de style. C'est ce que propose cette semaine Chip Zdarsky, accompagné par Mark Bagley, dans Spider-Man : Life Story, récit chapitré où chaque numéro inscrira Peter Parker dans une décennie de l'Histoire des Etats-Unis.

Le concept a évidemment de l'intérêt à long terme, puisque contrairement aux règles en vigueur dans le canon des comics de super-héros, ce Spider-Man là devrait bien subir le passage du temps, et il aurait pu paraître intéressant, en le faisant commencer pendant la Guerre du Vietnam, de voir en parallèle de sa propre vie l'évolution de la nation américaine et le point de vue de la société sur les super-héros, la guerre, l'héroïsme en général et l'imaginaire costumé. Pour le moment, nous n'avons cependant qu'un premier numéro pour juger de l'exercice, et force est de constater que celui-ci n'est que partiellement réussi.
 

 
Le numéro s'ouvre sur l'habituelle panoplie de rappels fréquemment utilisés par Zdarsky, lorsqu'il prend une série en main, pour aider le lecteur à s'y retrouver. Un placement temporel cale bel et bien le héros dans les années 1960 - si vous avez vu Bojack Horseman, vous vous rappelez sans doute des épisodes flashbacks où le héros chevalin chante à tue-tête dans sa voiture "une chanson grunge typique des années 1990, parce qu'on est dans les années 1990, ouais". Mettons que c'était plutôt subtil par rapport à ce que propose le numéro en termes de références.
 
Le gros de l'introduction est une série de marqueurs explicatifs, où on se rappelle du bon vieux temps (qui ne paraît finalement pas si lointain) où Peter étudiait, dragouillait Gwen Stacy, luttait pour son image publique contre Jonah Jameson et le Bouffon Vert pour la défense de la ville. L'ensemble a finalement assez peu d'intérêt, en choisissant de reproduire tout le stéréotype du Spider-Man des années 1960, sans grandes envolées. C'est en définitive le propos sur la guerre qui cassera ce moule, en ajoutant à ce Peter Parker "classique" un embryon de réflexion sur la réalité historique de l'époque, qui regardait d'assez loin le jeune homme occupé à d'autres combats. 
 
Là-dessus, si vous avez lu le numéro, on pourra s'interroger sur la réussite de cet angle d'attaque. Connue pour être la première grande désillusion des Etats-Unis, la Guerre du Vietnam aura séparé l'Amérique en deux, avec des conséquences idéologiques et sociétales qui se seront fait sentir sur des générations et des générations, en continuant même d'influencer les séparatismes modernes sur les questions d'interventionnisme militaire. Un moment de l'histoire qui aura participé à créer des archétypes de super-héros mais aussi de genres de fictions. Soit parce qu'il manque de place au sein de son numéro (pas beaucoup plus long qu'un single traditionnel), soit parce qu'il n'a pas d'autre priorité que de montrer l'indécision d'un jeune vaguement patriote, tout le potentiel de revenir à cette époque manque hélas d'accomplissement.
 
De même que les divisions entre les pro et anti-guerre, ou la remise en question du conflit ne sont pas là, ce qui est particulièrement dommage pour un héros représentant symboliquement la jeunesse chez Marvel à l'époque. Le plus intéressant reste en définitive le destin de Captain America, seul à se poser véritablement la question et à réellement choisir un camp passé le soutien à "nos gars" (allégorie contraire de Nuke dans Daredevil). La réflexion la plus intéressante du numéro reste sa dernière page, passé le questionnement classique des grands pouvoirs, des grandes responsabilités et la métaphore d'un jeune qui sent l'appel du devoir.
 
 
 
De la même façon, comme tout le monde avait pu le noter au moment de l'annonce, on regrettera que Marvel n'ait pas choisi un trait plus anthologique pour accompagner l'écriture de Zdarsky. Si le dessinateur se fend de vraies jolies cases, et s'amuse à imiter les vieux costumes de certains héros, l'ensemble ajoute au côté "basique" d'un récit qui, tout en restant agréable à l'oeil, n'a pas cette petite différenciation esthétique qui aurait pu convenir à ce projet assez rare en son genre. 
 
Finalement, Life Story #1 démarre donc en demie-teinte, en se contentant d'être un numéro assez normal de Spider-Man avec la surcouche historique qui enrichit sans vraiment transcender la formule classique. Des bouquins comme Punisher : The Platoon ou des récits de vie chapitrés à la Superman : American Alien auront montré qu'il y avait mieux à faire, pour symboliser une époque ou un passage précis dans l'existence d'un héros. Sorti de ce premier numéro, on ne regrette pas forcément la lecture, mais on se demande ce que l'on a appris en plus sur Spider-Man que l'on ne savait pas déjà, et quel regard le héros porte réellement sur la guerre et l'interventionnisme, trop paumé pour prendre une décision. Et il y a une référence aux Monkeys aussi, ce qui est tout bonnement criminel.
 
Spider-Man : Life Story #1 n'est pas (encore) à la hauteur de son ambition. Scolaire dans son exécution, explicatif et en définitive, sans folie, le numéro n'a d'intérêt qu'en tant que plongée nostalgique et pour paver la voie au reste de la série où l'on espère des thématiques plus accomplies ou simplement plus intéressantes. Loin de représenter la réalité historique vue par les yeux d'un personnage de fiction, Zdarsky se contente d'ajouter un peu de réel à son héros en évitant les questions qui fâchent - à se demander si un Captain America : Life Story ne l'aurait pas plus intéressé. De beaux dessins mais qui ne cadrent pas forcément, un numéro correct sans être indispensable, pas forcément le meilleur démarrage pour un projet assez attendu. On espère cependant que l'idée fera des émules, mais le choix du héros n'était peut-être pas le bon. 
Corentin
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